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D. — COMPLICATIONS ET RETENTISSEMENTS RÉNAUX ET URINAIRES

4° Albuminurie.

On a signalé depuis longtemps les albuminuries d'origine dyspeptique qui forment l'un des groupes les plus indiscutés parmi les albuminuries fonctionnelles’, mais on n'a pas encore donné les caractères cliniques à l’aide desquels on peut sûrement les distinguer, car-il ne suffit pas de la coïncidence d’une albuminurie même minime avec des troubles dyspeptiques pour subordonner immédiatement celle-ci à ceux-là. Et comme, dans l’albuminurie dyspeptique,un traitement bien dirigé est ordinairement curateur, il importe beaucoup de savoir en faire exactement le diagnostic, d'autant que j'ai l'intime conviction que ces albuminuries, d’abord fonctionnelles et secondaires, peuvent devenir à la longue lésionales et aboutir à l’une des formes de la maladie de Bright.

Ou bien l’albuminurie dyspeptique est méconnue, ou elle est considérée comme lésionale et brightique, ou encore elle est traitée d’albuminurie cyclique, intermittente ou physiologique ?. Elle est assez fréquente pour que je l’aie observée dans un dixième des cas d’hypersthénie gastrique. Elle n’est nullement en rapport avec l'hypertrophie du foie.

On la reconnait aux caractères suivants :

1° Coïncidence de l’albuminurie et des signes essentiels de l'hypersthénie gastrique (HCI en excès dans le contenustomacal, conservation où exagération de l'appétit coïncidant avec l'aspect déprimé ou amaigri du sujet, distension variable de l'es-

. Voir les très remarquables ri SPORE ŒARNozax et de TaLaAmox au Congrès

Fe Nancy, en 1896. -

2, J'ai vivement combaltu-cette soi-disant variété de l’albuminurie fonctionnelle. Il n'y à pas d’albuminurie physiologique. Toutes celles que j'ai rencontrées où qui m'ont été soumises, étaient d'origine dyspeptique ou phosphaturique. (Azgertr RoBix. — Des albuminuries phosphaturiques. Bulletins de l’Aca-

démie de médecine, 1S91.)

tomac, hypertrophie fonctionnelle et variable du foie, coprostase, crises gastriques).

2° Quantité d’albumine variant depuis des traces impondérables jusqu’à 1 gramme, rarement 1#",50, mais jamais au delà. Ordinairement, la quantité oscille de quelques centigrammes à 02,50. Donc albuminurie minima.

3° Cette albumine est uniquement formée de sérine. Quand on trouve de la globuline, c’est à l’état de traces impondérables (Albert Robin et Cloetta).

4° Coexistence fréquente de la phosphaturie.

5° Urée augmentée ; élévation du coefficient d’oxydation azotée ; diminution du chimisme respiratoire (Albert Robin et Maurice Binet).

6° Coexistence de la glycosurie passagère dans le dixième des cas.

1° L’albumine ne se rencontre habituellement que dans l'urine de la digestion ou après la marche. Le matin, après le jeûne et le repos de la nuit, l’'albumine manque presque toujours.

8° Si l’on enjoint au malade de garder le lit pendant quelques jours, sans mettre pied à terre, l'albumine disparait totalement, même dans l'urine de la digestion.

9% Le sédiment urinaire renferme souvent de l'acide urique ou des urates, mais pas de cylindres vrais.

L'albuminurie gastrique reconnue, on mettra le malade au régime lacté absolu pendant vingt-cinq à trente jours en lui faisant suivre concurremment le traitement de l’hypersthénie avec les gouttes composées à la so/anine avant les prises de lait; la pepsine après les prises de lait; les cachets composés à la magnésie hydratée à la moindre sensation de pesanteur stomacale, d’aigreurs ou de pyrosis, les pilules purgatives à l’aloès. Ordonner en même temps le repos au lit, ou, tout au moins, un long séjour au lit et un minimum de mouvement, avec l’urgente obligation de s'étendre après chaque prise de lait et de demeurer ainsi pendant plus d’une demiheure avec un appareil à cireulation d'eau chaude sur l'estomac.

La deuxième période du traitement comprend le régime lacté et végétarien avec des œufs. à la coque comme unique aliment animal. Pendant cette période, on essaie d’atténuer le traitement médicamenteux.

Dans la troisième période, on cesse le lait; on introduit dans l'alimentation quelques poissons comme la sole et le merlan, puis le bœuf rôti ou le poulet, tout en laissant une grande prédominance à l'alimentation végétale. Eau de Condillac en boisson, pure ou avec un peu de vin blanc ou rouge. Entre les deux premiers repas, à égale distance de l’un et de l’autre, 250 grammes d’eau de Saint-Nectaire, source Sainte-Césaire ou source Maurange, en deux fois, à un quart d'heure de distance.

Après ces trois périodes, il est rare que l’albuminurie n'ait pas disparu ou, tout au moins, ne soit devenue exceptionnelle. On fera faire, à ce moment, une cure d’eau de Saint-Nectaire à la maison, à moins que la saison ne permette une cure sur place. Et pendant plusieurs années, on renouvellera cette cure, jusqu’à ce qu'une année entière se soit écoulée sans réapparition de l’albumine.

Si l’albumine ne disparaît pas après ce traitement, on suivra les indications données au sujet du traitement des albuminuries phosphaturiques *.

S'il n'y a pas de phosphaturie, on reviendra peu après au régime normal, ce qui permettra de tenter la médication acide par l'acide sulfurique et Vacide nitrique alcoolisés *.

L'insuccès de ce dernier traitement fera tenter la cure de lavage à Évian ou à Contreréville, surtout si l’urine contient un dépôt urique ou uratique.

Enfin, quand l’albuminurie persiste malgré tout, ce qui est exceptionnel, poursuivre énergiquement le régime, et tenter la médication ferrugineuse (fer réduit par l'hydrogène) ou la médication tannique.

1. Voyez TRAITEMENT DES ALBUMINURIES PHOSPHATURIQUES, fascicule 1°", p. 187. 2. Voyez page 252.

20 Émissions laiteuses. — Gravelle et calculs phosphatiques. — Hématurie.

Cette complication assez fréquente de l'hypersthénie n'avait point encore été signalée’. Elle se présente sous trois variétés.

Dans la première, la plus atténuée, les malades se plaignent d’avoir des émissions laiteuses avec pesanteur lombaire et ténesme vésical. Il y a de la faiblesse intellectuelle, des vertiges, de l’amnésie, de la dépression et de l'irritabilité nerveuse, de l’insomnie, des intermittences cardiaques, de la lassitude physique.

Dans la deuxième, l'émission laiteuse s'accompagne de la formation de masses calculeuses, blanches comme de la craie, de consistance pâteuse, qui ne sont expulsées qu'au prix de vives douleurs et de véritables crises.

Dans la troisième, qui n’est qu'une période plus avancée de l'affection, il y a, de plus, des hématuries.

Le traitement de cette complication comprend plusieurs étapes.

À. — Première étape. — Traitement régulier de lhypersthénie gastrique, en commencant par la période du régime lacté absolu, qui devra ètre prolongée pendant quatre semaines environ.

B. — Deuxième étape. — Cesser les médicaments de lapremière étape. Insister sur l’alimentation azotée, les légumes verts et les fruits, en restreignant les féculents et les sucres. Choisir les aliments les plus riches en phosphates et en potasse. Autoriser le beurre cru, qui restreint la désassimilation phosphatique.

À ce moment, commencer la médication acide, en donnant après chaque repas, une puis deux grandes cuillerées de la mirture acide de Coutaret, dont on peut porter la dose à six et même huit cuillerées par jour, suivant les cas. Continuer Jusqu'à ce que l’urine soit acide à 1 émission

4. ALBenT RoBix. — Traitement des maladies del'estomac, chap. X. (En préparalion.)

C. — Troisième étape. — On cesse alors la médication acide et l’on commence la médication arsenicale :

DPATSÉDIALe TES OUT MEET EC O08r,05 Eau disulée PER NN DDR rammEs

Dissolvez. Une cuillerée à entremets au commencement du déjeuner et du diner, en mélangeant la dose avec égale quantité de lait, pour éviter l’action directe du médicament sur la muqueuse de l'estomac.

Puis on passera aux Lypophosphites où aux glycérophosphates, suivant la tolérance stomacale, les glycérophosphates étant plus facilement tolérés que les hypophosphites. Les injections sous-cutanées de glycérophosphate de soude sont de la plus grande efficacité. À cette étape du traitement, on se trouve fort bien d'y associer les inhalations d'oxygène.

D. — Quatrième étape. — Le plus souvent, elle est superflue. Mais si les sujets restent pâles et atones, et si l'estomac est tolérant, on donnera la #nédication ferrugineuse, dont les agents les mieux tolérés sont le /er réduit par l'hydrogène, le tartrate de fer et de potasse, le carbonate et le citrate de fer. Voici une formule que je prescris volontiers.

> Citrate de fer ou tartrate ferrico-potassique. 08,10

Extrait de noix vomique. . . . . . . . . . O08r,0025 PoudreidopDIuM bu PE RE DE 0!

Pondrerdemhubarbe MER EE UE 05 Extraitidersentiane EN EE EDS Pour une pilule. — Prendre une pilule au milieu des deux

principaux repas.

E. — Cinquième étape. — Hydrologie. — Hydrothérapie par la douche écossaise. — Pour les arthritiques à coefficient d'oxydation azotée abaissé : Brides, Saint-Nectaire, Royat.

Pour les malades très excitables : Plombières, Néris, Badenweiler, Schlangenbad, Ragatz.

Pour les malades déprimés : Biarritz, Salies-de-Béarn, Salins, Rheinfelden.

E. — coMPLICATIONS ET RETENTISSE MENTS

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