‹ Traité de thérapeutique appliquée (volume 2)Chapitre 13 sur 66 · TRAITEMENT DES LÉSIONS TRAUMATIQUES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES LÉSIONS TRAUMATIQUES

est fort mauvais antiseptique, et avec lui les pansements s'éternisent. Aussi lui préfère-t-on souvent des pommades à base de vaseline ou de lanoline contenant du salol (2 à 4 p. 30); ou de l’éodoforme (2 à 4 p. 30); du #hymol (1 à 4 p. 100); de l'acide salicylique (À à 2 p. 50) ; de l’acide phénique (1 p.100); que l’on peut rendre plus ou moins analgésiques en y incorporant de la morphine ou de la cocaïne.

Nous croyons devoir donner la préférence à l'acide picrique employé suivant la méthode de Thiéry.

Si le malade a déjà été pansé autrement, avec des pommades par exemple, il faut alors nettoyer doucement la surface brûlée avec de l’eau savonneuse tiède ou de l’eau bouillie chaude; on évitera de déchirer, d'enlever les phlyctènes, on se contentera d’en évacuer le contenu par une ponction.

Ceci fait, on appliquera sur le pavillon et en arrière plusieurs doubles de compresses stérilisées imbibées de la solution aqueuse concentrée d'acide picrique (10 p. 1000); par-dessus les compresses, une bonne couche d’ouate hydrophile, dans l'unique but de faire, de ce pansement, un pansement sec.

Pour les brülures du conduit, on introduira dans celui-ci un volumineux tampon d’ouate hydrophile imbibé de la même solution picrique.

Ce pansement, ni toxique ni irritant, sera laissé en place le plus longtemps possible, trois jours et plus; on le renouvellera jusqu'à guérison.

La douleur disparaît presque instantanément, et l’épiderme se reforme beaucoup plus vite que sous les autres pansements.

Si les pertes de substance ont été trop grandes, on peut aider à la cicatrisation par l'emploi de greffes épidermiques ou dermo-épidermiques.

Dans le but d'éviter l’atrésie du méat auditif externe, il est bon, si la région avoisinante est atteinte, d'introduire dans le conduit un fort drain de caoutchouc et de l’y laisser à demeure.

Dans le conduit, les brûlures sont le plus souvent causées

par des liquides caustiques qui y sont introduits dans un but thérapeutique (eau chaude, éther, chloroforme,ammoniaque, acide phénique), ou par malveillance (acide sulfurique); on se conduira comme pour les brülures du pavillon (solution picrique, etc.).

Otorragies.

L'otorragie peut avoir son point de départ dans le conduit auditif externe; certaines hémorragies liées à l’hystérie ne laissent d’autres traces que les caillots adhérents aux parois. Il en est d’autres, assez rares, dues à des varices du conduit, qu'on n'observe que chez certains emphysémateux, cardiaques, congestifs, sans doute après l’éraillure de la peau dans les attouchements de l’organe.

Les fongosités, les polypes, saignent aussi sous l’influence de poussées congestives, menstruelles ou autres. Ces accidents, s'ils ont de la gravité, attirent l’attention soit sur un état général, soit sur une lésion sérieuse de l'oreille moyenne (otorrhée, polype, carie). (V. ces mots.)

Page 1