‹ Traité de sylvicultureChapitre 120 sur 128 · Quantité de plants ou de graines à employer. — Le pria · texte numérisé non relu

Quantité de plants ou de graines à employer. — Le pria

cipe à suivre est de faire tout le nécessaire, mais rien que le mcessaire. Car, ici, plus encore qu'en toute autre opération, Viiisuffi' sance aussi bien que le superflu constituent un véritable gaspillage.

Si le boisement est fait trop clair, le sol, en giande partie, restera longtemps improductif; si, au contraire, il est trop serré, les tiges surabondantes disparaîtront sans profit. On ne saurait évidemment avoir la prétention de couvrir la terre, dès le début, et de créer immédiatement quelque chose de semblable aux je unes semis que la nature prodigue gratuitement dans les forêts constituées ; mais il suffira, pour éviter le premier des inconvénients signalés, que le fourré soit formé de 6 à 10 ans après la Aodse en place des graines ou des plants ; on se gardera contre le second, en pensant que toute tige représente un capital qui doit être couvert par les produits qu'elle est appelée à fournir et que , dans tout peuplement créé de main d'homme, l'éclaircie devient ainsi une réalisation en même temps qu'une opération culturale.

En ce qui concerne les semis, on peut s'en rapporter aux chiffres donnés ci-dessus (347), sauf à modifier les quantités proportionnellement à la qualité de la graine. Quant aux plantations, il est facile, en s'appuyant sur les faits, d'indiquer certaines limites qu'on fera bien de ne pas dépasser.

On constate, en effet, qu'un peuplement résineux bien plein, dont les tiges commencent à avoir une valeur marchande, ne renferme pas plus de 5,000 à 6,000 tiges par hectare ; de même, dans un taillis complet, on ne compte pas plus de 3,000 à 4,000 cépées utiles sur la même étendue. Il en résulte que, à moins de circonstances exceptionnelles, quand, par exemple, il s'agit de fixer rapidement des talus d'éboulement, le chiffre de 8,000 plants est largement suffisant, et que, en toute occasion, il serait imprudent de descendre au-dessous de 4,000. Entre ces limites, les plantations seront d'autant mieux garnies que, les conditions de sol et de climat étant plus mauvaises, la végétation sera plus lente. Toutes choses restant égales d'ailleurs, les feuillus qui rejettent de souche et qui s'étalent plus en cime que les résineux, peuvent aussi être plantés moins serrés que ces derniers.

' Mais tous les chiffœs perdent leur signification, si les plantations

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sont faites sans ordre et au hasard ; la régularité est la principale des conditions si on veut travailler sûrement et avec économie. Enfin, la bonne exécution des plantations est la condition première de la réussite.

Suivant le but à atteindre, les travaux de boisement se distinguent en facultatifs et obligatoires.

ARTICLE DEUX Boisements faonltatits.

{ !•'. — GénéralUés.

420. Caractère de ropératioD. — Le boisement est simplement facultatif quand il a pour but de satisfaire d'une façon directe et immédiate à un intérêt privé ; l'intérêt public, lorsqu'il existe, ne passe qu'en seconde ligne.

Au propriétaire du fonds, particulier, commune, établissemenl public ou département, appartient exclusivement Tinitiative de l'opération. L'État peut l'encourager, l'aider, le subventionner* même; mais nul ne peut exercer contre lui aucun moyen de coercition.

Une telle opération n'est justifiée que quand elle est fructueuse el le problème financier se pose dans toute sa rigueur*. Les données pour le résoudre présentent toujours un certain degré d'incertitude, en ce sens que, si on peut se rendre un compte assez exact de la valeur du fonds, des frais occasionnés par le boisement, de la durée probable de l'engagement du capital avant d'en tirer profit, du moins on ignore quelle sera la valeur de la marchandise au terme de cette échéance. Néanmoins, on est à peu près certain de faire une entreprise avantageuse chaque fois que, s'adressant à des terres d'une faible valeur vénale, on procède avec une connaissance suffisante des faits pour réussir sans engager dans l'opération matérielle

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