Conseryation des semences. — Les fruits lourds comme la
1. Voir les articles -de M. Thil sur la « récolte et préparation des graines résineuses u {Jievue des eaux etforêU. Tome XXIU, 1884.)
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châtaigne, le gland et la faîne se moisissent facilement ; il est impossible de les conserver pendant plus d'un hiver, et encore est-il nécessaire de prendre certaines précautions assez délicates, car il faut les gai*antir en même temps contre la germination, la moisissure, le froid, le dessèchement et la voracité des animaux. C'est en les pla-' çant dans des silos qu'on obtient les meilleurs résultats ; on peut aussi enfermer les glands dans des tonneaux percés de trous et qu'on immerge dans de l'eau courante. Si on préfère les conserver dans un grenier, ce qui est également bon, on doit, aussitôt après la ré- \ coite et le nettoyage des semences, les étendre au soleil, en couches
minces; on les remue deux ou trois fois par jour, si elles sont très humides. Après complet dessèchement, on les place par couches de 3 à 5 centimètres d'épaisseur sur le plancher d'un grenier, où il faut les remuer : tous les jours pendant le premier mois, ensuite, une fois par semaine. Le grenier doit être fortement aéré.
La graine de sapin est aussi très délicate, c'est à peine si on peut la conserver pendant un hiver.
Les graines de pin d'Alep, pin pinier, pin cembro, qui renferment une assez gi'osse amande, rancissent très facilement ; elles ne se conservent pas au delà de 6 mois. De même les semences légères de bois feuillus, comme celles d'orme, de bouleau, d'aune qui, se desséchant très vite, perdent en quelques mois leurs facultés germinatives.
Les glands de charme, les samares de frêne, quelquefois aussi les sainares d'érable, restent une année en terre avant de germer ; on les stratifié alors dans de simples rigoles ouvertes dans un terrain sain et frais.
Toutes les autres graines se conservent plus ou moins longtemps dans des greniers bien aérés, où on prend la précaution de les remuer pour éviter réchauffement. Mais la conservation de la semence a toujours pour eft'et d'en altérer peu à peu la vitalité, jusqu'au moment où, celle-ci étant éteinte, toute faculté germinative est perdue. Plus on s'éloigne, en semant, de l'époque de la récolte, plus la germination est irrégulière, lente à se produire, et moins aussi les plants obtenus ont de vigueur.
Pour préserver les graines de toutes essences contre la voracité
des animaux rongeurs et des oiseaux, aussi bien dans les réserves que lors de la mise en terre, il est bon de les enduire de minium rouge. Il suffit de saupoudrer les tas avec une quantité suffisante de minium, et le mélange intime s'obtient par les brassages successifs destinés à prévenir la fermentation.