Voir Alopécie prématurée idiopathique pour les causes
Lorsqu'elles évoluent avec une rapidité relative, elles se relient presque toujours à un état anémique ou lymphatique très accentué. Quand elles suivent une marche subaiguë rémittente ou intermittente, elles s'observent surtout chez les femmes ou chez les jeunes filles à tempérament lymphaticoarthritique. Quand elles ont leur évolution chronique habituelle et quand elles se cantonnent, comme c’est la règle, au vertex, à la partie médiane du cuir chevelu, au nez et aux joues, elles s’observent surtout chez les hommes et se relient à la constitution dite arthritique.
Le mauvais état des fonctions digestives, la constipation opiniâtre, les troubles de la circulation tels que le froid aux extrémités et les bouffées de chaleur à la face, l’alimentation défectueuse et non appropriée à la constitution du sujet, une mauvaise hygiène générale, les chagrins violents, les soucis et les préoccupations constantes, le surmenage, les fatigues morales et intellectuelles, les excès de toute nalure, une mauvaise hygiène du cuir chevelu, etc., toutes ces causes multiples peuvent intervenir, se greffant ou non sur une constitution prédisposée, pour causer ou pour aggraver les séborrhées et les alopécies séborrhéiques.
B. — TRAITEMENT
1° Traitement général.
Admettons un instant que l’on ait rigoureusement démontré la réalité de la nature parasitaire des séborrhées ou tout au moins des séborrhées sèches et des eczémas séborrhéiques circinés; même alors il serait nécessaire, pour les bien traiter, de s'occuper du terrain et de s’efforcer de le modifier : ce qui précède semble le prouver.
Il faudra donc, quand on sera consulté pour une alopécie séborrhéique, examiner complètement le malade, s’enquérir de ses antécédents personnels et héréditaires, de l’état de ses
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organes, de son mode de vie, de son hygiène générale et de l’hygiène de sa chevelure.
On recommandera, suivant les cas, Le séjour à la campagne, l'exercice en plein air; on conseillera de ne plus se livrer à des travaux intellectuels trop prolongés, et surtout de ne pas le faire Le soir à côté de lumières dégageant beaucoup de calorique comme le gaz et le pétrole; l’alimentation sera saine, régulière, appropriée à la constitution du sujet. On surveillera les digestions, et par une médicalion convenable on tàchera d'obtenir qu'elles se fassent facilement, sans déterminer de gonflements d'estomac, de palpitations, de bouffées de chaleur à la face ; on régularisera les garde-robes; on soignera les affections des organes génitaux s’il en existe. Contre le refroidissement habituel des extrémités, on prescrira des frictions quotidiennes ou biquotidiennes sur les membres inférieurs et même sur tout le corps avec de la flanelle sèche ou imbibée d’eau de Cologne, d’alcoolat de lavande, d’alcoolat de Fioravanli ou d'alcool camphré; s’il en est besoin, on aura recours aux flagellations à l’eau froide.
Les sujets atteints d’alopécie séborrhéique sont souvent fort impressionnables ; quand leur nervosisme est vraiment trop développé, on doit donner des antispasmodiques, et en particulier des préparations de valériane.
Aux anémiques et aux alcooliques, on prescrira les /errugineux seuls ou associés à l’arsenic ; aux lymphatiques, l'huile de foie de morue, l'iodure de fer, le sirop iodo-tannique; aux arthritiques et aux goutteux vrais, les alcalins, le benzoate de soude, le carbonate de lithine, le bicarbonate de soude, associés ou non à de la gentiane, à de la rhubarbe ou à de l'aloës.
Nous devons ajouter que certains auteurs, et en particulier Dühring, recommandent d'employer dans les séborrhées le soufre et surtout les sulfures à petites doses continuées pendant des mois, par exemple le sul/fure de calcium à la dose de 1 à 2 centigrammes par jour en trois ou quatre fois.
2° Traitement local.
Dans tout ce qui va suivre, nous aurons surtout en vue nos deux premiers types morbides, le pityriasis capitis et les croûtes graisseuses du cuir chevelu ; à la fin du chapitre, nous indiquerons ce qui s'applique plus particulièrement au traitement de l’hyperidrose huileuse et de l’eczéma séborrhéique circiné.
Quand on traite une séborrhée, il faut tout d’abord nettoyer le cuir chevelu, c’est-à-dire le débarrasser des squames et des croûtes qui l’encombrent’. Si le cuir chevelu est irritable, on se servira surtout de Jaunes d'œuf étendus d’eau; s’il ne présente, au contraire, aucune trace d’inflammation, on emploiera les autres procédés indiqués, en particulier le savon doux, où un savon au naphtol, au solvéol, au goudron, etc. Lorsqu'on a terminé ce lavage, le cuir chevelu est souvent un peu rouge, lisse et tendu, surtout lorsqu'il était recouvert d’accumulations croûteuses quelque peu considérables; il donne parfois, en séchant, une sensation pénible, presque douloureuse de tension. On voit alors se reproduire avec rapidité à sa surface des squames, des croûtes ou des enduits graisseux analogues à ceux que l’on a enlevés.
Pour prévenir ces divers accidents, il est bon de mettre sur le cuir chevelu un peu d'huile ou de vaseline pure, ou de pommade, immédiatement après le lavage. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que les cheveux ne doivent jamais être ni trop secs ni trop gras; aussi ne faut-il prendre cette mesure que lorsqu'elle est indispensable pour calmer des sensations douloureuses, ou bien lorsque les cheveux sont trop secs.
D’après ce que nous avons observé, il nous semble que le soufre et ses diverses préparations sont de beaucoup les substances les plus efficaces dans les séborrhées ; aussi, quand il sera possible d’en faire usage, devra-t-on y avoir d’abord
1, Voir Hygiène de la chevelure pour plus de détails.
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recours; mais si ce médicament ne convient pas au malade, s’il est mal supporté ou s’il reste inefficace, il ne faut pas hésiter à employer un des autres procédés dont nous allons parler plus loin.
Quelle que soit d’ailleurs la méthode que l’on choisisse, il est indispensable de prévenir les malades que leurs cheveux tomberont avec encore plus d’abondance pendant les premiers jours du traitement. Les séborrhéiques ont en effet sur leur tête un certain nombre de cheveux à bulbes pleins qui n’ont plus d’adhérence et qui sont condamnés à être éliminés. Le traitement, en nettoyant le cuir chevelu, facilite leur disparition : en outre il est bon une ou deux fois par semaine que le malade tâte ses cheveux et enlève résolument tous ceux qui ne sont pas solidement implantés. Cette élimination une fois faite, les cheveux tombent ensuite de moins en moins.
Le traitement par le soufre et les sulfureux comprend quatre méthodes principales :
A. — Les lotions sulfureuses ; B. — Les lotions soufrées ; C. — Les poudres de soufre; D. — Les pommades soufrées.