CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES EXTINCTIONS
204. Définîtioiis, extinctions droites et obliqnes. Od sait qu'une lame biréfringente placée entre les niçois croisés, possède quatre positions d'extinction k angle droit les unes des autres, ceci lorsque
Fig. 2&i.
Fig. 265.
les axes ïi„' et n' de l'ellipse ou lignes d'extinction, deviennent parallèles aux sections principales des niçois. Ces lignes occupent par rapport aux contours de la lame ou k certaines lignes directrices telles que les traces des clivages, la direction d'allongement etc., des positions qui dépendent du système cristallin et de la situation de la lame, c'est-à-dire de la façon dont elle a été taillée dans le cristal biréfringent. Les extinctions sont dites < droites > (fig. 264) lorsque les lignes iig et n^ sont parallèles ou symétriquement placées par rapport aux contours de la lame ou à certaines de ces ligues directrices; elles sont obliques dans le cas contraire où elles occupent une position quelconque vis-à-vis des mêmes éléments. Pour fixer la position de
t En ce qui concerne les extinctions les travaux suivants pourront Être consultés: A. Micuel-Lévy, Ann. d. min, IS. 1877. A. Hahker, Min. Magaz. 10, 1898, 239—240. G. Cèsabo, Mém. Acad. Roî. Belgique 64. 1895. R. A. Daly, Proced. Amer. Acad. Arts and Se. 34. 1899, 311—323. de Souza-Brandaô, Communie d. direc. de serv.-geol. Lissabon 4. 1900, 13—40, 41—56, 67—126 ; puis aussi A. A. Fbhbo, Rivista di min. Padua 20. 1898, 1—11.
Extinctions Lignes directrices 231
Ug et n' dans une lame qui présente des extinctions obliques, il faut évaluer l'angle compris entre la ligne directrice choisie et l'une des directions d'extinction iig ou n^ ; on donne à cet angle le nom d'angle d'extinction s (fig. 265). Avec le microscope polarisant, on peut aisément se rendre compte de la nature d'une extinction grâce aux fils du réticule qui jalonnent la trace des sections principales AA' et PF des niçois. Lorsque les contours de la lame ou telle autre ligne directrice leur deviennent parallèles ou symétriques dans la position où le minéral est complètement obscur, les extinctions sont droites; elles sont obliques dans le cas contraire. Il est évident que la symétrie du cristal, abstraction faite des méroédries, régit aussi celle des extinctions, car, comme nous l'avons vu (a. 94 p. 91), tout plan ou axe de symétrie du cristal est également un plan ou un axe de l'ellipsoïde. Dans ces conditions, une section normale à un plan de symétrie aura nécessairement une de ses extinctions droite, car les contours, traces de clivage etc. sont disposés symétriquement de part et d'autre de la trace du plan de symétrie. Si la section est normale à un axe de symétrie, nous devons distinguer trois cas:
1® L'axe de symétrie est d'un ordre supérieur à 2; par ce fait il devient un axe de révolution de l'ellipsoïde; le plan qui lui est normal en déterminant une section cyclique, la lame restera toujours obscure entre les niçois croisés.
2° L'axe de symétrie est binaire et se trouve à l'intersection de deux plans de symétrie. Les extinctions seront nécessairement droites, et les lignes d'extinction coïncideront avec la trace de ces deux plans.
3^ L'axe de symétrie est binaire, mais n'est plus situé à l'intersection de deux plans. Dans ces conditions, les lignes d'extinction ne seront plus symétriques que par rapport à un point, qui est l'intersection de l'axe avec le plan de la section. Ces lignes seront orientées d'une façon quelconque dans ce plan, tout en restant perpendiculaires entre elles, les extinctions seront obliques.
Si la section enfin est parallèle à un axe de symétrie d'ordre pair, elle sera forcément perpendiculaire au plan de symétrie qui est normal à cet axe et les extinctions seront droites. 11 en serait de même si l'axe était impair, celui-ci étant alors un axe de révolution de l'ellipsoïde, car la section serait alors normale à un plan principal de ce dernier.
205. Lignes directrices. Nous désignons par ce nom les directions auxquelles on rapporte les lignes d'extinction; ce sont le plus généralement les contours géométriques des sections, les traces des plans de clivage ou de macle, les directions d'allongement ou d'aplatissement etc.
232 Mesure des an^es d*extmctioii
Les coDtonrs d'une section résultent de ses intersections arec les diverses faces déreloppées sar le cristal: ils sont rarement bien nets sur la plupart des minéraux constitutifs des roches, ce n'est guère que sur les phénocristaux de certaines roches éruptires qu'on peut les utiliser avec avantage. Les plans de macle ou les traces des clivages faciles, sont par contre des lignes directrices d'un usage beaucoup plus fréquent On sait en effet que les plans dliémitropie, comme ceux de clivage, coïncident en général avec une face d'indices simples (pinacoide, dôme, pyramide , qui, dans la plupart des cas. est parallèle ou perpendiculaire aux axes ou aux plans de symétrie du système. Les clivages apparaissent sur les sections minces comme de fines lignes noires parallèles ou se coupant, selon qu'il y a une seule ou plusieurs directions de clivage visibles.
L'aplatissement se fait d'habitude parallèlement à une face d'indices simples ou à un plan de clivage facile; quant à l'allongement il est généralement parallèle à un axe de symétrie ou à l'arête d'intersection de deux plans de clivage, qui sont en même temps ceux des faces d'aplatissement Ce qui vient d'être dit pour les clivages et les directions d'aplatissement ou dallongement s'applique également aux plans de macle, dont la trace sur la section est fréquemment utilisée comme ligne directrice.