‹ Traité de thérapeutique appliquée (volume 2)Chapitre 49 sur 66 · À. — RÉSOLUTION DE L'ENGORGEMENT DE LA CAVITÉ TYMPANIQUE · texte numérisé non relu

À. — RÉSOLUTION DE L'ENGORGEMENT DE LA CAVITÉ TYMPANIQUE

1° L’oreille est un organe aérien; quand la caisse est comblée par des exsudats, par la muqueuse boursouflée, œdématiée, hyperémiée, il n’y a plus d'oreille moyenne; le tympan ne vibre plus et ne transmet aucun son, ou très imparfaitement et fort irrégulièrement.

Cet engorgement consécutif à une otite aiguë a persisté ; il est surtout muqueux. Il peut être encore modifié topiquement, d’abord par les érrigations chaudes à grande eau, par les douches de vapeurs chaudes sur la région, et dirigées dans

le conduit; par les bains d'air chaud lancés au moyen d’une poire dans l'oreille (un vase vide dans l’eau bouillante; du col partent deux tubes; l’un, court, va à l'oreille; l’autre correspond à la poire à insuffler). On peut ordonner dans les bains d'oreilles chauds les eaux alcalines ou salines, mais on doit éviter de faire subir à la membrane du tympan toute pression, qui irait contre l'indication majeure de la tendre à nouveau et de la redresser.

On peut se servir d’un spéculum à deux tubulures; par l'une entrent l’eau ou l'air chaud, qui s’évadent par l’autre (Duplay, Miot).

Pour ne pas mouiller les enfants, on emploie un appareil de caoutchouc en mentonnière, qui applique sur la peau, audessous du lobule de l'oreille, une sorte d’entonnoir de caoutchouc, terminé par en bas en un tube de caoutchouc aussi, dont l’extrémité se place dans une cuvette, à terre; l’eau, sortie de l'oreille, s'écoule à mesure par ce tube dans la cuvette.

On peututiliser les solutions astringentes, un peuirritantes, et dont il faudra graduer les effets (glycérine phéniquée, solution tannique, etc.).

Les bains d'oreille, avec l’alcoo! camphré, boriqué, tanniques, sont utiles dans la défervescence des otites pour hâter la résolution ; il faut leur donner une durée graduellement croissante et les répéter deux fois par jour. Très actifs, ils sont à surveiller.

On a aussi conseillé les attouchements du tympan au pinceau chargé de solutions d’azotate d'argent (1 p. 10), de perchlorure de fer, d'acide picrique, etc. (de 5 en 5 jours).

La glycérine iodée est une préparation qui rend ici de grands services; de mème avec Guéneau de Mussy, on ordonnera de placer et de garder la nuit, dans le conduit, une boulette de coton iodé à titre de léger révulsif.

En cas d’insuccès, l’épaississement du tympan sera attaqué par de petites incisions multiples, précédées et suivies d’un pansement antiseptique; auparavant, une douche d’air aura, autant que possible, redressé la membrane. On peut plutôt

faire de rapides attouchements avec la perle d'acide chromique fondue à l'extrémité du stylet, et mise quelques secondes au contact de la surface du tympan. Ces petites opérations demandent une grande dextérité, la surveillance du médecin, et des soins consécutifs, suivant les réactions.

20 Révulsion sur la région mastoïde. — Nous donnons plus loin la série des soins topiques à appliquer tout autour de l'oreille, en pareil cas, pour aider à la résolution de l’engorgement tympanique, car la région mastoide est une paroi de la cavité de l'oreille moyenne; et, du reste, l'affection envahit aussi les cellules mastoïdiennes.

3° Révulsion sur le pharynx. — D'autre part, l'æœdème et l'hypertrophie de la muqueuse cavitaire siègent surtout dans l’attique et sur la paroi labyrinthique, englobant les osselets. On agit à distance sur cette région engorgée profonde par le rétro-pharynx, au moyen de révulsifs; on portera Jusque dans l’arrière-narine la pointe de l’électro-cautère spécial, et on touchera en plusieurs points les parois latérales et l’espace inter-tubaire; les badigeonnages iodés (glycérine, 30; teinture d'iode, 15 à 30) agiront dans le même sens, à titre de révulsifs; la muqueuse de la paroi labyrinthique est, en effet, une émanation de celle du rétro-pharynxet est souvent envahie par le processus bien avant le tympan.

4° Pince courbe à arrêts. — On se sert pour porter l’ouate dans le cavum d’une pince courbe à arrèts; l’ouate est saisie entre les mors qu'elle enveloppe, le tampon les déborde de 2 centimètres; on le trempe dans la solution choisie; c’est pour moi depuis vingt ans l'instrument de choix; on emploie aussi le pinceau de blaireau coudé. Le tampon est glissé vivement au-dessus de l’abaisse-langue en place, d’un mouvement de rotation rapide du manche, l’ouate est portée derrière et audessus du voile, tandis que la main abaisse les branches de la pince, pour toucher jet frotter les parois et surtout la supérieure ou voûte du cavum. Avec la pince coudée on touche et l’on masse la trompe et son pavillon. Par la voie nasale, avec un stylet d'ouate, on peut aussi atteindre ces régions profondes.

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