C. — INDICATIONS FOURNIES PAR LES SYMPTÔMES
Le seul trouble fonctionnel que l’on ait à considérer est généralement le prurit; il peut s’y joindre exceptionnellement un état vésanique; on peut observer également de l’albuminurie. Ici encore le traitement de la cause est de beaucoup le plus important. Dans les cas simples, l’action parasiticide est obtenue avec une rapidité telle qu'il n’y a pas lieu de s'occuper du prurit : il cesse de lui-même dès que les acares ont été détruits.
Les choses ne se passent pas cependant toujours aussi simplement. Lorsque l’irritation est telle que le traitement rapide ne peut être mis en jeu, le prurit persiste jusqu’à la destruction complète du parasite, etcelle-ci ne peut être obtenue qu’en plusieurs jours : ce symptôme redevient alors par lui-même une source d'indications thérapeutiques. Les applications locales ne pourront malheureusement être d’un grand secours, car celles qui pourraient être efficaces ont l'inconvénient d'être irritantes. Les émollients et les bains prolongés pourront cependant amener du soulagement; mais on devra, concurremment, s'adresser aux médicaments internes et particulièrement combattre l’insomnie qui résulte de ce trouble fonctionnel par les opiacés, le chloral, le sulfonal ou le frional.
Il peut arriver que le prurit persiste pendant plusieurs semaines après la destruction des acares : il est alors le plus souvent circonscrit aux régions qu'occupaient les sillons, mais il peut aussi se généraliser : Leloir en fait alors, à juste titre, une dermalo-neurose para-galeuse.
On peut, en pareils cas, conseiller avec avantage des applications de vaseline contenant un cinquantième d'essence de menthe et d'huile de bouleau; le baume du commandeur, additionné d’un trentième de menthol, exerce de même une action des plus favorables. |
L'état vésanique, qui se caractérise chez certains sujets par la certitude de n'être pas guéris et la sollicitation incessante de nouveaux traitements, cède généralement quand le médecin, après un examen attentif, affirme qu'il n'y a plus de parasites; si cet état est lié, comme il arrive parfois, à une persistance anormale du prurit, il devient justiciable des moyens que nous venons d'indiquer.
L'albuminurie est habituellement passagère : elle doit cependant, si elle s'accompagne d'anasarque et si elle est abondante, être combattue par le régime lacté ; les bains ne doivent être alors employés qu'avec réserve,