Voir Séborrhée
par les tempes. D’après Polh Pincus, elle serait due à une sorte de transformation fibreuse du derme dont le tissu connectif s'épaissirait peu à peu et dont les mailles disparaïîtraient progressivement en étouffant les éléments qu'elles contiennent,en particulier les papilles pileuses; le processus morbide réel serait donc différent de celui de l’atrophie sénile vraie (?).
D'ailleurs cette alopécie prématurée idiopathique qui, comme nous venons de le dire, est, dans certains cas, pour ainsi dire pure, se complique fort souvent, soit de séborrhée sèche (eczéma séborrhéique sec dans le sens d'Unna), soit d’eczéma séborrhéique cireiné ou figuré du cuir chevelu, soit de séborrhée huileuse ou fluente. Toutes ces questions sont d’une complexité extrême et d’une difficulté suraiguë. Nous sommes obligé d’être malgré nous un peu schématique pour tàcher d’être clair. Nous nous contenterons donc de parler dans cet article du traitement que l’on doit instituer dans l’alopécie prématurée idiopathique vraie non compliquée, affection atrophique de cause vitale (E. Vidal), fort voisine, comme évolution clinique, de l’alopécie sénile; et nous renvoyons au paragraphe relatif à la Séborrhée pour le traitement des divers processus qui la compliquent si fréquemment.
L'alopécie prématurée idiopathique est héréditaire dans certaines familles; mais cette hérédité est loin d’être constante. Nous croyons que l’état général connu en France sous le nom d’arthritisme Joue un rôle important dans son développement. Elle est fréquente chez les personnes qui se livrent à des travaux intellectuels prolongés, qui veillent tard, qui ont des soucis, de grandes préoccupations, qui se livrent à des excès et surtout à des excès vénériens, qui ont des affections des organes génitaux. On à aussi incriminé avec raison la mauvaise hygiène du cuir chevelu, le manque de soins, l'usage journalier de lotions aqueuses ou alcooliques, le port de coiffures lourdes non ventilées, ete.
F. A. King a soutenu depuis longtemps que la calvitie du vertex était due à la compression par les bords des chapeaux raides des artères temporales antérieures, des temporales pos-
le
térieures et des occipitales à leur passage sur les os du crâne.
Les femmes sont moins souvent atteintes que les hommes; elles doivent cette immunité relative à ce qu'elles prennent des soins plus minutieux de leurs cheveux : elles évitent de les mouiller; elles ne portent pas de chapeaux anti-hygiéniques, commettent moins d’excès, ne se livrent pas à des travaux intellectuels aussi prolongés. Cependant, depuis quelques années, ainsi que nous l’avons dit au début de cet article, le nombre de femmes atteintes de cette affection augmente dans d’inquiétantes proportions. Il semble que cette recrudescence tienne à diverses causes, parmi lesquelles nous signalerons surtout l'emploi de l’ondulation et de la frisure, l’abus des teintures, les séjours plus fréquents au bord de la mer (ce quiest des plus pernicieux pour les femmes arthritiques; dès qu’elles y sont depuis huit ou dix jours, leurs cheveux commencent à tomber en abondance), l'obligation pour beaucoup de jeunes filles de travailler presque autant que les jeunes gens pour passer leurs examens, etc. Il ne faudrait pas toutefois confondre la véritable alopécie prématurée idiopathique avec les alopécies passagères auxquelles les - femmes sont si fréquemment sujettes dans leur jeunesse, qui sont généralisées ou localisées vers les tempes, qui sont en relation avec des troubles utérins et vasculaires, avec de la chloro-anémie ou de l’arthritisme, et que l’on peut assez facilement enrayer par les moyens que nous allons énumérer.
IL est extrêmement fréquent de voir les jeunes filles et les jeunes gens issus d’arthritiques, qui avaient une superbe chevelure pendant leur adolescence, la perdre en partie avec la plus grande rapidité entre 17 et 24 ans. Puis la marche progressive de l’alopécie s'arrête relativement pendant un certain nombre d'années.
B. — TRAITEMENT
Presque tous les auteurs s'accordent à considérer l’alopécie prématurée idiopathique comme étant au-dessus des ressources
de la thérapeutique. Cependant R. Crocker recommande l’emploi des toniques généraux ; E. Besnier croit qu'il est bon de prescrire l’arsenic et le fer, alternativement, à doses faibles et tolérées, longtemps prolongées. Shoemaker a recommandé l'emploi à l’intérieur du bichlorure de mercure où du calomel que l’on fait alterner avec la teinture d’ignatia, à la dose de XXX gouttes par jour en trois fois dans un tonique amer. Geo. Schmitz a publié deux observations dans lesquelles les cheveux auraient repoussé après deux ou trois injections de pilocarpine : il s’agit très probablement dans ces cas de pelades méconnues.
Au point de vue local, la plupart des auteurs recommandent l'emploi de frictions irritantes (voir Jackson).
Voici deux des formules les plus usitées dues à Cottle :
DMACITe ACÉIQUE EE CR 15 grammes.
Borax pulvérisé.. . . . . . . 4 — GIYCÉTINE EE 12 — AICOOL MAI CO ES PR 15 — Eau JéRTOSC RER EEE 240 — M. s. a ou bien 2% Solution officinale d’acétate d’ammoniaque. . . de10à 40 grammes. Carbonate d’ammoniaque.. . . . . . . . . . . 2 — CIVCÉTIN ESS EME AMENER HER 12 — ÉAUITeTSUTE AU MEN SANS eue 240 — M. s. a
Lorsque l'affection est à son début et qu'elle aune évolution très lente, Pincus recommande de faire pendant deux, trois ou quatre jours de suite par semaine, pendant un laps de temps variant de deux à cinq minutes chaque fois, des frictions légères du cuir chevelu avec une brosse douce ou un tampon d’ouate hydrophile trempés dans le mélange suivant :
% Bicarbonate de soude, . . . . 4 grammes. Eau distillée een 180 —
Dissolvez.
TRAITEMENT DES ALOPÉCIES. 167
Mais cette préparation doit être surtout employée quand l’alopécie prématurée idiopathique se complique de séborrhée. E. Besnier et Doyon font tenir les cheveux coupés aussi courts que possible : quand le cuir chevelu est sensible, irritable, hyperémié, ils font laver deux ou trois fois par semaine le cuir chevelu avec de l’eau un peu plus que tiède, après l'avoir frictionné avec un jaune d'œuf étendu d’eau.
Si le cuir chevelu ne présente pas de traces d’irritation, ils font faire ces lavages avec des savons doux. et en particulier avec du savon blanc amy, ydalin, réduit en poudre impalpable et mélangé à la quantité suffisante de glycérine pour faire un mélange crémeux. Enfin, si le cuir chevelu est très résistant, ils emploient le savon ordinaire, et même les savons médicamenteux au goudron, au naphtol, à l'ichthyol, etc. Si ces simples lavages ne suffisent pas, ils ont ensuite recours aux divers topiques locaux qui sont sensiblement les mêmes que ceux des séborrhées (voir ce mot).
Nous ne ferons qu’une petite objection aux diverses médications que nous venons d’énumérer. Dans une affection aussi difficile à traiter que l’alopécie prématurée idiopathique, nous croyons qu'il faut avant tout tâcher de maintenir le cuir chevelu et les cheveux dans un état physiologique parfait. S'ils sont gras, il faut les sécher un peu; s'ils sont secs, il faut, au contraire, les graisser. Or, nous envisageons surtout dans cet article l’alopécie prématurée idiopathique pour ainsi dire pure, non compliquée d’eczéma séborrhéique sec ou circiné, ou bien de séborrhée fluente. Si ces complications coexistent, on devra faire leur traitement’. Mais encore une fois, et c’est ce que tous les auteurs qui se sont occupés de la question n'ont pas suffisamment spécifié dans leurs ouvrages, l’alopécie prématurée idiopathique peut exister seule ou tout au moins tellement peu compliquée que ces complications sont négligeables. Eh bien! dans ce cas, il nous semble que l’on ne doit pas abuser des lavages fréquents ou des frictions