‹ Traité de thérapeutique appliquéeChapitre 135 sur 178 · À. — TROUBLES DIGESTIFS · texte numérisé non relu

À. — TROUBLES DIGESTIFS

1° Parmi les symptômes de la première catégorie, les troubles digestifs méritent une mention toute spéciale, en raison de leur importance et de leur fréquence. Ce sont des troubles d'ordre nettement dyspeptique : anorexie, pesanteur d’estomac après les repas, difficulté et lenteur des digestions, etc.

Ces troubles de la fonction gastrique sont habituellement les premiers en date : ce sont ceux qui remplissent ordinairement cette période initiale qui peut durer fort longtemps, des mois et même des années, et pendant laquelle le diagnostic reste incertain et obscur, d'autant que chacun d'eux considéré à part n'offre rien de pathognomonique, rien qui le distingue nettement du même symptôme tel qu'il s'offre dans d’autres affections (gastrite chronique, dyspepsie).

Cependant on peut dire que l’'anorexie à quelque chose de

spécial. Elle est en quelque sorte élective, en ce sens que l’absence d'appétit se complique d’un dégoût particulier pour certains aliments à l'exclusion des autres. Ainsi le dégoût de la viande et des matières grasses est assez fréquent pour acquérir aux yeux de quelques-uns une valeur presque spécifique. Mais cette règle comporte des exceptions, et il y a des cas où l’anorexie fait défaut, non seulement au début du mal, mais aussi dans ses phases ultérieure et terminale’.

Quoi qu'il en soit, ces troubles digestifs de la période initiale offrent une extrème importance, et le médecin doit s’efforcer de les combattre, avec la persuasion qu'il pourra réussir dans nombre de cas et améliorer son malade, même lorsque la certitude d’un diagnostic bien établi enlève l'espoir d’une guérison radicale. Mais, au préalable, il est nécessaire de connaître le fonctionnement chimique de l’estomac atteint de cancer, si l’on veut être en mesure d’instituer ce qu'il y a de plus important ici : un régime diététique rationnel.

Ce fonctionnement est vicié de bonne heure, comme il résulte des analyses très nombreuses que l’on a instituées aux diverses périodes de l’évolution de la maladie. Il y a diminution de la quantité de suc gastrique sécrétée, et altération quantitative de cette sécrétion sous forme de diminution de l'acide chlorhydrique qu’elle renferme à l’état normal. Apepsie et anachlorhydrie, telles sont les bases cliniques du chimisme chez les sujets atteints de cancer gastrique, d’après Albert Robin, qui s’empresse du reste de reconnaître que ces deux caractères n'ont pas une valeur absolue, puisqu'on les rencontre dans de simples dyspepsies par insuffisance, et dans la plupart des gastrites chroniques.

L'hypochlorhydrie est cependant considérée aujourd'hui comme la règle chez les sujets atteints de cancer de l’estomac, à telle enseigne que certains auteurs ont voulu en faire un moyen de diagnostic à peu près certain. Albert Robin, qui à pratiqué un grand nombre d'analyses, reconnaît que

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