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Traitement du bois e^i France, pages 176 et suiv

FUTAIK RÉGULIÈRE. 163

de pénétrer dcins rintérieur d'un fourré. Tant que les jeunes semis se trouvent isolés Tun de Taulre, sur le terrain découvert entre eux, la végé^ tation reste faible et l'avenir de la forêt naissante est encore incertain; mais quand le fourré se trouve généralement constitué, s'élevant plus ou moins suivant les points et, alors même qu'il ; reste quelques places vides, la forêt a pris possession du sol et s'y développe rapidement. Les fourrés naturels offrent généralement des tiges de hauteurs inégales, et faisant comme un ensemble confus de jeunes siyets.

Le gauliê est formé de baguettes ou gaules flexibles^ ayant perdu leurs branches basses. L'appareil de feuillage est .complet sinon maximum, car, dë& lors, il disparaît chaque année à peu près autant de feuilles et de bourgeons en dessous des cimes qu'il s'en forme de nouveaux à la partie supérieure. Le sol s'améliore sous l'influence du couvert bas et bien complet et les détritus de végétaux s'accumulent. Le nombre de petites liges qui luttent entre elles en s'élevant pour prendre leur place au soleil, diminue d'année en année, pour ainsi dire à vue d'oeil.

Une futaie se trouve à l'état de perehis quand elle est principalement constituée par des perches, tiges de 1 décimètre de diamètre au moins. Le jeune perchis, ou le bas perchis, existe dès que les cimes des vraies perches suffisent à former un étage complet, bien qu'il se trouve entre elles et au-dessous d'elles beaucoup de gaules sans avenir. Dans le bas perchis, la production annuelle devient normale ; Télagage naturel des branches basses s'opère toujours avec rapidité et le nombre des tiges diminue de même.

On appelle hautperehis ou demi-futaie le massif dont les fûts ontdéj.^ pris une grande hauteur ; hauteur qui correspond souvent à un diamètre de O'^ySO à i'^ySQ au*desftus do sol. Les cimes dont les branches princi-» pales sont déjà fortes occupent chacune une place assez large, les plus faibles résistent longtemps sans périr sous l'étreinte de leurs voisines.

Le phénomène de l'élagage naturel se prolonge jusqu'au moment où chacune des tiges peut disposer d'un espace suffisant pour développer quelques-unes de ses branches supérieures, lesquelles s'allongent, grossissent et relèvent leurs extrémités en pleine lumière. Les arbres commencent à fructifier et le feuillage perd de sa densité.

A partir de ce moment, les fûts sont entièrement constitués et le massif est devenu haute futaie.

Les cimes élevées ont de fortes branches qui persisteront ù peu près indéfiniment) ou ne disparaîtront à la longue qu'en laissant au Ironc des tares amenant la dégradation des arbres les plus faibles. Les trouées qui

viennent 5 se produire se comblent dès lors difficilement et, au-dessous d elles, des semis se montrent en permanence sur le sol. La production ligneuse est un peu plus faible que dans les perclus.

Chacun de ces états persiste un temps plus long que celui qui Ta précédé, le bas percliis, plus longtemps que le gaulis, mais moins longtemps que le haut perchis et celui-ci moins longtemps que la haute futaie. Celleci prend le nom de vieille futaie quand les arbres, devenus gros, approchent de leur maturité. Les vieilles futaies ne son! plus toujours régulières, c*est-à-dire en massif uniforme par Tâge et par la grosseur des tiges.

En résumé, on peut distinguer trois phases principales dans la marche naturelle du développement de ces peuplements uniformes :

i^ Naissance et constitution du fourré ;

2** Jeunesse et croissance en hauteur pendant les états de gaulis, de bas et haut perchis ;

3° Enfin âge mûr, pendant lequel les arbres s'accroissent surtout en diamètre et fmctifient abondamment.

8 2. — Avantages et inconvénients de cette forme.

151. Avantages. — L'irrégularité première qu'affectent, en général, les fourrés et les gaulis est favorable à leur végétation ; car, au-dessous de l'étage dentelé formé par les sujets les plus forts, se maintiennent des tiges retardataires et surcimées dont le grand nombre augmente la densité du massif. Le sol hermétiquement couvert se maintient dans les meilleures conditions de fertilité pendant toute la période de jeunesse qui précède la formation de la haute futaie.

L'état uniforme, le plus souvent acquis vers la dimension de bas perchis, permet d'intervenir elTicacement pour donner aux sujets d'élite les soins culturaux convenables. En favorisant l'élagage naturel, il augmente aussi la production du bois d'oeuvre : les arbres prennent une forme régulière et allongée ; leur bois reste généralement sain. Au point de vue de la qualité, la longueur exagérée des fûts qui accompagne une faible épaisseur des couches ligneuses est plus ou moins avantageuse suivant les espèces : excellente pour les sapins, les épicéas, les pins ; bonne pour les hêtres, parfois moins désirable pour les chênes.

Enfin, la futaie régulière assure la mise en ordre des forêts, le rapport soutenu, la facilité des exploitations et l'exactitude dans la comptabilité et le contrôle.

152. Inconvénients. — Par contre, cette forme présente certains dangers dont l'importance est atténuée ou aggravée par la composition des massifs. C'est ainsi que, dans les peuplements purs, la haute futaie, souvent réduite à un seul étage, s'achemine plus ou moins vite, suivant le sol, le climat et les essences, vei*s l'état incomplet qui caractérise sa vieillesse. Le feuillage s'éclaircit, la couverture se dégrade, le sol se tasse, se durcit et précisément là où il va être appelé à recevoir la semence. De plus, ces massifs sont exposés à être renversés par les ouragans, ou encore écrasés par la neige qui s'accumule en grande masse sur leur suiface horizontale. Enfin chaque sujet présentant les mêmes conditions d'âge et de végétation (|ue ses voisins offre à l'invasion des insectes des milieux identiques et une résistance égale à leurs attaques.

Dans les forêts mélangées, ces inconvénients sont en partie atténués, mais d'autres soins sont nécessaires, car ils exigent l'intervention continuelle du forestier pour maintenir Téquilibre entre des espèces de tempéraments difTérenls.

En tout état de choses, c'est seulement au moyen de procédés spéciaux, appliqués avec suite, qu'on arrive à remplacer un peuplement d'un seul âge par un autre peuplement d'un seul âge. Getlc période de régénération, qui mar(|ue la fin d'un massif et le commencement d'un autre, constitue un véritable temps de crise pendant lequel une imprudence ou un accident de force majeure peut compromettre l'état boisé.

En résumé, les allures des futaies régulières sont entièrement artificielles : les peuplements d'un seul âge ne se créent jamais spontanément que sur des espaces restreints, où la nature les a jetés au hasard, eu un jour de colère ; ils ne se perpétuent dans cette forme que grâce à l'inlervention de l'homme et à l'aide de soins incessants. Aussi, bien qu'on doive toujours (enter de s'en rapprocher le plus possible à cause des avantages incontestables qu'elle

présente, il sera prudent de ne la rechercher dans toute sa rigueur que quand les agents naturels de la production présentent des conditions assez modérées pour se plier à toutes les exigences qu'elle comporte.

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