‹ Traité de thérapeutique appliquée (volume 2)Chapitre 45 sur 66 · TRAITEMENT DE L'OBSTRUCTION DES TROMPES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE L'OBSTRUCTION DES TROMPES

compte de la pénétration de l'air dans la caisse. Si on désire n'introduire de l’air que dans une seule oreille, on invitera le malade à boucher avec le doigt l'oreille saine, de façon que l'air contenu en pression dans le conduit fasse équilibre sur la face externe de la membrane à l'air qui arrive sur sa face interne en passant par la trompe.

Ceci fait, dans quelles conditions l'air contenu dans la poire de Politzer pourra-t-il pénétrer dans la caisse en forçant l’accolement des parois tubaires? On peut employer plusieurs moyens. Le meilleur, à notre avis, est celui qui consiste à profiter de l'instant où le malade fait un effort de déglutition. Pendant la déglutition, en effet, le voile du palais se relève, séparant complètement la cavité du pharynx nasal de celle du pharynx buccal, tandis que la contraction des muscles péristaphylins ouvre l’orifice tubaire.

Si donc on a fait prendre au malade une gorgée d’eau dans sa bouche, et si, au moment où on lui commande d’avaler, on comprime vigoureusement dans la main la poire de Politzer, placée préalablement comme nous l'avons indiqué, l'air va passer de la poire dans la fosse nasale, puis dans le pharynx nasal, d'où ilne pourra s'échapper que par les trompes en en forçant l'entrée. À ce moment, le médecin entendra dans son oreille un bruit de souffle plus ou moins intense, tandis que le malade perçoit l'impression d’un bruit éclatant et d’un choc brusque dans les oreilles, suivi presque instantanément du retour de l'audition dans son intégrité.

Il peut être parfois difficile de saisir l’instant précis où la déglutition se fait, les malades n’obéissant pas toujours immédiatement à l’ordre d’avaler. On obviera à cette cause d'échec en attendant toujours de voir le larynx s'élever, les mouvements d'élévation du larynx et du palais étant synchrones dans l'acte de la déglutition.

Un autre bon moyen est celui dans lequel on fait prononcer au malade certaines syllabes (houck, heck) qui ont pour effet de faire relever brusquement le voile du palais. Le médecin doit profiter du moment où le malade les prononce après

lui pour pousser vivement la douche d'air, avec les mêmes précautions que nous avons indiquées plus haut.

On peut encore prier le malade de gonfler les joues au maximum. Dans ces conditions, il se fait dans la cavité buccopharyngée une accumulation d’air en pression qui soutient le voile du palais et fait équilibre à la colonne d’air qu’on chasse par la narine. C’est là un moyen très simple, très pratique, qui n’a pas l'inconvénient des deux précédents, où il est nécessaire d'établir un synchronisme entre un mouvement très rapide (déglutition, houck) et la compression de la poire.

Chez les enfants, on profitera utilement de l'instant où ils crient, moment pendant lequel le voile se relève.

Dans tous les cas, il est nécessaire de faire passer successivement plusieurs douches d'air. On peut même, ce procédé étant inoffensif, apprendre aux malades ou à leur entourage le modus faciendi, si l'on a des raisons de croire que cela peut être utile.

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