B. — TRAITEMENT DU FURONCLE ABCÉDÉ
Jadis on employaitles cataplasmes; Politzer, Urbantschitsch lesconseillent encore ; mais la majorité desauristes les rejettent; ils craignent soit une irritation de la peau du pavillon et du conduit, soit de déterminer des altérations du tympan; le plus grand nombre redoute de favoriser les réinoculations, le cataplasme formant un excellent milieu de culture.
Il est juste de dire pourtant que nombre de malades se sont trouvés calmés par cette application. Comme calmant et comme résolutif, surtout s’il y a un engorgement autour de l'oreille déjà saillante et tendance au phlegmon péri-glandulaire, nous nous trouvons bien de conseiller de la réfrigération sur la région otique, au moyen de l'appareil de Leiter, et plus simplement par l'application fréquemment renouvelée de compresses de tarlatane pliées en plusieurs doubles, et largement imbibées d’eau boriquée glacée ; au besoin nous usons du sac de glace.
D'autre part, la résolution s’obtiendra encore, si la réfrigération n’est pas tolérée, par des bains et des irrigations chaudes de l'oreille, de dix minutes, fréquemment donnés avec des s0lutions tièdes antiseptiques et calmantes.
En voici quelques-unes.
Décoction de têtes de pavot, additionnée d’un centième de son poids de teinture d’opium (Gruber). Solution faible de lysol à un demi p. 100 (Politzer). A titre de calmant, Gellé ordonne la solution d’atropine à 1 p. 20; l’ouate imbibée forme
une mèche douce, introduite aussi loin que possible au-dessus du clou. La glycérine, additionnée de quelques centigrammes de poudre de chlorhydrate de cocaïne, est ordonnée par Urbantschitsch; une perforation du tympan est une contre-indication formelle à ce pansement.
L'huile mentholée à 1 p. 10 (Cholewa).
L'alcool absolu saturé d'acide borique (Lœwenberg).
Politzer conseille aussi de faire pénétrer dans le conduit un tampon d’ouate imprégné de la pommade suivante (tout pansement qui sépare les deux surfaces cutanées du conduit enflammé donne un soulagement sérieux) :
% Acétate de morphine . . . . 05r,20 Acide borique. . . . . . . . 1 gramme.
Vaseline blanche. , . . . . . 20 grammes.
Gruber introduit dans le conduit auditif de petits ovules de gélatine (amygdalæ aurium); chacun d’eux contient un demi-centigramme de chlorhydrate de morphine; on l’enfonce profondément à l’aide d’une pince dans le conduit qu’on ferme avec un tampon d’ouate, et on l’y laisse fondre.
Urbantschitsch se sert de l’électrisation, qui lui aurait donné de surprenants résultats; il emploie des courants induits faibles, applique une électrode au-devant du tragus, l’autre sur la nuque, et fait, deux fois par Jour, une séance de cinq à dix minutes. N'est-ce pas un peu compliqué pour un simple furoncle?
Lermoyez emploie depuis quelque temps le procédé suivant, dont il n'a eu qu'à se louer. Le furoncle incisé ou non, la pratique est la même. Avec précaution, pour éviter la douleur, il introduit dans le conduit, à l’aide d’une pince ou d'un stylet, un flocon d’ouate hydrophile, de façon à insinuer cette ouate en arrière du furoncle, entre celui-ci et le tympan ; il en place de même entre le furoncle et la paroi; et remplit ainsi tout le conduit d’ouate sèche. Ceci fait, il incline la tête du malade sur le côté sain, et verse sur l’ouate de la Zqueur
de van Swieten ; lorsque l’ouate est sèche, on recommence; et le malade peut répéter lui-même la manœuvre autant qu'il est nécessaire, mais sans Jamais toucher au coton que le médecin seul doit changer. Une potion chloralée et bromurée est souvent utile pour procurer le repos et le sommeil. Tel est le bilan de la thérapeutique médicale du furoncle.