‹ Traité de thérapeutique appliquée (volume 3)Chapitre 36 sur 111 · C. — ALOPÉCIES QUI DÉPENDENT D’UNE MALADIE LOCALE DU CUIR CHEVELU · texte numérisé non relu

C. — ALOPÉCIES QUI DÉPENDENT D’UNE MALADIE LOCALE DU CUIR CHEVELU

Ces alopécies sont très nombreuses. On pourrait théoriquement en distinguer deux grandes variétés, celles qui sont dues à l’évolution sur le cuir chevelu d’un parasite connu, celles dans lesquelles on ne connaît pas de parasite ou de microbe pathogène. Malheureusement, dans l’état actuel de la science, il n’est pas encore permis de baser une classification sur des notions aussi naturelles et aussi logiques d’étiologie. Que faire du lupus érythémateux? L'’eczéma séborrhéique typique n'est-il pas lui-même très probablement, pour ne pas dire sûrement, une affection parasitaire? Toutes ces grandes questions sont à l'étude. Aussi nous bornerons-nous pour le moment à diviser, comme nous l’avons déjà fait dans notre ouvrage sur le traitement des maladies de la peau, les dermatoses qui peuvent provoquer l’alopécie en deux groupes assez mal définis, mais assez pratiques pour l'étude :

4: groupe. — Affections cutanées dans lesquelles l’alopécie n'est qu'un épiphénomène ou l’un des symptômes de la maladie.

Parmi elles, nous signalerons surtout l’érysipèle, l’eczéma, et en particulier l’eczéma séborrhéique, le psoriasis, les

lichens, les herpétides malignes exfoliatives (éruptions généralisées rouges et desquamatives consécutives aux eczémas, aux psoriasis, aux pemphigus, aux lichens), l’érythème desquamatif scarlatiniforme, la dermatite exfoliative généralisée, le pityriasis rubra, le pemphigus foliacé, l’impétigo, les furoncles, autour desquels peuvent se produire ces alopécies en aires si étranges qui simulent la pelade à s'y méprendre et qui sont des sources constantes d'erreurs de diagnostie, l'acné eten particulier l’acné atrophique ou ulcéreuse, les éruptions dites sycosiques, la kératose pilaire, qui est une affection essentiellement décalvante, le lupus vulgaire, le lupus érythémateux, les morphées. Il est évident que nous ne devons pas, dans cet article, nous occuper du traitement de ces alopécies : le lecteur devra pour chacune d'elles se reporter au chapitre dans lequel est exposée la thérapeutique de la dermatose originelle.

2° groupe. — Affections cutanées dans lesquelles l’alopécie est le symptôme majeur de la maladie.

Ce sont de beaucoup les plus importantes; elles sont au nombre de cinq : 1° le groupe ancien des séborrhées; 2° les folliculites atrophiantes ou destructives du follicule pileux; 3° la pelade; 4° les trichophyties ; 5° le favus.

Ce rapide coup d'œil sur l’ensemble de ce groupe immense des alopécies nous permet donc de voir que, pour faire une étude réellement fructueuse de leur traitement, sans nous perdre dans des détails de fort minime importance, il nous suffira de dire quelques mots de l’alopécie congénitale, de l’alopécie sénile, de l’alopécie prématurée, des alopécies rapides consécutives aux grandes pyrexies et aux maladies chroniques débilitantes, de l’alopécie syphilitique, puis d'étudier avec soin les alopécies séborrhéiques, les alopécies consécutives aux folliculites dépilantes et la pelade. On trouvera à l'article Teignes le traitement des trichophyties et du favus.

Nous croyons utile d'exposer tout d’abord les règles générales de l'hygiène de la chevelure.

IT Hygiène de la chevelure.

Il est triste d’être obligé de: reconnaître que ce sujet, quelque intéressant qu'il soit en réalité, a été fort négligé jusqu'ici. Quand on consulte les rares auteurs qui s'en sont -occupés, on constate qu'ils ont soutenu les opinions les plus contradictoires.

Voici les principes que nous croyons devoir poser et d’où découleront les règles générales d'hygiène de la chevelure que nous adopterons.

A. — Tout d’abord l'expérience prouve que, lorsque les cheveux sont trop secs, ils ont de la tendance à devenir cassants, frêles, et à s’éclaircir ; que lorsqu'ils sont trop gras, ou, pour être plus précis, lorsque le cuir chevelu est atteint de séborrhée huileuse, ils ont une tendance des plus marquées à tomber. Des cheveux normaux et vivaces ne sont donc ni trop secs ni trop gras.

L'expérience a également prouvé que, lorsqu'on veut développer à outrance le système pileux d’une région normale, il faut l’enduire fréquemment de corps gras, la frictionner avec des substances irritantes, appliquer des vésicatoires, la raser fréquemment, épiler les duvets qui la couvrent : à force de les arracher, on arrive assez souvent, et surtout dans certaines régions d'élection comme la face, à transformer en -poils volumineux et vigoureux d’imperceptibles duvets.

L'expérience semble enfin avoir démontré que les cheveux se conservent mieux chez ceux qui ont l'habitude de laisser leur tête découverte que chez ceux qui la tiennent constamment couverte de calottes ou de chapeaux pesants.

Nous allons maintenant, en nous appuyant sur ces quelques données peu sujettes à contestation, du moins nous semble-t-il, exposer comment nous comprenons qu’on don soigner une chevelure indemne de toute affection.

B.— Soins de propreté. — Le cuir chevelu doit être propre. Cet axiome est d'autant plus irréfutable à l'heure actuelle que nous savons maintenant que nombre de dermatoses de cette région du corps reconnaissent des parasites pour cause première. Il faut donc avant tout l'empêcher de s’infecter et le nettoyer toutes les fois que c’est nécessaire, mais sans excès, comme nous le verrons plus loin.

Le cuir chevelu a une tendance naturelle à s’encrasser chez beaucoup de sujets. Il se dépose incessamment à sa surface des produits de sécrétion dus à la transpiration, laquelle est parfois très abondante en cette région, à la sécrétion des glandes sébacées, à la desquamation de l’épiderme. En outre, les poussières extérieures viennent souvent le souiller ; dans certains corps de métier, les ouvriers auraient besoin de laver leur tête tous les jours.

1° Chez le nouveau-né, il se produit sur le vertex une accumulation de croûtes molles et tenaces qui sont du sébum mélangé à une plus ou moins grande quantité de squames épidermiques et de poussières. Il est indispensable d'enlever toutes les fois que c’est nécessaire cet enduit, qui peut être chez certains sujets prédisposés le point de départ d’un eczéma séborrhéique. Il ne faut pas employer pour cela des savons irritants et d’énergiques frictions. Si les croûtes sont très épaisses, on les ramollit d’abord avec de l'huile d'amandes douces, de l'huile d'olive ou de l'huile de ricin parfumée, du cold-cream, du cérat frais ou de la vaseline; on peut même laisser le corps gras employé en contact avec le cuir chevelu pendant plusieurs heures, en le recouvrant d'un tissu imperméable. Lorsque l’enduit sébacé est devenu moins adhérent, on lave la tête de l'enfant avec de l’eau chaude et du savon de belle qualité, ou bien avec de la décoction de saponaire ou de la décoction de bois de Panama, ou bien encore avec un jaune d'œuf battu dans un peu d’eau de son chaude. Après un premier nettoyage complet, il suffit souvent de passer sur le cuir chevelu de temps en temps, tous les matins chez certains sujets, de l’ouate hydrophile salicylée imbibée de décoc-

tion de bois de Panama tiède, ou d’eau tiède pure légèrement savonneuse. Si c’est utile, on refait tous les huit ou quinze jours un grand nettoyage : mais il ne faut pas en abuser.

20 Chez les adultes, il est également indiqué de procéder à un nettoyage du cuir chevelu toutes les fois que c’est nécessaire. Cependant il faut autant que possible ne le répéter que toutes Les deux, trois ou quatre semaines suivant les besoins, à moins que l’on ne soit trop exposé aux poussières, et, dans ce cas, on peut le faire tous les huit jours environ. On ne saurait trop s'élever contre la pratique qui consiste à se laver la tête tous les jours à grande eau; car le plus souvent on ne la sèche pas avec assez de soin, et l’on n’a pas la précaution de restituer aux cheveux après le lavage la matière grasse qu'on leur a enlevée et qui est naturellement nécessaire à leur conservation : aussi les cheveux finissent-ils par devenir secs et cassants.

Pour procéder au nettoyage du cuir chevelu chez l’adulte, on peut se servir des mêmes substances que chez l'enfant; ce sont celles que nous préférons. Mais on peut aussi employer chez lui d’autres savons, en particulier le savon mou de potasse quand on a naturellement les cheveux trop gras, les savons médicinaux au Panama, au goudron, au goudron et au Panama, au borax, au goudron boraté, au soufre, au naphtol, à l'ichthyol, à la résorcine, au solvéol, à l'acide salicylique, ete. Dans les paragraphes suivants, nous signalerons quelles sont les indications plus particulières de chacun de ces produits. Quand le cuir chevelu est très irritable, il faut se contenter d'employer une décoction faible de bois de Panama, ou une solution de borax. Jackson recommande dans ce cas un mélange de trois jaunes d’œuf battus dans 500 grammes d’eau de chaux. Le lavage se fait, soit avec les doigts préalablement aseptisés, soit avec une brosse un peu dure soigneusement lavée, ce qui est plus commode, soit avec des tampons d’ouate hydrophile que l’on renouvelle à chaque instant, ce qui est infiniment plus propre : on frotte le cuir chevelu avec assez de force pour en détacher toutes les impu-

retés, en ayant soin cependant de ne pas tordre les cheveux et de ne pas exercer de trop fortes tractions sur leur racine. Il est préférable d'employer pour cela de l’eau chaude, ou de faire chauffer les solutions dont on se sert. Quand la tête est bien couverte de mousse et que le cuir chevelu a été suffisamment savonné, on le lave à grande eau pour enlever les crasses et les substances qui ont servi au nettoyage. On doit préférer pour cela l’eau chaude; cependant quelques auteurs conseillent de faire alterner l’eau chaude et l’eau froide. On sèche ensuite avec beaucoup de soin les cheveux et le cuir chevelu en les enveloppant de serviettes chaudes et en les frictionnant légèrement.

Quand on a terminé, il est bon de mettre sur le cuir chevelu et sur les cheveux une petite quantité d'huile d'amandes douces où d'huile de ricin aromatisée avec un peu d’essence de bergamote ou de wintergreen pour leur restituer l’enduit graisseux qui leur est naturel et que l’on a mécaniquement enlevé par le savonnage, mais il ne faut pas en mettre en trop grande quantité; car on tomberait dans l'excès inverse, et, comme nous l'avons expliqué plus haut, les cheveux ne doivent être ni trop secs ni trop gras.

C.— Peignes et brosses. —Les objets qui servent aux soins journaliers de la chevelure sont les peignes et les brosses. Chez les tout jeunes enfants, le peigne n’est pas nécessaire. Nous avons dit comment il faut leur nettoyer la tête : il suffit en dehors de ces lavages de leur brosser le cuir chevelu le matin avec une brosse douce, sans arriver à le rougir ou à l'irriter, À mesure qu'ils avancent en âge, on emploie une brosse de plus en plus ferme, mais il ne faut jamais arriver à exciter les téguments.

Dès que l'enfant a une véritable chevelure, il doit, comme l'adulte, se servir d’un peigne : cet instrument est indispensable pour démêler les cheveux, leur donner leur direction habituelle et les aérer. On fera surtout usage du peigne à dents écartées que l’on appelle le déméloir; les dents ne doivent pas être trop aiguës, car alors elles sont irritantes et

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douloureuses pour le cuir chevelu; elles ne doivent présenter ni la moindre inégalité ni la moindre aspérité, car elles pourraient casser et arracher les poils. On le tiendra dans un parfait état de propreté. On ne se servira du peigne fin que lorsque les cheveux auront été déjà passés au déméloir. D'ailleurs ce peigne fin, qui doit présenter les mêmes qualités que le démêéloir, n’est pas très utile, et il peut être nuisible entre des mains peu soigneuses. On tâche surtout avec lui de nettoyer la tête et de faire tomber toutes les pellicules; c’est une mauvaise pratique; il vaut mieux employer pour cela les pommades, les lavages ou les brosses.

L’adulte doit faire usage d’une brosse dure : les touffes de crins en seront disposées de telle façon que celles du milieu soient un peu plus saillantes que celles de la périphérie; elles seront écartées, de facon à pouvoir pénétrer dans la masse des cheveux sans difficulté et sans exercer sur eux de fortes tractions. Il faut que ces instruments de toilette soient tenus dans un parfait état de propreté. Lorsque les cheveux auront été démêlés avec le gros peigne, on les brossera suivant le sens dans lequel ils auront été disposés, avec assez d'énergie pour que l’on éprouve une certaine sensation de chaleur agréable au cuir chevelu, sans cependant arriver à l’irriter. On nettoiera ainsi les cheveux et l’on fera disparaître la plus grande partie des pellicules. Pour terminer et pour donner du brillant à la chevelure, on peut en lustrer la surface avec une brosse douce.

D. — Port des cheveux. — Les hommes portent à l’heure actuelle les cheveux courts. Cet usage est condamné par beaucoup d'auteurs qui soutiennent avec apparence de raison que les cheveux constituent une protection naturelle du crâne, que les femmes qui ne coupent point leurs cheveux les perdent beaucoup moins que les hommes, etc. Ceux qui conseillent de tenir les cheveux courts prétendent au contraire que des coupes de cheveux assez fréquentes réveillent leur vitalité, qu'en les portant courts on peut nettoyer le cuir chevelu avec plus de facilité et prévenir les diverses maladies contagieuses

si fréquentes à l'heure actuelle que l’on observe en cette région. Certains auteurs (Bazin) pensent que des coupes de cheveux répétées sont mauvaises parce qu'elles entretiennent une certaine irritation du cuir chevelu, et que, d'autre part, il est bon de faire couper assez souvent les cheveux quand ils sont grêles, chétifs et clairsemés. Cette question est donc des plus controversées, et, dans l’état actuel de la science, il est assez difficile d’avoir une opinion ferme sur ce point. Voici néanmoins quelle est notre ligne de conduite.

Il est préférable de faire porter aux enfants leurs cheveux courts jusqu’à l’âge de sept à huit ans; on peut en effet ainsi leur tenir plus facilement la tête dans un état de propreté absolue. À partir de cet âge, on peut laisser pousser les cheveux des petites filles; si cependant elles sont exposées par leur condition sociale à ne pas prendre un soin suffisant de leur personne, il vaut mieux tenir leurs cheveux à une longueur modérée jusqu'à la puberté. Beaucoup de femmes brülent l’extrémité de leurs cheveux, ou les raccourcissent de quelques millimètres à chaque époque menstruelle; elles prétendent conserver ainsi leur chevelure et en activer la croissance. Il est bien difficile de dire si cette croyance est réellement fondée; en tout cas, cette pratique ne saurait avoir de sérieux inconvénients.

Quant aux jeunes garçons qui vont au collège comme externes ou qui y demeurentcomme internes, ils doivent porter les cheveux courts. Ils n’ont pas le temps de prendre les soins assez minutieux que comporte une longue chevelure flottante, et les contaminations incessantes auxquelles ils sont exposés obligent à exercer sur eux une active surveillance, ce qu'il est bien plus facile de faire si les cheveux sont coupés ras. Les jeunes gens feront ce qu'ils trouveront convenable : mais, dès qu'ils auront une affection quelconque du cuir chevelu, ils devront couper leurs cheveux aussi courts que ce leur sera possible, car les soins qu'ils auront à prendre deviendront ainsi beaucoup plus aisés et n’exigeront qu'un court espace de temps.

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E.— Mode de coiffure. — La forme de coiffure adoptée par les femmes est fort importante. Il est fréquent de voir des plaques d’alopécie se former au sommet de la tête, au vertex en particulier, aux points qui sont soumis à des pressions ou à des tractions exagérées, le plus souvent par l'intermédiaire d’épingles ou de peignes avec lesquels on attache les vrais ou les faux cheveux. Pour être hygiénique, une coiffure doit être simple, laisser aux cheveux leur forme et leur direction naturelles et ne pas les soumettre à de trop fortes tractions. La mode qui consiste à laisser porter aux petites filles leurs cheveux flottants sur les épaules est excellente : il est bon que de temps en temps, lorsqu'elles le peuvent, les femmes les laissent également dénoués. La meilleure coiffure consiste à les natter en tresses peu serrées sans tirer sur eux, puis à les laisser pendre, ce que peuvent faire les jeunes filles, ou bien à les replier derrière la tête et à les fixer avec de grosses épingles à cheveux bien unies en caoutchouc durci, en os (Jackson), en écaille ou en celluloïd., Il faut éviter de les tordre, de les rouler en papillotes ou de les chauffer pour les friser.

Les hommes devront se conformer aux mêmes principes. La coiffure en brosse, dite à la Henri IIT, est détestable, car elle change la direction des cheveux et ne leur laisse pas leur souplesse naturelle. La frisure leur est aussi mauvaise qu'aux femmes.

F. — Chapeaux. — Pour qu'un chapeau ne soit pas nuisible, il doit remplir les conditions suivantes : il doit permettre à l’air de circuler librement sur la tête, ne pas favoriser l'accumulation à sa surface de l’air chaud et de la sueur, ne pas comprimer le crâne et gèner ainsi la cireulation de la partie supérieure du cuir chevelu, toutes conditions qui, comme nous le verrons plus loin, favorisent la production de l’alopécie prématurée idiopathique et des alopécies séborrhéiques. Il est bon d’avoir la tête nue; aussi, lorsqu'on ne s'expose pas à s’enrhumer en agissant ainsi, faut-il se découvrir dès qu'on le peut. Les mêmes considérations s'appliquent

aux faux cheveux dont les femmes font un si fréquent usage : il est préférable de ne jamais s’en servir.

G. — Teintures et cosmétiques. — On peut dire d’une manière générale qu'il faut toujours déconseiller l'emploi des teintures. Théoriquéement, tout ce qui peut modifier les conditions normales d'existence du cheveu ne peut que lui être nuisible. Cependant nous devons reconnaitre que dans certains cas de séborrhée du cuir chevelu, en particulier de séborrhée huileuse, nous avons vu les teintures à base de: henné modifier en bien l’état du cuir chevelu et arrêter la chute des cheveux. Nous avons également essayé dans les mêmes conditions et guidés par une idée théorique l’eau oxygénée; mais ce produit ne nous a jamais donné que des mécomptes.

Quant aux autres cosmétiques si nombreux que l’industrie préconise sous tant de noms aussi divers que séduisants, nous ne pouvons les recommander. Il faudrait pour cela en connaître la composition. exacte, et leurs inventeurs gardent soigneusement leur secret, qui n’estle plus souvent que l’adaptation à la parfumerie d’une formule connue. Beaucoup sont excellents, mais bien évidemment ils ne le sont que pour certaines personnes, et comme leur composition est un mystère, on ne peut en faire une application exacte. C’est, pour nous servir d’une expression vulgaire, mais Juste, au petit bonheur qu’on les emploie.

Les seules substances que l’on puisse utiliser à l’état de santé pour oindre les cheveux lorsqu'ils sont trop secs sont l'huile d'amandes douces, l'huile de ricin, pure ou mélangée à de la moelle de bœuf préparée, aromatisée ou non avec de l’essence de bergamote, de l'essence de lavande ou avec du baume du Pérou, à la rigueur l'huile antique ou l'huile de Célèbes. Toutes ces préparations doivent être souvent renouvelées ; il ne faut jamais en user dès qu'elles commencent à

rancir.

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Alopécie congénitale.

. Les alopécies que l’on observe lors de la naissance ne reconnaissent pas une cause univoque, et il n'en existe pas encore une bonne étude d'ensemble.

Ce sont des lésions d'une extrême rareté. L’alopécie peut être générale ou partielle, c’est-à-dire occuper toute la surface des téguments, ou se restreindre au cuir chevelu; celui ci peutêtre pris dans sa totalité, ou seulement suivant des plaques circonscrites plus ou moins étendues. L’alopécie peut être totale (atrichie complète de certains auteurs), etdans ce cas il n’est pas possible de trouver un seul duvet sur tout le corps; sur des coupes on constate parfois l’absence histologique de bulbes pileux, ou bien leur existence à l’état rudimentaire. Il est bien plus fréquent d'observer un développement incomplet du système pileux qui n'existe qu’à l’état de simple duvet fin et grèle (oligotrichie de certains auteurs).

Le cuir chevelu peut être lisse, uni, non décoloré : il semble qu’il s'agisse vraiment d’une dystrophie cutanée, et dans ces cas il est fréquent de voir coïncider des anomalies des dents et des ongles. C’est là un premier grand groupe de faits dans lesquels la thérapeutique doit être fort réservée parce que d'ordinaire ses résultats sont nuls.

Dans un deuxième groupe de faits, il n’y a pas d'anomalies concomitantes des dents ou des ongles; le développement du système pileux ne semble pas être définitivement arrêté; il n'est que retardé. Peu à peu les cheveux se développent, et ils peuvent même dans quelques cas devenir assez fournis. I] est alors indiqué d'intervenir par des applications ou par des frictions excitantes analogues à celles que nous indiquons plus loin pour les alopécies consécutives aux grandes pyrexies ou pour la pelade.

Nous rangerons à côté de ces cas ceux dans lesquels il

semble que le nouveau-né ait subi une contamination peladique ou peut-être (?) l'influence d’une pelade existant chez un de ses parents au moment de la conception ou pendant la grossesse, où même longtemps avant la naissance (?).

Dans un troisième groupe de faits, le cuir chevelu est criblé de petites élevures rouges et blanches péri-folliculaires, les poils sont atrophiés, enroulés, moniliformes : il s’agit alors, comme nous l'avons prouvé avec d’autres auteurs, d’alopécies qui se relient à la kératose pilaire (voir cet article pour le traitement).

Alopécie sénile.

L'alopécie sénile se relie intimement à l’atrophie cutanée sénile. Elle en est un des symptômes. D'ordinaire les poils grisonnent, blanchissent, se dessèchent; leur bulbe s’atrophie, et ils tombent en laissant à découvert un cuir chevelu qui présente tous les caractères de l’atrophie cutanée sénile. L'alopécie sénile débute à un âge très variable suivant les personnes : il y a des sujets qui conservent toute leur chevelure jusque dans leur vieillesse; d’autres au contraire, qui les perdent par atrophie cutanée simple dès quarante-cinq ou cinquante ans. Elle commence presque toujours par le vertex, et de là elle s’étend à tout le sommet de la tête, en laissant assez fréquemment intacte, pendant un certain temps, une région qui se rétrécit de plus en plus vers la partie antérieure et médiane du crâne. Les hommes y sont plus sujets que les femmes.

Les auteurs sont unanimes à déclarer qu'il n’y a rien à laire dans l’alopécie sénile. Quand elle commence de trop bonne heure, on pourra cependant prescrire les préparations que nous allons indiquer dans le chapitre suivant.

+ fie - still

Alopécie prématurée idiopathique.

ÂÀ.—CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

L’alopécie prématurée idiopathique n’est en réalité qu’une alopécie sénile qui se développe chez des individus jeunes. Elle en a les allures progressives et fatales, les localisations, la résistance au traitement. Parfois, en particulier chez les femmes, elle commence par les tempes. C’est un processus morbide d'une importance capitale, qui devient de plus en plus fréquent chez les populations arthritiques sédentaires des villes, et qui, après avoir été l’apanage presque exclusif des hommes, commence à être commun chez les jeunes femmes depuis qu’elles se livrent à des travaux intellectuels exagérés.

L'alopécie prématurée idiopathique débute à une époque quelconque avant le milieu de la vie : elle se produit indépendamment de toute maladie, soit générale, soit locale bien caractérisée. Cependant il est parfois bien difficile de la distinguer nettement du processus morbide que Kaposi appelle alopécie furfuracée, Pincus, alopécie pityriasique ou pityrodes, Unna, eczéma séborrhéique sec'. Elle ne commence pas d'ordinaire avant l’âge de vingt ans; je l'ai néanmoins observée assez souvent dès l’âge de dix-sept à dix-huit ans. Elle est fréquente à partir de vingt-huit ans. Les cheveux qui tombent les premiers sont remplacés par d’autres cheveux plus grèles qui tombent à leur tour pour être remplacés par d'autres plus chétifs encore, et ainsi de suite jusqu’à ce qu'il n'y ait plus qu'un léger duvet, lequel finit lui aussi par disparaître. Comme l’alopécie sénile, elle est lente, progressive, symétrique : elle commence par le vertex, sous forme de tonsure, parfois par la région frontale, et chez les femmes

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