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K. Gayer, Waldàau

216 TRAITEMENT DBS FORÊTS.

production du bois d'œuvre. En eiTet, l'état de jeune massif active d'abord la .croissance en hauteur, et, celle-ci terminée, les coupes jardinatoires destinées à assurer la régénération viennent favoriser la croissance en diamètre. Le peuplement conserve ainsi toute sa vigueur de végétation et on en arrive à ne plus compter que de robustes fûts d'une valeur inestimable, grâce à ce passage insensible du massif à l'état d'abord entrecoupé et finalement isolé.

Au point de vue de leur résistance aux dangers extérieurs et de leur action sur Tentretien des forces productives du sol, ces peuplements présentent la plus grande analogie avec ceux du jardinage proprement dit. De plus, dans les forêts ainsi traitées, une des affectations, c'est-à-dire au moins un tiers de la forêt, pourra toujours être ouverte au parcours du bétail sans grand danger pour les jeunes semis. Ce traitement est surtout applicable au sapin et à l'épicéa, dans les régions montagneuses où la méthode régulière n'est plus applicable sans que néanmoins les conditions soient assez mauvaises pour imposer le jardinage vrai. D'ailleurs, comme ce dernier, il ne comporte pas d'éclaircies.

208. Conclusions. — Cet exposé des différentes méthodes de traitement en futaies appliquées en France permet de constater que, entre les formes extrêmes engendrées par les plus anciens de ces traitements, c'çst-à-dire : d'une part, l'uniformité absolue vers laquelle tendait la coupe unique, exploitée de proche en proche sur des contenances égales, et, d'autre part, l'inégalité complète résultant du jardinage primitif annuellement exercé sur toute la forêt, il y avait place pour de nombreux intermédiaires. Le progrès devait précisément consister à créer une méthode mixte qui, participant des précédentes, permit de concilier les exigences culturales de la régénération par la semence avec la marche régulière des exploitatations par contenance. Tel est, en effet, le résultat obtenu par la méthode dite du rémsemencemeiU naturel et des éclaircies. Celle-ci procède au moyen de coupes successives, assises par volume, dans des affectations de contenances égales, ce qui lui donne toute la souplesse désirable pour se prêter au plus grand nombre de circonstances locales.

FUTAIE JARDIMÉE. 217

Coupe unique, — coupes successives, — jardinoge : telles sont, pour le présent, les méthodes fondamentales mises à la disposition du forestier pour le traitement des forêts en futaie. Il est donc suffisamment armé. A lui d'observer les faits, caria théorie a tort quand les faits la démentent. Lorsque ceux-ci s'accroissent en dehors d'elle, on est averti qu'il est temps de changer de route. Celui qui renferme la nature dans un cadre trop étroit pour qu'elle puisse s'y mouvoir, s'expose à lui voir, par un de ces coups de force dont elle seule possède les secrets, bouleverser à son heure les calculs les plus savants, les conceptions les plus séduisantes comme les forêts les plus robustes.

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