‹ Traité de sylvicultureChapitre 3 sur 128 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

clirn.U peut être considéré, dans son ensemble, comme essentiellement maritime et montagneux, il n'est sans doute pas un point de son territoire qui n'ait été occupé par les forêts*.

On a constaté de plus que l'histoire des peuples est intimement liée à celle des forêts. Toutes les civilisations se sont développées au détriment de celles-ci et beaucoup ont disparu avec elles. On peut donc dire que l'état boisé d'une contrée est une des conditions primitives les plus favorables pour qu'elle soit habitée.

Les premiers colons que la Providence jette sur une terre déserte n'ont que la forêt pour subvenir à leurs besoins. A son origine, aucune peuplade n'a échappé à la condition du chasseur, au-dessus de laquelle un certain nombre n'a jamais su s'élever. Les races mieux douées apprennent bientôt à domestiquer les animaux sauvages, elles s'adonnent à l'élève du bétail et se partagent en tribus de bergers nomades. Enfin, un jour vient où, cultivant la terre, elles conquièrent avec le sol le titre ù'agriailleurs.

C'est alors que commence la lutte à outrance contre la forêt, chacun voit en elle l'ennemi* qui s'oppose à l'expansion sans limite du domaine cultivé; tous l'attaquent à la fois. Habitations, outils, pâtures, engrais, on lui demande tout, sans jamais lui rien restituer.

Dès qu'il a pu concevoir Tidce de la valeur, l'homme s*est habitué à n'attribuer aucun prix aux choses qu'il obtient sans travail, La forêt lui semble inépuisable; il en abuse sans merci, comme de l'air, comme de l'eau et ne se rend compte de son imprévoyance que quand la disette le menace.

Si, à ces dévastations premières, on ajoute les désastres

1. l'eut-étrc faudrait-il excepter ces terres blanches désignées sois les noms de cham pagnes y campagnes ou campines, dans toutes les régions où elles se rencontrent.

2. Airrcd Maury, les Forêts de la Gaule. Ladrange, Paris, isnt.

Page 1