Voir pour les détails l'Hygiène de la chevelure
rendre plus efficaces, on y incorpore un peu de quinine, de teinture de jaborandi, de chloral (de 1 à 4 pour 30), de teinture de noix vomique (de 1 à 4 pour 30), de feinture de capsicum où de teinture de cantharides.
Si les cheveux sont trop secs et cassants, on peut substituer les pommades aux lotions, ou tout au moins combiner ces deux moyens; faire par exemple une lotion le matin, appliquer le soir un peu de pommade sur le cuir chevelu, ou inversement.
Hardy recommandait, dans ces cas, de se servir de la pommade de Dupuytren ou bien de la pommade au /annin ou à l'acide gallique :
2% Moelle de bœuf. . . . . . 20 grammes.
Huile Re CE EEE 0 — Acide gallique "1 —
On peut remplacer dans cette formule la moelle de bœuf par de la vaseline et aromatiser avec V gouttes d'essence de lavande (Monin).
Bazin employait une préparation analogue : 20 grammes de moelle de bœuf pour 10 grammes d'huile d'amandes douces; parfois il y ajoutait 2 grammes de sulfate de quinine et 1 gramme de baume du Pérou pour aromatiser.
Quand on prescrit des ppmmades qui renferment des substances susceptibles de raneir, il faut recommander aux malades de les renouveler dès qu'elles commencent à subir cette modification.
Parmi les autres préparations qui ont été préconisées pour faire repousser les cheveux, citons la pommade et l'huile philocomes, la pommade de Schneider, la teinture de Cauderer, la pommade de Boucheron, ete. Mais il est vraiment inutile d’en donner les formules.
Quand on ne fait usage que des lotions excitantes, il faut mettre de temps en temps sur les cheveux, quand ils semblent être trop secs, soit un peu d'huile d'amandes douces, soit un
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‘huile de ricin, soit même un peu d'huile antique, soit peu d'huile de ricin, le mélange que nous employons souvent :
2% Huile de ricin. . . . . . : 20 grammes.
Teinture de quinine.
Teinture de romarin.
Teinture de jaborandi.
Rhum...
Agiter violemment avant de s’en servir.
A nl
Alopécie syphilitique.
À. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
L’alopécie syphilitique peut être consécutive à des lésions syphilitiques du cuir chevelu, soit secondaires, soit tertiaires. Dans ce cas, si Le follicule pileux a été détruit par le processus suppuratif ou ulcéreux, l’alopécie est définitive : le traitement de cette variété d’alopécie se confond avec le traitement des lésions qui peuvent la produire.
L’alopécie syphilitique dont nous devons nous occuper est une alopécie sans lésions cutanées prémonitoires appréciables à l’œil nu; nous disons appréciables à l'œil nu, car on peut toujours se demander s'il n’y avait pas eu antérieurement, aux points atteints, quelque manifestation syphilitique fugace, de la roséole par exemple. Cette chute de cheveux semble dépendre de la modification générale que l'infection syphilitique fait subir à tout l'organisme. Elle survient d’ordinaire dans le cours des premiers mois qui suivent le chancre.
Son grand caractère objectif est d'être disséminée sur tout le cuir chevelu et d’être disposée en clairières irrégulières, d'où son nom d'alopécie en clairières. Elle est presque pathognomonique de la syphilis. Les cheveux sont secs, ternes, comme amineis : ceux qui tombent sont pour la plupart des
cheveux à bulbe plein normalement conformés; certains d’entre eux présentent des altérations atrophiques marquées au niveau de leur racine (Darier). Ils tombent rapidement : tous les degrés d’ailleurs peuvent s’observer dans leur chute, depuis le simple éclaircissement de la chevelure qui devient surtout évident vers les tempes, jusqu'à la calvitie complète, laquelle peut même parfois être généralisée à tout le corps, ce qui est fort rare. L’éclaircissement de la région externe des sourcils accompagne fort souvent l’alopécie cranienne; mais cette alopécie sourcilière externe est bien plus souvent un symptôme de kératose pilaire qu'un symptôme de syphilis. Le cuir chevelu est fort souvent recouvert d’une couche légère de séborrhée sèche.
Contrairement au préjugé vulgaire, la syphilis n’a jamais, par sa seule influence, causé de calvitie définitive. Quand le sujet est jeune, bien constitué, s’il n’y a pas dans sa famille d'alopécie héréditaire prématurée idiopathique, s'il n’est pas atteint lui-même de cette affection, il voit toujours repousser ses cheveux sous la seule influence de l'hygiène et du traitement général, sans qu'il ait besoin de recourir au moindre topique.
B. — TRAITEMENT
Le meilleur traitement de l’alopécie syphilitique est donc le traitement interne de la syphilis, et surtout le traitement interne préventif, tel que le fait pratiquer le professeur Fournier. Si l’on institue dès le début de la vérole une médication générale méthodique, on n'observera le plus souvent aucune alopécie, ou bien celle qui se produira sera insignifiante.
On peut aussi, pour la prévenir, faire sur le cuir chevelu des frietions quotidiennes ou bi-hebdomadaires avec un liquide excitant quelconque, en particulier avec une solution de bechlorure de mercure.
Quand l’alopécie syphilitique est produite, il n'y a réellement à s’en inquiéter, comme nous venons de le dire, que
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chez les personnes âgées prédisposées à la calvitie; cependant on peut aider à la rénovation des poils en se servant des pro-
cédés suivants.
Voici l’une des prescriptions de Mauriac :
1° Appliquer sur le cuir chevelu matin et soir de la pom-
made suivante :
2% Moelle de bœuf. . . . . . .. 30 grammes.
Sulfate de quinine. . . . 7. ; di gr, f Turbith minéral. De SEE M s.a.
2° Faire alterner ces applications tous les deux jours avec des lotions pratiquées avec la solution suivante :
2% Eau distillée . . . . . . . . . 300 grammes. Carbonate de soude. . . . } ,, àà 1 = Borax. a j
Dans son magnifique ouvrage sur le Traitement de la syphilis, le mème auteur se contente de prescrire une lotion tous les soirs sur le cuir chevelu avec une brosse à brillantine très douce imbibée de la préparation suivante :
2 Alcoolat de romarin. . . . . . 200 grammes. Teinture de Baumé.
Teinture de cantharides. . } àà 10 — Liqueur de Fowler.
E. Besnier formule ainsi qu'il suit le traitement complet de cette variété d’alopécie :
1° Couper ras les cheveux;
2° Savonner le cuir chevelu à l’eau chaude tous les matins ;
3° Mettre ensuite la pommade suivante :
2% Acide salicylique. ., . . . . . . 1 gramme. Soufre précipité. . . . . . . . 10 -- Lanoline. NE
äà 50 —
Vaseline pure. .
4° Le soir, frictionner avec une brosse douce imbibée de :
2% Alcoolat de romarin. . . . . . 100 grammes. Teinture de cantharides. . . . 10 — Ou acide salicylique. . . . . . I —
Parmi les autres topiques les plus recommandables, signalons les lotions au bichlorure de mercure au cinq centième ou au miliième suivant la susceptibilité du cuir chevelu, les pommades à l’oryde jaune d’hydrargyre au vingtième ou au quinzième, les pommades au {urbith minéral ou au chloramidure de mercure.
Des séborrhées.
A. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
On comprend encore à l'heure actuelle, sous le nom vague et dénué de sens précis de séborrhée, toute une série d'affections complexes dont la nature réelle est des plus discutées. Nous ne pouvons, dans un ouvrage de cette nature, traiter cette question si controversée avec tous les développements qu'elle comporterait. Nous allons nous borner à définir, aussi nettement qu'il nous sera possible de le faire, les principaux types cliniques qui sont encore à l'heure actuelle, à tort ou à raison, désignés par la plupart des dermatologistes sous ce nom; puis nous en exposerons la thérapeutique.
Depuis longtemps, on a remarqué que, chez beaucoup de personnes, l’alopécie progressive et fatale qui survient entre vingt-cinq et quarante ans s'accompagne de la production sur le cuir chevelu de nombreuses petites squames fines, pilyriasiques, qui poudrent en quelque sorte les cheveux et qui se répandent parfois en assez grande abondance sur les vêtements du malade. Le cuir chevelu semble néanmoins ne pas ètre profondément atteint, car, dans la grande majorité des
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cas, il conserve sa coloration, son aspect blanchâtre, son épaisseur normale, et ne suinte pas. Parfois, cependant, il prend une légère teinte rosée et est comme œdémateux. On peut également observer ces symptômes chez des personnes jeunes qui ne perdent pas leurs cheveux, ou tout au moins qui ne les perdent pas encore. Souvent même, ils précèdent pendant plusieurs années le début de l’alopécie.
Les anciens dermatologistes avaient pensé qu'ils se trouvaient en présence d’une affection spéciale, uniquement caractérisée par cette desquamation, et ils lui avaient donné le nom de pityriasis du cuir chevelu; ce sont les pellicules du vulgaire.
Is avaient, d'autre part, remarqué que parfois le cuir chevelu devient huileux : il semble que les glandes qu'il renferme entrent en suractivité et déversent au dehors une sécrétion graisseuse plus ou moins abondante. Parfois cette sécrétion se concrète à sa surface sous la forme de ecroûtes molles, graisseuses, plus ou moins adhérentes (acné sébacée de Biett et de Cazenave). Parfois le flux est tellement abondant que les cheveux en sont comme inondés (flux sébacé de Rayer).
On a enfin depuis fort longtemps remarqué qu'il se forme chez certaines personnes sur la partie antérieure de la poitrine ou sur Le dos entre les deux épaules des plaques rouges ou d'un rose bistre, plus ou moins étendues, figurées, qui coïncident d'ordinaire avec du pityriasis du cuir chevelu. Mais quand on regarde alors d’un peu près ce pityriasis, on s’apercoit qu'il est lui aussi figuré, disposé par plaques plus ou moins irrégulières, circinées, et qu'au-dessous des squames le cuir chevelu est rosé, parfois même franchement rouge. Il s’agit dans ces cas de ces formes éruptives si spéciales d'aspect que l’on a longtemps désignées sous le nom d’eczéma acnéique, eczéma flanellaire, eczéma fiquré, circiné et marginé, lichen annulatus serpiqinosus, circinaria, etc., etc., et que nous avons maintenant l'habitude de désigner sous le nom d’eczéma séborrhéique circiné : c’est notre séborrhéite circinée du devant de la poitrine et du cuir chevelu.
La question a changé de face avec les travaux de l’école de Vienne. Pour Hebra, la desquamation pityriasique du cuir chevelu n'est plus qu’un symptôme : la maladie réelle est une anomalie de sécrétion des glandes cutanées qu'il désigne sous le nom de séborrhée. Elle peut, d'après lui, se présenter « sous deux formes distinctes : la sehborrhæa oleosa seu adiposa, dans laquelle le cuir chevelu est recouvert d’une substance huileuse; la seborrhæa sicca seu squamosa, qui consiste parfois dans la formation de pellicules de sébum desséché, d’une couleur gris sale ou jaune pâle, assez fortement adhérentes à une peau saine ou peut-être légèrement rouge, parfois dans la formation d’écailles semblables à du son, reposant sur un tégument sain (pityriasis furfuracea, pilyriasis capillitii). » Ces diverses variétés ne sont que des modifications d’une seule et même maladie, car leurs symptômes coexistent parfois chez le même individu : elles peuvent se transformer l’une dans l’autre, et leurs produits morbides sont histologiquement et chimiquement constitués par les mêmes éléments (Hebra, traduct. Doyon).
Les idées que professe Unna sur ces processus morbides sont toutes différentes. Pour le célèbre dermatologiste de Hambourg, il n'existe pas une hypersécrétion des glandes sébacées se caractérisant cliniquement par le symptôme dit séborrhée sèche. Toutes les séborrhées, à l'exception de la séborrhée huileuse (qu'il appelle hyperidrose huileuse, car, d’après lui, ce sont surtout les glandes sudoripares qui sécrètent la graisse), et du vernix caseosa, sont des catarrhes inflammatoires ou mieux des parakératoses inflammatoires de la peau : elles constituent ce qu’il appelle l'eczéma séborrhéique. 1 s'appuie pour soutenir son opinion sur des arguments d'ordre histologique, étiologique et clinique.
Au point de vue histologique, les eczémas séborrhéiques présentent les quatre caractères suivants : 1° une parakératose de l’épiderme; 2° une prolifération épithéliale (acanthose); 3° une inflammation plus ou moins profonde du derme ; 4° une augmentation de la sécrétion graisseuse de la peau,
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indice d’une activité plus grande des glandes sudoripares.
Au point de vue étiologique, les catarrhes séborrhéiques sont essentiellement parasitaires. Les parasites qu'Unna regarde comme étant les plus importants sont les bacilles en forme de bouteille (Faschenbacillen, spores de Malassez), les morocoques, lesquels se distinguent des staphylocoques en ce qu'ils ont une enveloppe muqueuse fine, mais solide, grâce à laquelle ils forment des amas réguliers, des sortes de cocci volumineux doubles ou quadruples, incomplètement divisés, ayant l'aspect de cocci géants, et même des amas volumineux müriformes, lesquels rendent la présence des morocoques très facile à reconnaître; ces morocoques seraient, d’après l’auteur allemand, les microbes pathogènes de l’eczéma en général. Il existerait aussi en plus un petit bacille fin spécial. Ces microbes joueraient un rôle capital dans la production des eczémas séborrhéiques ; partout où ils trouvent dans la couche cornée un terrain favorable de culture, ils se multiplient, ramollissent peu à peu la couche cornée environnante; leurs toxines pénètrent dans la couche épineuse et attirent de plus en plus d’exsudat de caractère séro-fibrineux mélangé seulement de quelques leucocytes. Peut-on appliquer également la théorie du chimiotaxisme à la séborrhée? Outre le sérotaxisme et le fibrinotaxisme, y a-t-il aussi un sébotaxisme provoqué par certains organismes? Unna le pense sans pou- .voir cependant l’affirmer d'une manière tout à fait précise.
Au point de vue clinique, Unna fait remarquer qu'il existe toute une série de transitions entre la simple desquamation sèche ou graisseuse du cuir chevelu, et les éruptions diverses prurigineuses, avec croûtes épaisses, chaleur, rougeur, humidité de la peau, que tous les dermatologistes consentent à regarder comme des eczémas du cuir chevelu. Toute cette longue série de manifestations morbides, depuis la plus simple en apparence jusqu'à la plus inflammatoire et la plus suintante, ne sont que des formes différentes de la même entité morbide.
Nous ne pouvons qu'esquisser celle conception vraiment
séduisante, et nous renvoyons pour son étude un peu diffcile et complexe aux savants et nombreux mémoires que l’auteur a publiés sur ce sujet.
Que devons-nous retenir de cet exposé au point de vue pratique, le seul qui doive nous occuper ici? Les quelques faits cliniques suivants :
1° Que des sujets atteints de simple pityriasis du cuir chevelu sont très exposés à perdre leurs cheveux dans un avenir plus ou moins rapproché, quoique cette chute puisse fort bien ne jamais se produire chez eux;
2° Qu'assez souvent ils voient leur cuir chevelu primitivement sec devenir huileux, et vice versa;
3° Qu'assez fréquemment ils voient survenir des démangeaisons plus ou moins fortes, et parfois des manifestations eczémateuses diverses.
4° Que presque tous ces phénomènes s’accompagnent de chute plus ou moins abondante des cheveux.
Nous plaçant au point de vue des alopécies, et envisageant la question au seul point de vue thérapeutique, nous devons donc étudier, dans le groupe énorme des séborrhées, les quatre types cliniques suivants (nous laissons en effet de côté Les véritables éruptions eczémateuses, qu'elles soient psoriasiformes, sèches ou suintantes, car leur traitement est exposé à propos de l'Eczéma).
4° La séborrhée sèche ou pityriasis capillitii ou eczéma séborrhéique sec du cuir chevelu.
Ce type morbide est constitué objectivement par des squames sèches fines, furfuracées, quelquefois un peu grasses (faits de passage entre ce type et le type suivant), plus ou moins adhérentes et abondantes, qui recouvrent le cuir chevelu, qui tombent et se reproduisent avec rapidité; le cuir chevelu paraît être sain; il a d'ordinaire sa coloration normale; parfois le malade éprouve des démangeaisons plus ou moins vives, intolérables dans quelques cas; il se gratte et fait tomber des parcelles d'épiderme, provoque même,
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quoique fort rarement, des excoriations suivies de croûtelles; mais il n’y a aucun vestige d'inflammation dermique sous-jacente. Ce processus morbide est des plus fréquents; il peut exister fort longtemps sans que la vitalité des cheveux soit le moindrement compromise; beaucoup plus souvent, il s'accompagne, au bout d’un laps de temps plus ou moins long, de chute des cheveux, puis d’alopécie; il complique souvent l’alopécie prématurée idiopathique, ete.
2° La séborrhée concrète ou croûtes graisseuses du cuir chevelu.
Ce type est constitué objectivement par des squames mélangées à une assez grande quantité de sébum, formant des amas de squames, ou mieux des sortes de croûtes, d’un jaune sale, graisseuses, plus ou moins sèches ou humides, d'une coloration qui varie du blanc grisàâtre au brun foncé, adhérentes au cuir chevelu, lequel peut être au-dessous d'elles, dans quelques cas, rouge, humide, congestionné; les lésions ont de la tendance à empiéter sur les parties voisines des tempes et du front et à dépasser le cuir chevelu d'environ un centimètre; elles s'arrêtent suivant un bord assez net; toutes les formes de transition existent entre ce type, le précédent, le suivant et les formes éruptives auxquelles nous donnons maintenant le nom d’eczéma séborrhéique psoriasiforme; ce type constitue l'acné sébacée concrète des vieux auteurs français, la forme intense de la séborrhée sèche d’'Hebra, la variété crouûteuse de l’eczéma séborrhéique d'Unna ; nous le désignons provisoirement sous le nom purement clinique et objectif de croûtes graisseuses du cuir chevelu.
3° La séborrhée huileuse ou hyperidrose huileuse du cuir chevelu.
Ce type est le Aurus sebaceus, l'acné sébacée fluente des vieux auteurs français, l'acné sébacée liquide ou huileuse de E. Besnier, la seborrhœa oleosa seu adiposa d'Hebra-
Kaposi; c'est le seul processus morbide vraiment digne, pour Unna, du nom de séborrhée, puisque tous les autres sont pour lui des eczémas; il est constitué, au point de vue objectif, par la production sur le cuir chevelu, et presque toujours en même temps sur le visage, d’une couche de matière huileuse, grasse, plus ou moins abondante. Le derme peut dans certains cas être rouge et congestionné; l’hypersécrétion glandulaire peut être tellement considérable que les orifices des glandes semblent être comme dilatés et béants, et qu'après avoir essuyé le cuir chevelu, on voit presque immédiatement des gouttelettes de liquide sourdre de ces orifices.
4° L’eczéma séborréique circiné proprement dit du cuir chevelu.
Ce type morbide est caractérisé par des squames plus ou moins sèches ou graisseuses disposées en circinations ou en plaques fort souvent figurées, reposant sur un derme à peine rosé ou rouge, plus ou moins enflammé, ne suintant guère qu'après des applications irritantes; les démangeaisons sont parfois insupportables; presque toujours on observe en même temps, chez les sujets qui en sont atteints, une éruption analogue située sur le tronc, entre les deux épaules, ou sur le devant de la poitrine; ce type a d’étroites relations avec le pityriasis simplex du cuir chevelu (notre premier type). Nous en avons donné plus haut la synonymie.
L'alopécie s’observe dans ces quatre types; elle a la même évolution, la même résistance à la médication dans ces quatre formes, néanmoins l'hyperidrose huileuse est peut-être la plus rebelle. Tout d’abord, surtout dans le pityriasis simplex et dans l’eczéma séborrhéique circiné, les cheveux semblent être solides; peu à peu, cependant, on les voit s’éclaircir, s'amincir, pousser avec moins de rapidité qu'’autrefois; à partir de ce moment, le processus alopécique devient appréciable au malade, et il semble dès lors évoluer avec une rapidité désolante : les cheveux deviennent de plus en plus fins et grêles, jusqu’à ce qu'il ne reste plus qu'un fin duvet, lequel disparaît
TRAITEMENT DES ALOPÉCIES. 183
à son tour. L'évolution, les localisations de ces alopécies sont les mêmes que celles de l’alopécie prématurée idiopathique *.
Quand d’autres alopécies comme la pelade, par exemple, viennent se greffer sur des alopécies séborrhéiques préexistantes, elles sont tout particulièrement rebelles.
Les alopécies séborrhéiques s’observent surtout chez les hommes de vingt-cinq à trente-cinq ans. Depuis quelque temps, elles deviennent assez fréquentes chez les femmes et chez les jeunes filles de quinze à vingt-cinq ans?. Elles sont, chez elles, d'ordinaire passagères, à coup sûr moins rebelles et moins complètement fatales que chez l’homme. Un de leurs sièges de prédilection est dans ce cas la région temporale; elles siègent aussi très fréquemment aux sourcils et aux cils.
Les séborrhées et les alopécies séborrhéiques peuvent se développer très rapidement et accidentellement à la suite de maladies aiguës graves, d'épuisements transitoires et curables tels que les grandes hémorragies, certaines anémies, la grossesse, etc.; dans tous ces cas elles ne constituent qu’un épiphénomène sans trop d'importance ; presque toujours la chute des cheveux s’arrête, les symptômes séborrhéiques disparaissent, et toutrentre dans l’ordre avec le retour complet à l’état de santé, soit spontanément, soit sous l'influence d’un traitement général et local approprié.
Tout autres sont les vraies séborrhées, celles que nous appelons essentielles, et que nous avons surtout en vue dans cet article. Elles ontune évolution lente, progressive et fatale ; il est difficile de leur assigner une étiologie précise. Ilest vrai qu'on a maintenant de la tendance à leur attribuer une origine microbienne. Nous croyons même personnellement au bien-fondé de cette opinion; mais il n’en est pas moins vrai que la question du terrain nous parait être ici fondamentale, et c’est surtoutà ce point de vue que leur pathogénie est encore fort indécise.