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CHAPITRE PREMIER

TAILLIS SIHPLE RÉGULIER

ARTICLE PREMIER Considérations générales.

i !•'. — ConstHiUion des peuplements.

209. Forme des peuplements. — Quand on coupe systématiquement, à blanc étoc et sans y faire aucune réserve, une forêt feuillue susceptible de rejeter de souches (63), les peuplements se constituent en un taillis simple régulier.

La régénération est la conséquence nécessaire de l'exploitation. Dès le printemps qui suit le passage de la coupe, le recrû, formé de rejets et de drageons, naît sur toute la surface à la même époque, et son ensemble représente le type le plus parfait du peuplement uniforme.

210. Différents états de développement. — Dans leur développement, ces massifs passent par des états successifs qui dilTèrent sensiblement de ceux des futaies. Les rejets émergent d'abord par groupes franchement isolés les uns des autres ; les rameaux naissants sortent en grand nombre d'une même souche, d'où il s'élèvent dans toutes les directions. Ceux du centre poussent suivant la verticale, les autres s'inclinent progressivement vers l'horizon, jusqu'à ceux de la périphérie qui se traînent parallèlement au sol, ce qui donne à l'ensemble de la cépée la forme d'un buisson hémisphérique. Entre chacun de ces buissons, le sol découvert se tapisse de verdure, si bien que, pendant les premières années, malgré la végétation active des rejets, la surface semble produire plus d'herbes

que de bois. En même temps apparaissent des morts-bois qui, bien qu'inutiles au point de vue du rendement, activent la formation du fourré et la complète protection du sol.

Les cépées s'étalent et grandissent ; au moment où elles se rejoignent entre elles, le fourré est formé par des essences d'avenir. Cet état dure assez longtemps, parce que, à ce moment, les branches basses ont déjà un trop fort diamètre pour disparaître facilement sous l'influence de l'élagage naturel. Quoi qu'il en soit, avec les années, ce phénomène se produit, et le fourré se transforme en perchis sans passer par l'intermédiaire du gaulis, lequel reste un état de développement spécial à la futaie.

Dès que le fourré est constitué, ce qui arrive plus ou moins vite suivant les essences, la fertilité de la station et la longueur des révolutions, mais en moyenne entre 6 et 12 ans, l'herbe disparait et la production ligneuse, qui a augmenté d'année en année, arrive à être complète, comme l'appareil de feuillage. A partir de cette époque, l'accroissement annuel reste à peu près constant, jusqu'au moment où le vieux taillis s'éclaircit en perdant à peu près la faculté de rejeter de souches. Plus un taillis vieillit, plus il se rapproche de la forme du perchis de futaie ; mais le perchis sur souches se distinguera toujours du précédent : par la position de certaines perches, dont le rapprochement rappelle l'ancienne cépée ; par la courbure qu'affectent ces perches au niveau du sol et, enfin, par la forme irréguUère que présente une section faite dans cette même région où les traces du contact avec la souche mère persistent jusqu'à la dimension d'arbres de futaie. C'est donc seulement dans la haïUe futaie sur souches que ces signes distinctifs cessent d'être bien apparents.

211. Densité des peuplements. — La densité d'un taillis, eu égard au nombre des cépées, est fonction de la révolution. Comme chaque cépée se développe avec l'âge, sa projection occupera d'autant plus d'espace qu'on la laissera plus vieillir ; par conséquent, le nombre de ces centres de reproduction sera d'autant plus faible que les révolutions seront plus longues, et réciproquement.

Ainsi, dans un hectare de taillis exploité à 30 ou 35 ans, on ne comptera que 2,000 cépées, par exemple, quand, dans un autre

laillis de la même station, mais exploité à la révolution de 20 ans/ ce nombre pourra dépasser 3,000. Il en résulte que le fourré véritable, celui formant le massif producteur s'établira d'autant plus lard que les révolutions seront plus longues. Aussi, pour se rendre un compte exact de l'avenir d'un jeune taillis, il faut toujours faire abstraction des morts-bois, qui, par leur présence, masquent souvent la situation vraie.

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