‹ Traité de thérapeutique appliquée (volume 3)Chapitre 58 sur 111 · C. — PROPHYLAXIE DANS LA FAMILLE · texte numérisé non relu

C. — PROPHYLAXIE DANS LA FAMILLE

Un cas de pelade survient dans une famille, quelles mesures de prophylaxie faut-il prendre pour empêcher la contagion ?

À mon avis, il faut se garder des mesures excessives, tant la contagiosité extérieure de la pelade me semble minime.

J'ai vu conseiller des désinfections générales d’un appartement, la séquestration du malade, l'éloignement des enfants sains, proscrire entre deux conjoints, non seulement le lit commun, mais la chambre commune. Rien de tout cela ne semble utile.

Je sais bien que dans une telle discussion j'aurai contre moi tous ceux qui tiennent pour l’origine parasitaire de la pelade. Cela ne change pas un avis basé sur l'examen rigoureux des faits tels qu'ils se présentent.

Personne n’est plus convaincu que moi de l’origine parasitaire de la pelade. Mais ceci admis (prouvé par des faits convaincants quoique très rares) ne change rien au fait observé

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mille fois de peladiques cohabitant avec des personnes saines et ne les contaminant pas pour une fois où la contagion surviendra.

Tout se passe comme si le germe inconnu demandait pour vivre le terrain spécial de celui sur qui il a fait élection, — ou comme si la contagion pour se produire demandait une inoculation avec effraction, — ou encore, et plus généralement, comme si un germe sur des millions se trouvait seul capable de reproduire la maladie.

Quelque hypothèse qu'on admette, le fait est que la contagiosité de la pelade est spéciale et très faible, presque nulle dans les conditions de simples rapports familiaux.

Il n'y a du reste pas lieu de s'étonner outre mesure d'une maladie contagieuse, si peu et si spécialement contagieuse, quand on voit d’autres maladies comme la lèpre où pullule incroyablement le parasite causal, ne montrer aucune .conlagion en nos pays.

Est-ce à dire qu'aucune précaution de prudence ne doive ètre prise dans ces cas? Assurément non.

Le malade doit avoir son lit à part, ses instruments de toilette à lui, ses vêtements et: ses coiffures à lui. On peut si l'on veut, et cela vaut mieux, lui conseiller de garder partout la tête couverte. À ces précautions doivent se borner les soins prophylactiques dans la famille.

Il va sans dire que, si une seconde contamination survenail, faudrait aussitôt prescrire lisolement relatif des malades.

les mesures à prendre devraient être bien plus sérieuses ; Mais ce sont là des faits si rares que, hors le spécialiste, le médecin peut n’en pas voir un seul cas dans sa vie entière.

EL quand on songe qu'à la longue le médecin n'empêche guère deux conjoints, dont un peladique, de reprendre le Hit commun sans voir pour cela dans l'immense majorité des cas la contagion s'étendre de l’un à l’autre, on comprendra que l'observateur trouve excessives la plupart des mesures de séquestration qui ont été préconisées contre les peladiques isolés.

Je le répète. La conduite du médecin serait tout autre si un seul cas de contagion nouvelle survenait. Mais ce fait est trop rare pour dicter une conduite aveuglément semblable en tous cas.

Nous l’avons dit, ces mesures de surveillance douce seraient déplacées dans un groupe scolaire ou militaire; mais dans la famille, les mesures rigoureuses cliniquement nous

semblent injustifiées.

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