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CHAPITRE XIV

PAR

M. E. GELLÉ

Membre de la Société de biologie.

Considérations générales.

C'est la dernière étape du processus cyclique inflammaloire ou trophique; la période œdémateuse, de prolifération estterminée: la sclérose, l’atrophie, la transformation fibreuse, la rétraction des tissus, l’immobilisation des jointures et des fenêtres par dépôts calcaires, ossifications, indurations, etc., se sont graduellement et sournoisement effectuées; et pour peindre la situation, l'incendie est éteint, mais la maison n’est plus habitable.

La sclérose est souvent précoce : elle apparaît sans période hyperplastique, comme une lésion trophique due à une névrose ou comme une dégénérescence. Elle est héréditaire, diathésique ; la syphilis, la goutte chez les ascendants y prédisposent. Elle apparaît plus tôt chez les convalescents, les épuisés (grossesses, allaitement, pertes); à la suite des infections, sa marche est rapide; de même dans les toxémies, et dans l’artério-sclérose. La lésion de nutrition locale est une

partie de l’abaissement général des forces réparatrices de l’organisme; aussi le labyrinthe est-il pris comme l'oreille moyenne.

L'oreille est certainement un organe minoris resistentiæ.

L’artério-sclérose la touche d’une facon remarquable, ainsi que les troubles circulatoires.

Il y a cependant en dehors de ces cas extrèmes, où rien de bon ne subsiste, une foule de conditions intermédiaires, où la fonction n'est point encore totalement perdue, où le labyrinthe conserve une certaine énergie, et sait tirer parti du petit nombre de vibrations que peut transmettre l’appareil conducteur défectueux et rebelle.

Ce sont tantôt des oreilles que la sclérose n’a visitées que partiellement; où elle n’a pas, par le plus grand des hasards, tout détruit; et il reste une ou quelques parties utiles dont le jeu continue; tantôt, on s'aperçoit que, la lésion étant manifeste, le sujet, grâce à une intelligence, à des facultés, à une volonté d'attention peu ordinaires, utilise à miracle son organe désemparé.

La même lésion rendra sourd-muet l'enfant inattentif, ou sourd l'individu à cérébration lourde et inférieure : ici se montre la puissance de l'exercice et de l’éducation de l’ouie. L'histoire de ces malades apprend qu'ils sont exposés à perdre tout à coup le peu d’audition conservée sous l'influence d’une rhinite, d'une angine, souvent sous l'influence d’une affection générale (grippe), d’une crise hépatique, d’un accès de goutte, d’une infection, etc.

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Traitement.

On se trouve toujours amené à surveiller l’état des muqueuses rhino-pharyngées; et ces soins concordent avec ceux qu'exigera l’état de la trompe plus ou moins perméable (dilatation, massage, bougirage). Leur action dynamogénique est sûre.

L'aération de l'oreille est la seconde préoccupation, une fois les voies tubaires rétablies; elle remet tout en place.

Nous avons exposé ce qui regarde ce sujet avec tous les détails utiles dans un chapitre précédent, et nous y renvoyons.

Les mêmes indications se présentent ici que dans l’otite chronique; mais les procédés de mobilisation sont encore plus indispensables dans la sclérose, et doivent être appliqués plus longtemps et avec plus de ténacité et d'énergie.

Si le malade n’a jamais été soigné, il sera sondé; la caisse sera insufflée; les mouvements de la chaîne des osselets et du tympan assouplis par les divers moyens décrits plus haut; l'exercice avec le Siegle (massage), et la raréfaction sont absolument indiqués; et l'opérateur n’a rien à redouter d’actions mécaniques un peu vives, car les tissus scléreux ne résistent que trop aux efforts. La douche de Politzer est le plus souvent insuffisante à rétablir les mouvements; son association au massage et à la raréfaction est nécessaire pour modifier quelque peu la raideur, la situation anormale et les déformations pathologiques des parties indurées.

Le temps est un élément majeur du succès; en présence d’une lésion ancienne, il ne faut pas craindre de continuer et de faire continuer par le patient les mêmes soins pendant toute une année; la clinique montre qu'on obtient ainsi des résultats inespérés. Le malade persévérant éprouve une amélioration sensible avec ces moyens relativement simples et pratiques. On peut même dire en pareille circonstance de la douche, du bougirage et du massage qu'ils sont, comme la canne au boiteux, absolument indispensables ; l'oreille n'est pas malade : elle est estropiée.

L'otiatrique possède cependant certaines méthodes de traitement qui ont fait leurs preuves, et suivant les cas ont donné des résultats, nécessairement proportionnés à la gravité du mal, mais profitables; les voici exposées.

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