B. — ALOPÉCIES DES ÉTATS MORBIDES CHRONIQUES
L'alopécie suit d'ordinaire une marche un peu plus lente, souvent tout à fait chronique, lorsqu'elle dépend des causes suivantes :
1° D'une mauvaise hygiène de la chevelure, en particulier de l'emploi de chapeaux lourds, étroits, mal aérés, serrant le crâne, de cosmétiques nuisibles, de modes de coiffures ne tenant aucun compte de la direction normale des cheveux, etc.
2° D'une mauvaise hygiène générale déterminant une débilitation de tout l'organisme, c'est-à-dire de veilles, de travaux intellectuels prolongés, de soucis, de chagrins, d’excès de toute nature, en particulier d’excès vénériens, d’une alimentation défectueuse :
3° D'une mauvaise constitution! héréditaire ou acquise, soit arthritique (sens Bazinien du mot), soit strumeuse;
4° D'affections générales débilitantes telles que les intoxications chroniques (mercurialisme, etc.), l’anémie, la chlorose, le diabète, la phtisie, le cancer, la syphilis et la lèpre qui agissent, soit d’une manière générale sans qu'il y ait de lésions du cuir chevelu appréciables à l'œil nu, soit par l’intermédiaire de lésions directes du cuir chevelu et du poil. C’est ainsi que la syphilis peut provoquer à la période secondaire une alopécie en clairières pendant laquelle iln’y a pas, dans la grande majorité des cas, d’altérations macroscopiques notables visibles à l’œil nu (voir plus loin), qu'elle peut d’autre part, à la suite de lésions profondes (tubercules, gommes ulcérées, etc.), déterminer des alopécies circonscrites cicatricielles irrémédiables.
La plupart de ces grands processus morbides produisent des alopécies dont l’état local du cuir chevelu seul n’explique
pas l'intensité. C'est-à-dire qu'il y a disproportion évidente entre les altérations locales que l’on constate et la rapidité de la chute des cheveux. Il n’en est pas moins vrai que, dans beaucoup de cas, on retrouve sur le cuir chevelu du pityriasis capitis, des eroûtes graisseuses du cuir chevelu ou de la séborrhée fluente, toutes lésions dont il faut tenir grand compte pour le traitement. Nous indiquerons donc aux chapitres des alopécies consécutives aux grandes pyrexies et aux états généraux graves la conduite à suivre dans les cas théoriquement purs, mais le praticien doit être prévenu qu'il lui faudra fréquemment instituer en même temps chez ces malades la médication locale des diverses séborrhées.