À. — EXTRACTION DES VESTIGES DU TYMPAN, DU MARTEAU ET DE L'ENCLUME
4° Indications. — La caisse est nettoyée, la trompe libre, l'otorrhée dure; un vestige du tympan et quelques restes des osselets sont encore visibles au pôle supérieur du cadre. On peut modifier absolument cet état en enlevant ce qui persiste du tympan et des deux osselets. C’est cependant toujours un diagnostic délicat, au dire de Politzer, que le constat d’une nécrose des osselets, cachés dans l’attique. Mais il y a d’autres raisons à celte opération radicale; cette extraction dégage les abords de l’attique, et aussi l'accès de l’antre mastoïde; on doit extraire l'enelume avec le marteau; c'est lui surtout qui cache l’orifice des cellules mastoïdes et le rétrécit. Politzer n'admet cette opération radicale que si le danger presse : mais pourquoi attendre les complications? La persistance d’une suppuration rebelle et l’état des osselets dénudés, véritables corps étrangers, suffisent à indiquer la nécessité d'agir.
Il est vrai que le pus peut venir de l’antre par l'aditus et de toutes facons, l’opération rend les soins plus directs, et les pansements et nettoyages plus faciles et plus topiques.
2° Technique. — La caisse est lavée, aseptisée et l’attique anesthésiée par la cocaïne. Éclairage : lampe électrique frontale ; souvent l’enclume a disparu; avec le couteau, rasant le bord supérieur du cadre, on détache le tympan en avant et en arrière du manche ou de son vestige; puis le tendon du ten-
seur est sectionné; enfin le manche est saisi avec la pince fine analogue à celle de Duplay, à griffes, ou la pince de Sexton, et attiré à travers le conduit. Ce temps est le plus difficile ; car on devra arrèter l’hémorragie en tamponnant au moyen d’ouate hydrophile, imbibée au besoin d'eau oxygénée. Je conseille de saisir le manche du marteau avec la pince aussi bas que possible pour qu'il se place obliquement à la sortie. Avec l’anse d’un petit polypotome, on peut mieux étreindre le manche et l'enlever facilement, sans être arrêté par le cadre.
Quand l’enclume subsiste, Urbantschitsch propose de fracturer la branche descendante; on peut facilement la désarticuler d'avec l’étrier; luxer l’osselet avec le crochet de Ludwig; il vient aussitôt. Comme moyen préventif de l’hémorragie, une injection hypodermique d’ergoline est recommandée au début de l’opération. Celle-c1 peuts’exécuter, le malade assis, et son oreille anesthésiée par la cocaïne; cependant si le sujet est pusillanime, et les vestiges du tympan d’une certaine étendue, on doit employer la chloroformisation pour être maître de lui. L'éclairage à la lampe électrique est nécessaire. Lavage avec la solution de sublimé (4000); pansements avec la yaze iodoformée, ou avec l’ouate hydrophile trempée de sa solution de phéno-salyl au 100€; ocelusion sous le gâteau d'ouate salicylée. Miot recommande, après le détachement du tympan, d’exciser le cadre tympanal, et de sectionner le col du marteau, laissant la chaîne intacte au delà; il aurait ainsi obtenu une plus fréquente persistance de la perforation tympanique dans l’otite sèche.