B. — TRAITEMENT DE QUELQUES SYMPTÔMES EN PARTICULIER
Il peut arriver, durant l’évolution de la maladie, que certains symptômes acquièrent une prédominance momentanée et imposent, par conséquent, une intervention spéciale. De ces divers symptômes, les uns sont très fréquents, sinon constants, comme la douleur, les vomissements, les hématémèses, etc. ; les autres, d'ordre éventuel et plus rares, plus graves aussi peut-être, méritent bien le titre de complications: la perforation, la phlegmatia, ete. Nous les examinerons dans cet ordre.
4° Douleur.
C'est un phénomène habituel, on pourrait dire constant, chez les cancéreux de l'estomac. La modalité et l'intensité en sont très variables, et il existe à ce point de vue presque autant de nuances que de malades. Il y a des cas où l’on se trouve en présence d’une véritable gastralgie, d’une acuité comparable de loin à celle de la gastralgie qui accompagne l’ulcère simple; d’autres où la douleur spontanée est à peu près nulle, où seule la pression directe de la région épigastrique éveille une sensation pénible. On a même cité des faits de cancer indolent qui évoluent jusqu’à la fin sans que les malades éprouvent des souffrances d'aucune sorte. Cette ano-
malie tient à des causes qu'il n’est pas toujours facile de pénétrer. La qualité histologique et le siège du néoplasme y sont vraisemblablement pour quelque chose, de même que les lésions secondaires déterminées par lui. À priori, on comprend facilement qu'une sténose pylorique cancéreuse, par exemple, soit moins bien tolérée qu'une altération qui occupe le corps de l'organe, parce que dans le premier cas le passage des aliments dans l'intestin rencontre un obstacle permanent et plus ou moins infranchissable, circonstance qui doit nécessairement se traduire par des contractions douloureuses et par de la dilatation en arrière, etc.
Quoi qu’il en soit, les indications thérapeutiques afférentes
la douleur sont précises et souvent d’un caractère d’urence qui domine toute autre intervention. D'une manière générale, on peut dire que le régime lacté est le meilleur remède contre la gastralgie des cancéreux, puisqu'il supprime une de ses causes principales, — l'irritation qui résulte du contact des aliments. L'usage exclusif du lait devient même nécessaire dans certains cas où, par sa violence et sa durée,
la douleur devient un symptôme prépondérant.
Le lavage de l'estomac est rationnel quand il y a de la stase alimentaire permanente : en exonérant l’estomac de son tropplein, il peut amener un soulagement marqué.
Hormis ces cas spéciaux, il y a une série de petits moyens en rapport avec l'intensité de la douleur. Contre la simple gène au creux épigastrique, on peut employer la révulsion locale ou bien l'application permanente d'emplétres calmants. Albert Robin, déjà cité, conseille l’épithème suivant :
> Emplâtre de diachylon.
ne thériacal . \ MERS Extrait de belladone. De — de ciguë. . . . . . . . } âà. . . 4 — — de jusquiame. . D:
Acétate d’ammoniaque. . . . . . . . . . 1 —
Si les douleurs sont plus fortes, le même auteur conseille
d'appliquer un vésicatoire opiacé ou d'administrer cette potion :
% Bromure de potassium. . . . . . . . 6 gramines. Chlorhydrate de morphine. . . . . . 087,05 Eau de laurier-cerise . . . . . . . . 10 grammes. SIDODICIÉ TRE ER ER EE CS D — Eau distilléerdertillen "et 1) —
F. s. a. Potion. 1 à 4 cuillerées dans les vingt-quatre heures.
On peut encore employer les préparations opiacées, l'éther, l’eau chloroformée préconisée par Lasègue, la cocaïne. Si la douleur est trop violente, les #njections de morphine loco dolenti deviennent une ressource indispensable et précieuse, mais trop souvent une ressource ultime, qui n’a d'autre objet que de procurer au malade un repos factice et l'oubli de ses souffrances. L'intervention de la morphine s'impose absolument dans les cas désespérés, quand il y aurait cruauté à refuser au malade l’unique moyen de soulagement qui puisse adoucir les angoisses d’une fin désormais inévitable.
2° Vomissements.
Le vomissement est, comme la douleur, un phénomène très fréquent chez les cancéreux de l'estomac et qui, par conséquent, motive souvent l'intervention du médecin. Le mécanisme en est variable; on peut accuser parfois l'irritation de la muqueuse par l’ichor cancéreux ou par les aliments, mais plus souvent il est dû à la sténose du pylore et à la dilatation consécutive de la poche stomacale. Dans ce dernier cas, il a pour caractère habituel d’apparaître à une certaine distance des repas et d’être presque exclusivement alimentaire. On trouve même quelquefois dans les matières vomies des aliments qui ont été ingérés plusieurs jours auparavant el déjà modifiés par un travail de chymification avancée.
Le régime ici a une grande importance. C’est encore le régime lacté qui s'impose, lorsque la persistance et l’abondance du vomissement démontrent l'existence d’un rétrécissement des orifices, car il faut avant tout éviter la stase ali-
mentaire. À un degré moindre, on peut encore combattre le symptôme avec succès. Ainsi, contre le simple pyrosis, Albert Robin conseille de prescrire un à quatre des paquets suivants
par jour:
% Magnésie décarbonatée. . . . . . . . . . 05",60 Poudre d'opium .. . . . . . . . . . . . 05,02 Sous-nitrate de hismuth . . . . . . . . . 05,20 Bicarbonate de soude . . . . . . . . . . 0f",7
Pour un paquet.
A un degré plus marqué, le vomissement devient justiciable des médicaments anti-émétiques, des boissons qazeuses, de la glace, etc. Nous n'insistons pas ici sur les formules, qui sont ici ce qu’elles sont pour le vomissement considéré d’une manière générale, et que l’on peut d’ailleurs varier à volonté. Rappelons seulement qu'il y a des cas où l'intolérance est absolue, où l'estomac rejette indistinctement tout ce qu'il recoit. L’inanition vient alors se Joindre à la cachexie, pour hâter la terminaison fatale. C’est alors que l’on peut être fondé à invoquer l'intervention chirurgicale, sur laquelle nous aurons à revenir dans un instant. Mais auparavant on doit essayer l'alimentation artificielle au moyen des /avements nutritifs. On a beaucoup discuté sur la valeur de ce moyen, et Dujardin-Beaumetz fait d'expresses réserves en ce qui la concerne’. Quoi qu'on en puisse penser, il y a lieu d’en faire l'essai quand on constate une intolérance absolue pour les aliments ou quand il existe un obstacle œsophagien reconnu infranchissable (cancer du cardia).
Les formules de lavements nutritifs sont nombreuses. En voici deux qui pourront servir de modèles pour d’autres:
DAJAUTEREURE LR -. ... No?
LA ER à 200 prarmimes.
PEptOne SECR ____ 10 — Laudanum de Sen MAMAN Ne V gouttes.
Pour un AU