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Ch. Broilliard, Traitement des bois en France, page

2. Ch. Baltftt, Traité de V arboriculture fruitière, commerciale et bourgeoise, Paris, Masson , 1884.

irielles, telles seraient : les taillis de coudriers dans les pontes inaccessibles à la charrue, les oseraies dans les sols profonds mais trop humides, les peupliers dans les terres légères périodiquement submergées, la bourdaine dans les terrains siliceux mouillés, le sumac en Provence, etc., partout, enfin, les têtards et les arbres d'émonde soit pour abriter les pâtures exposées au dessèchement, soit pour aider à l'assainissement des sols marécageux.

Dans chaque canton il ne manque pas d'exemples à suivre dans ce sens, et c'est en imitant ceux qui ont donné des résultats avantageux qu'on trouvera la meilleure solution locale pour tirer parti de parcelles disséminées aux confins des cultures.

424. Procédés de boisement. — Quoi qu'il en soit, dès que les terrains abandonnés atteignent l'étendue de plusieurs hectares d'un seul tenant, avec possibilité d'agi*andissement dans un avenir prochain, on peut y tenter une véritable exploitation forestière.

L'ancienne culture agricole est toujours une excellente préparation pour le boisement. Le sol est ameubU, aéré, débarrassé de la végétation sauvage, et la faculté d'employer la charme diminue sensiblement les frais de défoncement, aussi bien pour les plantations que pour les semis. L'association d'une semaille agricole à la graine forestière est ici tout indiquée.

Dans les terres profondes, froides, argileuses sans trop de compacité, on donnera la préférence au chêne. On le sème en rigoles et, entre les lignes, on lui associe des espèces à croissance rapide telles que : saules repiqués en boutures, ou aunes plantés. Les frênes et les autres grandes espèces disséminées formeront un utile mélange ; les grands éi-ables, les ormes se recommandent dans les vallons exposés aux gelées tardives, etc.

Dès que, la profondeur faisant défaut, la sécheresse est à redouter, on choisira parmi les résineux l'espèce la plus convenable à la station.

{3. — Terres incultes en pays de plaines et de coteaux.

Les terres incultes simplement livrées à la pâture du menu bétail se présentent sous forme de friches, de garifjnes ou de landes.

412 PEUPLEMENTS ARTIFICIELS.

425. Les friches. — Les friches sont, en général, couvertes d'un gazon court entrecoupé par des buissons d'épines, de coudriers, de genévriers, etc.. En ces terres maigres et sauvages, il faut réussir à bon marché ; aussi, en général, on n'emploie que les espèces les moins exigeantes et, dans les contrées pastorales, on peut tenter Tun des procédés économiques de boisement en terrain non préparé (346-406).

Il convient alors de respecter tous les buissons qui formeront un utile abri pour les jeunes plants et fourniront des semences pour le brottssaillement. Il sera toujours bon de commencer le boisement par les meilleures parties ; la réussite y est plus probable et les premiers massifs aideront à l'installation des autres. Si, dans les terrains à reboiser, il se rencontre à une faible profondeur un sous-sol formé d'assises rocheuses et feuilletées dans le sens horizontal, on fera bien de n'y engager aucune dépense, car ce sont entre tous les plus mauvais sols forestiei*s. Ces espaces sont, en général, d'assez faible étendue. Qu'on les laisse provisoirement en leur état primitif, comme les parties rocheuses ; plus lard, quand ils seront entourés de bouquets de verdure, la nature et le temps suffiront pour y faire naître la forêt qu'ils comportent, si on a pris soin d'en éloigner le bétail.

426. Les garigues. — Dans les régions méridionales, outre l'emploi du pin d'Alep dans les coteaux rocheux, et du chêne yeuse qui réussissent partout où le vent n'est pas trop violent, l'introduction de plantes ligneuses, arbrisseaux, sous-arbrisseaux, peut rendre d'éminents services. Ainsi, le sumac fustel, le genêt d'Espagne, l'épinevinette, le buis, fournissent des produits utilisables. Enfinles garigues improductives peuvent être avantageusement transformées en pâtures ligneuses; diverses espèces de genêts, de cytises, de saules, de peupliei*s, les noisetiers, présenteraient de grandes ressources sous ce rapport, t Je suis convaincu, dit M. Lecoq (Traité des plantes fourragères, p. 451) que la plupart des terrains secs, des pacages, par exemple, donneraient d'abondantes feuillées, bien supérieures en quantité aux maigres plantes herbacées qui les couvrent ou que l'on peut y semer, si on yplantaitdesarbresà feuillage, dont les souches, taillées chaque année, donneraient en abondance des jeunes pousses

qu'une sécheresse prolongée ne saurait détruire, comme elle arrête la végétation des plantes des prairies. »

427. Des landes. — Les plantes sociales, telles que : bruyères, genêts, ajoncs, fougères, etc..,, qui couvrent les sols siliceux incultes, les font appeler laiides, du nom que Ton donne généralement à leur maigre production. La profondeur de ces terrains dépasse presque toujours celle des mauvais sols calcaires et, malgré leur pauvrelé chimique, la forêt s'y installe assez facilement. Dans les landes continentales, le p in syl vestre et le^ouleau sont les espèces à préférer; le pin maritime suffit à lui seul pour boiser les landes littorales. C'est seulement dans les stations fraîches et même humides qu'on peut avoir recours au chêne. En France, les régions classiques de la lande à reboiser se rencontrent dans la Sologne et dans la Gascogne.

428. La lande de Sologne. — En Sologne, on fera bien de s'en tenir au pin sylvestre et au chêne comme espèces principales de boisement. Malgré les désastres que l'hiver de 1879-1880 a fait éprouver aux plantations de pin maritime, bon nombre de propriétaires reviennent encore à cette espèce à cause delà rapidité de sa croissance pendant la première jeunesse. Cet engouement pour une espèce dont les exigences se sont manifestées d'une manière aussi brutale, n'est plus justifié, et, avant de s'engager dans cette voie, on fera bien de considérer que le pin maritime est loin de présenter tous les avantages qu'on lui suppose trop généralement ^

Le semis en plein est le procédé le plus usité. On sème le chêne et le pin sylvestre après trois cultures agricoles, dont la dernière , faite par petits billons, avec emblavure de sarrasin, rend le sol meuble et propre. La récolte faite, on répand à la volée, sur chaque hectare, cinq hectolitres de glands, en automne, ou huit kilogrammes de graine de pin sylvestre, au printemps suivant. La dépense est en partie payée par la récolte du sarrasin.

1 . E. Girard , Traité de sylviculture pratique en Sologne, Romoraotin , Joobert, éditeur, ISSt.

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414 PEUPLEMENTS ARTIFICIELS.

Si le terrain n*est pas susceptible d'être ensemencé en céréales, on procède par bandes. La dépense ne dépasse pas 100 à 120 fr. par hectare.

Le semis par potets est surtout employé pour regarnir les vides dans les semis obtenus par les procédés précédents ; ou bien encore, dans les forêls récemment exploitées où la présence des souches empêche l'emploi de la charrue. La dimension des bandes et potets est variable,, suivant l'état superficiel du sol. On donne jusqu'à 1 mètre et 1",33 de largeur aux unes et de côté aux autres dans les terrains fortement envahis par l'ajonc et la fétuque bleue ; dans ceux où l'on ne rencontre que de la bruyère courte, cette dimension est réduite à 40 centimètres et même 25 centimètres. La dépense, dans ces dernières conditions, ne dépasse pas 70 à 90 fr. par hectare.

Malgré les bons résultats obtenus par le semis, bon nombre de praticiens préfèrent la plantation bien faite, surtout pour le pin sylvestre *.

429. La lande de Gascogne. — La région autrefois désolée et malsaine de la lande de Gascogne s'est transformée rapidement en riches domaines forestiers, grâce au système d'assainissement appliqué vers 1850 par M. l'ingénieur en chef Ghambrelent.

Sur ce grand triangle dont la surface dépasse 8,000 kilomètres carrés, le sol est formé d'un sable siliceux à peu près pur. Aune profondeur moyenne de 30 à 40 centimètres règne une couche continue imperméable à laquelle on a donné le nom d'alios, laquelle est formée du même sable agglutiné par un ciment de sels de fer et de matières organiques. La présence de ce sous-sol étanche et le peu de relief du terrain entretenaient dans la région une humidité insalubre, et s'opposaient en même temps à la végétation ligneuse. Une étude approfondie du relief a permis à M. Ghambrelent d'y découvrir un système de pentes naturelles et, par suite, le moyen de l'assainir. De grands canaux ont été creusés qui déversent les eaux au Sud, vers TAdour, el au Nord, vers la Garonne ou les grands étangs qui longent le littoral: Arcachon, Cazau, Biscarosse, Aureilhan, etc.

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