‹ Traité de technique minéralogique et pétrographiqueChapitre 132 sur 139 · POLARISATION ROTATOIRE · texte numérisé non relu

POLARISATION ROTATOIRE

358. Cristaux enbiqaes. La suppression du centre et des plans de symétrie ne créant pas nécessairement la polarisation rotatoire, on peut s'attendre à ne rencontrer celle-ci que chez un petit nombre de corps. En effet, les chlorures alcalins KCl et NH^Clj le chlorure cuivreux Ou^Cl^, qui sont des polyèdres holoaxes de symétrie générale

3-4*, 4J.', 6-4*, ne présentent pas d'activité sur la lumière polarisée ; il en est de même pour les nitrates de baryum, de strontium et de plomb, ainsi que pour certains arséniates doubles, qui ont des symétries tétartoédriques et de symbole 3-4*, 4-4'.

Le seul corps cubique pour lequel la polarisation rotatoire ait été bien étudiée, est le chlorate de soude NaClOy Les cristaux de ce sel présentent les faces du cube, du dodécaèdre rhomboïdal, du dodécaèdre pentagonal et du tétraèdre. Le sens de la rotation est indiqué par la position du tétraèdre, relativement aux faces du dodécaèdre pentagonal. Les fig. 482 et 483 montrent l'aspect que présentent les cristaux dextrogyres et lévogyres.

359. Cristaux nniaxes. Presque tous ceux qui sont actifs, appartiennent au système hexagonal ou rhomboédrique. Parmi les corps inorganiques seulement, le cinabre, le quartz, les hyposulfates de plomb,

de chaux, de strontium et de rubidium, qui sont rhomboédriques tétartoédriques de symbole -4', 3^*, ainsi que le périodate de sodium qui est rhomboédrique ogdoédrique de symbole -4', présentent la polarisation rotatoire; le quartz est la substance pour laquelle le phénomène a été le mieux étudié. Ce minéral est connu sous forme de cristaux droits et gauches, qui présentent la combinaison de deux

Fig. 484.

Fig. 485.

rhomboèdres inégalement développés p et x, avec les faces de la pyramide trigonale s et du trapézoèdre trigonal xx (fig. 484 et 485). C'est la position de ces deux dernières faces par rapport à celles du rhomboèdre p, qui définit le sens de la rotation des cristaux. Chez ceux qui sont dextrogyres, ces faces sont à droite de celles du rhom-

Détermination des minéraux en coupes minces 441

boèdre p (fig. 484), chez les cristaux lévogyres elles sont à gauche (fig. 485).

Parfois les deux systèmes de faces se trouvent sur un même cristal, qui forme alors une macle; on en connaît des types très variés, ainsi certains cristaux droits ou gauches, présentent des plages inactives qui, en lumière convergente, se comportent comme un minéral uniaxe ordinaire, la croix noire y étant absolument normale. D'autrefois, comme dans l'améthyste par exemple, il existe sur le même cristal des régions dextrogyres et d'autres qui sont lévogyres. En certains endroits il y a recouvrement partiel des deux variétés, avec compensation complète; l'examen en lumière convergente montre les spirales d'ÂmY sur les points où se fait cette compensation.

360. Reproduction expérimentale de la polarisation rotatoire. On

peut reproduire artificiellement la rotation du plan de polarisation par les piles de E. Reusch ^, obtenues en superposant des lamelles de mica de telle façon que chacune ait ses axes d'élasticité à 60^ de la précédente, et en tournant toujours dans le même sens. On obtient de la sorte un groupement en escalier tournant, dont la spire est dextrorsum ou sinistrorsum; celui-ci se comporte comme un corps actif, aussi bien en lumière parallèle qu'en lumière convergente. M. Mallard est parti de cette expérience pour établir une théorie de la structure des corps actifs.

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