‹ Traité de thérapeutique appliquéeChapitre 142 sur 178 · Dusarnix-BEaUuETZ. — Trailé de thérapeutique · texte numérisé non relu

Dusarnix-BEaUuETZ. — Trailé de thérapeutique

ou bien :

YAVINTOUCC PEER EE CODE rAmnESS Bouillontass D PEN RE ET AE 0) — Peptone Seche. ER oo Vies acte ((0 —- LAUdAN UN NP EATENE OU V gouttes.

Pour un lavement.

On doit réitérer ces lavements plusieurs fois par jour, en recommandant au malade de les conserver.

Contre les vomissements, on peut encore employer les moyens suivants :

1° Cinq minutes avant les principaux repas, V à VIII gouttes de cette solution :

YMPICTOtOxINE AT ETS D rt 05r,05

Chlorhydrate de morphine. NEC 005

Sulfate neutre d’atropine. . . . . . . O6r,01 Éau/de’laurier-cerise MeV ET rammess M. s. a. ALBERT ROBIN.

2° Ou encore :

Une cuillerée à café de solution de cocaïne (15 centimètres cubes pour 150 grammes d’eau).

Une cuillerée à café d’eau chloroformeée.

Une cuillerée à café d’eau de menthe.

3° Appliquer un vésicatoire de 5 X 5 centimètres à la région épigastrique et saupoudrer de poudre d’opium brut,

3° Hématémèse.

L'hématémèse est un accident extrêmement fréquent dans le cours du cancer de l'estomac. Elle survient parfois dès le début de la maladie, avant la période des symptômes confirmés, et son apparition est alors un document précieux pour le diagnostic, jusqu'alors incertain. Plus fréquemment elle se montre à la période confirmée. Sa valeur séméiologique est donc importante, sinon décisive.

Rappelons ici que cette hématémèse possède généralement des caractères un peu spéciaux. Le sang est rarement pur, il

est plutôt altéré, au point de ressembler, suivant une comparaison classique, à du mare de café ou à de la suie délayée, état qui est la conséquence de sa stagnation dans l'estomac et de son altération. C’est l’hématémèse en poussière de Jaecoud, et cette forme est presque spéciale au cancer de l’estomac. Elle peut être très abondante, et comme elle se réitère souvent, on conçoit qu'elle puisse hâter la mort par suite de l’anémie qui s’ajoute à toutes les causes de dépérissement général.

Au point de vue du traitement, il est bon de distinguer deux groupes de faits, suivant que l’hématémèse est abondante ou qu'elle est faible. Dans le premier cas, tous les moyens d’hémostase sont permis, car la vie du malade court grand risque.

Outre le repos absolu, on doit prescrire la diète temporaire et ne permettre tout au plus qu'un peu d’eau pure et quelques menus morceaux de glace que le malade laisse fondre dans sa bouche. L'application de glace au creux épigastrique est une pratique traditionnelle, à laquelle il faut joindre l'usage de piqûres de solution d’'ergotine au voisinage de la région de lestomac. Si l'hémorragie est d’une abondance moyenne, on peut se contenter de l’ergotine en potion, sous la forme suivante :

DRERCONNE SE NC Re CN 4 grammes.

Acide gallique. . . . . . . . . . . . 0ër,50 Sirop de térébenthine. . . . . . . . 30 grammes. Eau distillée de tilleul. . . . . . . . 120 —

F.s. a. Potion. — Toutes les heures une cuillerée à soupe.

ALBERT ROBIN

Dans les cas de petite hémorragie plus ou moins répétée,

Albert Robin preserit :

% Acide tannique; . . . . . . . . . . . . 08,60 Poudre d’opium brul. . . . . . . . . . O%,15 Sucre en poudre ou lactose, . . . . . . 1 gramme. Pour 6 paquets. — Un paquet toutes les quatre heures.

Enfin, dans les cas d’hémorragie minime, le malade peut se contenter de prendre une à trois dragées de perchlorure de

fer au milieu des repas.

Rappelons ici que l’hématémèse du cancer gastrique est une contre-indication au lavage de l’estomae, et qu'il y a lieu d'interrompre celui-ci quand elle fait son apparition.

4° Traitement des autres symptômes.

Nous n'insisterons pas surle traitement de quelques symptômes accessoires, comme la diarrhée et la constipation, deux états opposés qui peuvent se rencontrer successivement chez le même sujet, à des phases diverses de son mal, et qui tous deux sont justiciables de moyens très simples que chaque médecin peut varier à volonté.

Nous ne pensons pas non plus qu'il y ait lieu de se préoccuper de l'état cachectique et de diriger contre lui une médication spéciale. La cachexie est un produit de facteurs très divers, parmi lesquels il convient de placer, peut-être au premier rang, les infections secondaires que la lésion stomacale produit directement ou qu'elle favorise. On ne saurait dès lors concevoir une médication univoque pour un état aussi complexe. Le meilleur moyen de la combattre est encore de favoriser l'alimentation et d'empêcher les hémorragies qui sont une cause d’affaiblissement des plus notables.

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Traitement des complications.

Ce que l’on appelle complications du cancer de l’estomac ne représente à vrai dire qu'une manière de symptômes, un groupe de manifestations directes ou éloignées dont l’apparition est seulement inconstante, étant subordonnée à des conditions d'ordre généralement éventuel. Aïnsi la perforation, qui est une conséquence habituelle de l’ulcération spontanée et progressive du néoplasme, peut être aussi le résultat d’une intervention inopportune, comme le lavage de l'estomac.

C'est un accident excessivement grave, car l’épanchement du contenu stomacal dans la cavité abdominale produit presque inévitablement une péritonite suraiguë qui entraîne rapidement la mort. Dans certains cas plus heureux, les effets de la perforation sont limités par les adhérences qui soudent l'estomac aux organes voisins et qui empêchent ainsi les matières de se répandre dans le péritoine. Le traitement de cette grave complication est celui de la péritonite aiguë généralisée : c’est dire qu'il ne peut guère être que palliatif et qu'il a peu de chances de succès, le malade déjà affaibli par l’inanition et la cachexie étant destiné à succomber presque infailliblement. On serait fondé néanmoins, dans les cas de ce genre, à pratiquer la laparotomie avec lavage du péritoine.

L'intervention est encore indiquée au cas de péritonite partielle produisant un abcès de voisinage, sous-diaphragmatique, sus-ombilical, etc., comme elle le serait d’ailleurs pour toute suppuration circonscrite et accessible à l’action chirurgicale.

Nous pouvons en dire autant de la suppuration de la plèvre, de la pleurésie purulente, assez fréquente dans le cours du cancer de l’estomac. Ici, la /horacentèse est nettement indiquée, et nous la conseillons de préférence à l'empyème, opération plus grave par elle-même et aggravée encore par les mauvaises conditions où le malade se présente : état cachectique, affaiblissement organique, médiocre tendance à la eicatrisation.. Quant à la pleurésie cancéreuse proprement dite, pleurésie le plus souvent hémorragique, elle n’est justiciable que de la thoracentèse, et encore celle-ci commande-t-elle une certaine réserve, car chaque ponction a pour effet de soustraire une certaine quantité de sang, ce qui est une cause d'affaiblissement incontestable pour un malade dont les jours étaient déjà comptés.

La phlegmatia est un autre accident assez fréquent, une autre complication familière du cancer de l'estomac. On sait l'importance que Trousseau lui attribuait en tant que signe diagnostic. Le traitement qui lui convient est celui de toute

phlébite d’origine cachectique; il se réduit à peu de chose, car ici la notion de la cause domine toute considération thérapeutique, et l’on sait que l'apparition de la phlegmatia est généralement le signe avant-coureur de la terminaison fatale. Quelques observateurs ont émis l’idée que cette complication devrait être, comme les suppurations locales ou à distance, d'origine infectieuse. Le point de départ de cette infection serait l'estomac lui-même, ou plutôt la flore microbienne qu'il renferme, et qui, déjà très riche dans les conditions de santé normale, trouve des conditions de pullulation encore plus favorables dans le cas de dégénérescence cancéreuse. L'ulcération qui tôt ou tard accompagne celle-ci serait la porte d’entrée par laquelle les micro-organismes pathogènes pénètrent dans la circulation et vont adultérer l’organisme. L’infection ainsi produite serait susceptible d’engendrer des lésions très diverses, abeès de voisinage ou éloignés, suppuration pleurale, pyléphlébite, phlegmatia, toutes lésions d'apparence très disparate et entre lesquelles l'esprit au premier abord n’aperçoit aucun lien commun. Achard, en particulier, s’est fait le défenseur de cette opinion, qui mérite certainement d’être prise en considération, comme toute hypothèse qui repose sur un enchaïnement logique. Herard de Besse, un de ses élèves, a même écrit sur ce sujet une thèse extrêmement intéressante, qui consacre définitivement un ordre d'idées avec lequel il faudra compter désormais".

La conclusion que l’on peuttirer de la connaissance de ces faits, au point de vue pratique, est surtout d'ordre prophylactique. On doit chercher à réaliser l’antisepsie de l'estomac, soit en réduisant au minimum la pénétration microbienne, soit en créant un milieu défavorable pour les micro-organismes. On pourvoit à la première indication au moyen du régeme lacté, qui réduit considérablement les apports microbiens, à la seconde, au moyen des médicaments de la série antiseptique, naphtol, acide chlorhydrique, soufre, ete., ou bien en-

1. Hérarp pe Besse. — Des formes septiques du cancer de l'estomac. Thèse de Paris, 1896.

core avec le lavage de l'estomac. L'usage des /oniques, pour soutenir les forces du malade, trouve encore ici son indication logique. Telles sont les règles générales à suivre, d'après ceux qui admettent comme démontré ce rôle de l'infection.

Traitement chirurgical.

Pour être complet, nous aurions dû réserver un chapitre au traitement chirurgical du cancer de l'estomac. Mais cette question, qui prend chaque jour plus d'importance, doit faire l'objet d’un article spécial, et nous n’y insisterons que pour indiquer quelques-unes des données qui peuvent ici motiver l'intervention.

En dehors des complications auxquelles nous avons fait allusion tout à l'heure, on peut dire que le cancer de l'estomac se prête à celle-ci lorsqu'il amène des phénomènes d’intolérance marquée, de la stase alimentaire persistante, des vomissements répétés, etc. C’est donc, en premier lieu, le cancer du pylore: car c’est celui qui produit au maximum cette intolérance, puis certains cancers des courbures qui s'accompagnent des mêmes symptômes inquiétants. Un grand nombre de publications, parues dans ces derniers temps, font ressortir les bienfaits de l'opération appliquée en temps opportun à ces cas particuliers. Tout récemment, Barette {de Caen) rapportait quatre observations où la gastro-jéjunostomie avait produit un soulagement considérable eten même temps procuré une survie inespérée. Cette survie, chezun des malades, atteignit jusqu’à deux années, durée considérable pour un cancer de l'estomac. Chez la malade qui en bénéficia, ainsi d’ailleurs que chez les autres, les vomissements disparurent définitivement depuis l'opération, de même que les sensations gastriques fort pénibles éprouvées antérieurement. La sensation d’appétit et le besoin de manger sont devenus impérieux et se sont montrés de bonne heure, trois à quatre jours après l'opération.

De ces quelques faits, Barette croit pouvoir conclure à l'avenir de l'intervention dans le traitement du cancer de l’estomac, à sa supériorité sur le traitement médical le mieux compris ; il exige seulement un diagnostic précoce, car l’opération ne peut être utile que si elle est pratiquée de bonne heure. Nous nous bornons à enregistrer cette déclaration un peu optimiste, laissant à l'expérience le soin de nous édifier sur sa véritable valeur.

Conclusions.

Si nous avions à résumer les considérations qui précèdent, nous dirions que le traitement du cancer de l'estomac est presque toujours un traitement palliatif : que cependant, bien compris, il peut rendre de grands services, améliorer des symptômes inquiétants ou fàcheux, prolonger d’une manière appréciable la vie des malades. Dans l’état actuel de la science, c’est tout ce que la thérapeutique peut donner contre une des affections les plus graves du cadre nosologique.

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