Terres arables abandonnées par VagricuUure
421. Conditions du déclassement. — Les motifs qui engagent à restituer à la forêt les terres autrefois livrées à l'agriculture se rattachent à des questions économiques, telles sont : l'abondance de la terre arable, le prix élevé de la main-d'œuvre, la rarelé des fermiers, etc Ces causes sont d'ailleurs purement locales, souvent même passagères. Ainsi, dans telle province, riche en lerres fertiles, franchement agricole, où la main-d'œuvre est chère, où les bois sont rares, on sera conduit économiquement à abandonner, comme trop mauvaise, telle terre, qui, dans une autre région moins bien partagée, serait encore considérée comme d'une culture avantageuse.
Quoi qu'il en soit, on s'exagère souvent la nécessité d'un tel déclassement, et, avant de perdre sans retour tout le bénéfice de l'état de défrichement dans lequel se trouve le sol agricole, il faut bien peser toutes les conséquences de l'opération. Trop souvent une terre n'est ingrate que quand on l'exploite mal. Tel propriétaire, qui ne reculera pas devant une dépense de 150 à 200 fr. par hectare pour reboiser une ferme, ne songe pas qu'en incorporant dans le sol une semblable dépense, sous forme de labours plus profonds et d'engrais chimiques, il améliorei-ait son bien et rentrerait immédiatement dans ses déboursés.
410 PEUPLEMENTS ARTIFICIELS.
De plus, il faut tenir compte de ce fait que la forêt ne peut être avantageusement exploitée qu'en assez grande masse. Les bouquets de bois, les boqueteaux de trop faible étendue pour être soumis à un aménagement régulier ne représenteront jamais qu'une propriété de valeur éventuelle et sans cesse exposée au gaspillage. Si on ne demande pas aux petites parcelles boisées des services indépendants de leur revenu en bois, tels que : fixation du sol, abri pour le bétail, refuge pour le gibier, il y a souvent mieux à faire que la création de massifs forestiers pour en tirer parti.
422. Arboriculture fruitière. — C'est surtout sous forme de vergers qu'il serait avantageux de les traiter. Sous le climat de la France, essentiellement favorable à la production des fruits, il n'est peut-être pas une parcelle abandonnée par l'agriculture qui ne puisse être mise en valeur de la sorte. Telle est l'innombrable variété des fruits à pépins et à noyaux, sans compter les olives, les amandes, les cbâtaignes, etc., toutes espèces présentant des exigences différentes au point de vue du sol et du climat, qu'il s'en trouvera toujours une susceptible d'être adaptée aux conditions locales. Le verger donne double récolte, puisque le bénéfice de la pâture s'ajoute à la production des fruits. Presque partout, en plaine, on peut créer des pâtures-vergers ^ tout comme dans la montagne on entretient des présbois\ < L'arboriculture fruitière, dit M. Ballet, est entrée dans une voie nouvelle de grande culture et de grande production. De simple délassement d'amateur, elle est devenue une branche importante de la richesse nationale en approvisionnant nos marchés de fruits frais, ou transformés par l'industrie, et en ajoutant une source de revenus à l'exploitation agricole*. >
On a dit, avec raison, que la France était le « verger de l'Europe ». C'est ici l'occasion de le rappeler.
423. Arboriculture industrielle. — À défaut d'arboriculture fruitière , on peut avoir recours aux cultures ligneuses indus-