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ORIGINE DE LA COULEUR DES CORPS

332. Définition de l'absorption. Lorsqu'un corps transparent est traversé par de la lumière blanche, il absorbe toujours plus ou moins énergiquement certaines radiations, soit dans la partie visible, soit dans celle invisible du spectre. Si cette absorption se fait sensiblement d'une manière égale pour les différentes radiations visibles^ de sorte que leurs proportions relatives dans la lumière transmise restent les mêmes, le corps est dit transparent et incolore. Si au contraire l'absorption se fait d'une manière inégale, entraînant une modification dans les proportions des intensités lumineuses des diverses radiations composantes, la lumière transmise n'est plus blanche, et le corps est alors coloré.

11 peut arriver que certaines radiations soient complètement arrêtées et d'autres simplement atténuées; la lumière colorée transmise sera dans ce cas le résultat d'un mélange de teintes différentes, et l'on pourra se faire une idée qualitative du phénomène en plaçant le corps coloré devant la fente d'un spectroscope. On verra alors un spectre lumineux affaibli ou éteint dans certaines régions, qui renseignera sur la variation de l'absorption avec la longueur d'onde.

Si cette absorption est enfin si énergique qu'elle arrête pour ainsi dire toutes les radiations, le corps est alors dit opaque.

Il convient de remarquer qu'il n'existe pas de corps absolument opaques ou transparents, ces deux propriétés sont en effet relatives. Ainsi les métaux qui sont opaques sous les épaisseurs habituelles, deviennent transparents lorsqu'ils sont obtenus en feuilles excessivement minces. L'eau qui au contraire paraît parfaitement transparente, devient opaque sous une certaine épaisseur.

On peut démontrer que l'intensité lumineuse / que possède au sortir d'une lame d'épaisseur a;, une radiation de longueur d'onde A déterminée, est représentée par la formule

416 Absorption et pléochro!sme

dans laquelle Iq représente l'intensité initiale, e la base des logarithmes naturels, et a un coefficient qui varie, et dépend de la nature du corps et de la lumière employée.

Cette équation peut encore s'écrire

en posant

a est appelé coefficient de transmission

La démonstration de cette proposition se fait comme suit: LTntensité lumineuse variant d'une quantité — ai proportionnelle à l'intensité reçue J et à l'épaisseur dx, nous aurons:

dl = — aldx j

expression qui donne en intégrant entre les limites o et x:

333. Origine de la coloration. La coloration que présentent les minéraux lorsqu'on les examine par transparence, peut tenir à deux causes différentes. Elle peut tout d'abord être due à une propriété du corps inhérente à sa composition chimique, ou à sa structure moléculaire. On sait en effet que la présence de certains éléments entraîne celle de certaines couleurs dans une combinaison déterminée; celles-ci peuvent être différentes dans une seconde combinaison chimiquement identique,- mais ayant un autre groupement moléculaire. La couleur que l'on observe dans ce cas est celle propre du minéral.

La coloration peut aussi provenir de la présence de substances étrangères non combinées, et jouant alors le rôle de pigments. Celles-ci peuvent se trouver en particules très fines telles que grains, aiguilles etc. à l'intérieur des corps, ou encore être dissoutes dans le bain générateur du minéral et fixées alors au moment de la cristallisation de celui-ci. On est encore très peu renseigné sur la nature de ces pigments, on sait seulement qu'en quantité assez faible pour ne point modifier les propriétés des corps, ils peuvent cependant leur communiquer une coloration très intense.

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