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CHAPITRE VII

TRAITEMENT DES INFLAMMATIONS ET DES DIVERSES MALADIES DU CONDUIT AUDITIFEXTERNE

PAR

M. E. GELLÉ

Membre de la Société de Biologie.

Les inflammations du conduit auditif externe peuvent être circonscrites ou diffuses, et se fondent dans les affections cutanées dont il a déjà été parlé.

inflammation circonserite. — KFuroncle.

Le furonele du conduit peut survenir sans cause bien déterminée, mais il peut aussi, et cela est loin d’être rare, venir compliquer une suppuration chronique de la caisse ou un eczéma chronique du conduit (infection secondaire).

Il est bien rare qu'il n’y ait qu'un furoncle; souvent il en existe plusieurs, qui apparaissent alors soit simultanément soit successivement, par suite de réinoculations (furonculose).

La douleur est parfois terrible, causant l’insomnie; le moindre attouchement du pavillon, la mastication suffisent à la provoquer. Parfois, le soir, au moment des paroxysmes douloureux, on peut constater un peu de fièvre, et de la céphalal-

TRAITEMENT DES TINFLAMMATIONS. 09

gie; les ganglions se prennent; souvent le tissu cellulaire péri-glandulaire s’enflamme, et un phlegmon péri-adénique apparaît au-dessous et autour de la conque.

À. — TRAITEMENT ABORTIF

Si l’on est appelé dès le début, alors que le pus n’est pas encore formé, on pourra essayer de faire avorter le furoncle.

On s’efforcera d’éloigner du malade tout ce qui peut augmenter la congestion céphalique et auriculaire; on lui interdira les efforts physiques, une nourriture trop excitante, le café, l'alcool. Une fois le diagnostic posé, on évitera les examens répétés et les injections auriculaires.

On prescrira un régime doux, des boissons abondantes (limonades), et des laxatifs ; si les douleurs sont par trop vives, on n'hésilera pas à appliquer deux à trois sangsues au devant du tragus (au moyen d’un tube de verre).

A cette médication générale, on adjoindra les moyens iopiques suivants, nombreux, mais souvent peu efficaces ; car il est très fréquent de voir le furonele continuer son évolution malgré la thérapeutique employée.

Politzer conseille des badigeonnages fréquents du conduit avec la glycérine phéniquée à À p. 30.

Urbantschitsch est partisan du massage; il dénomme ainsi la pratique suivante : dans le conduit, il pousse un petit tube de caoutchouc aseptique. Si, au bout de quelques heures, le malade sent augmenter la douleur, on le retire; s’il peut le supporter, il le garde vingt-quatre heures. Souvent, paraît-il, au boutde ce temps, le conduit a repris son aspect normal ; néanmoins, le tube doit être maintenu en place encore pendant deux ou trois jours, pour éviter un retour offensif. Si, malgré tout, la maladie suit son cours, ce drain devra être retiré au début de la phase de suppuration. Courtade, sous le nom de lubage, introduit dans le méat un drain de caoutchouc volumineux, ainsi que l’auteur viennois; la compression permanente qu'exerce le tube, favorise la résorption de l’infiltration ; et,

dans bien des cas, peut, paraît-il, faire avorter l’abcès. Cette heureuse terminaison ne se produit que lorsque le tubage est employé dès les premiers jours, avant la formation du pus; plus tard, le tube pourrait refouler le pus en dehors du conduit, derrière le lobule; on doit l’enlever.

Une fois l’abcès furonculeux formé, la thérapeutique aura pour principale indication de calmer les douleurs, parfois des plus pénibles, et d'ouvrir l’abeès.

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