‹ Traité de sylvicultureChapitre 2 sur 128 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'état boisé d'une contrée constitue un fait assez caractéristique sur notre globe pour que les géographes aient été conduits à distinguer les zones forestières de celles qui sont naturellement privées de forêts. C'est vei^ le milieu des grands continents que ces dernières sont, en général, réparties; elles y occupent d'immenses plateaux uniformes, tels que : les déserts du Sahara et du Turkestan, les prairies de l'Amérique du Nord, les pampas de la Patagonie ou les steppes de la Russie. Encore n'est-il pas bien sûr que la dénudation de ces steppes remonte au delà de l'époque où elles ont servi de roule d'étape pour les grandes migrations des peuples, alors que l'Asie, déjà fatiguée par le déboisement et les cultures abusives, déversait le trop-plein de ses populations vers les terres vierges et les solitudes boisées de l'Europe.

11 faut, en effet, l'absence de pluies, la persistance de chaleurs torrides, de vents secs, soufflant avec une violence qu'aucun obstacle ne vient rompre, pour que des régions tout entières se refusent à nourrir une seule des nombreuses espèces forestières dont les graines sont portées au loin par l'homme, par les animaux, par le courant des fleuves ou les mouvements de l'air. Partout où le vent humide de la mer fait sentir son influence, partout où le relief accusé des montagnes condense les vapeurs atmosphériques, le sol s'est couvert d'arbres et, tant que l'homme n'est pas intervenu pour détruire les forêts par le fer, par le pâturage et surtout par le feu, celles-ci sont restées seules maîtresses du terrain.

Plus particulièrement en do qui concerne la France, dont le

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