CHAPITRE XTII
PAR M. E. GELLÉ
Membre de la Société de Biologie.
Considérations générales.
Si les accidents infectieux se répètent assez souvent pour que l'organe auditif n’ait pu récupérer sa fonction ni son état normal, de passagères et momentanées, les lésions otiques deviennent permanentes, durables, et vont s’aggravant, la surdité aussi.
Ces récidives, ces résolutions incomplètes sont dues soit à la persistance de foyers d'infection, tels que les catarrhes naso-pharyngiens, les angines, les adénoïdites, au voisinage de l'oreille; soit à des états généraux revenant d’une façon saisonnière, à répétition, affections pulmonaires, fièvre des foins; soit à une succession de maladies qui ne laissent point à l'organisme le temps de se reprendre;:soit à des causes extérieures inévitables, professionnelles, climatériques; soit à des intoxications.
De cette pathogénie découle de multiples indications thérapeutiques qu'il faut remplir pour agir efficacement sur les
troubles de l’ouïe et sur l’affection otique; c’est aussi la meilleure des prophylaxies.
Nous avons traité tout particulièrement de la thérapeutique générale des maladies de l'oreille dans un chapitre spécial.
Dans la thérapeutique locale, les indications varient suivant les divers états anatomo-pathologiques que l’on découvre à l'exploration de l'oreille atteinte.
Dans l’otite chronique, les tissus enflammés passent par deux états ou périodes évolutives dont les caractères sont fort différents : au début, épaissis, infiltrés, vascularisés, ramollis ou relâchés, ils cèdent et se déplacent ayant perdu de leur élasticité; ou bien ils possèdent une mobilité anormale; il s’est formé des exsudats dans les dépressions et les cavités; des plis se sont hypertrophiés, des jointures détendues ; des orifices, des canaux se sont oblitérés ; des fossettes isolantes se sont comblées ; des osselets séparés se sont trouvés réunis; la muqueuse s’est infiltrée, ou est restée fongueuse ; le tympan n’a plus sa tension physiologique; la trompe est plus ou moins imperméable ; la caisse comblée; tout l'appareil de transmission s'aplatit et s'enfonce alors du côté du labyrinthe, dont les deux fenêtres se trouvent ainsi immobilisées, raidies ou ont perdu leur vibratilité totalement ou en partie.
Plus tard, la nutrition de toutes les parties est profondément altérée; tout s'atrophie, se sclérose, durcit et tend à s’'immobiliser; le labyrinthe se trouve enclos, fermé, isolé du milieu ambiant.
L'organe périphérique du sens de l’ouïe est désorganisé, et ses débris nuisent plutôt à Fexcitation du nerf acoustique.
La thérapeutique de ces deux phases de la maladie, de ces deux états diffère autant que leur pronostic; autant les conditions du premier mode laissent d'espérance et autorisent les tentatives opératoires, autant la seconde période présente de doutes et ses traitements d’aléas.
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Traitement.
La thérapeutique de l’otite chronique, à la période d'hyperplasie ou de ramollissement, se propose donc :
1° De résoudre l’engorgement de la caisse.
20 De rétablir les communications nécessaires entre celleci et l'air ambiant.
3° De redresser, de maintenir tendu et relevé, mobile, le tympan relàché, déprimé, etc.
4° De soulager le labyrinthe irrité et comprimé par l’enfoncement de tout l'appareil de transmission.
5° D’enlever les exsudats inclus. |
6° D’empêcher ou de détruire les adhérences, ou, au contraire, les disconnexions.
1° De dégager la fenêtre ronde enfouie sous les plis ou les exsudats muqueux (bouchon muqueux).
8° Un traitement général est associé à ces soins topiques (infections, diathèses, toxémies, toxiques).
La sclérose sera étudiée plus loin au point de vue des soins qu’elle comporte.