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TRAITEMENT DE L'HÉMATÉMEÈSE. 433
scorbutique de Lebert. Toutes ces remarques ont leur application dans la pratique. Ainsi, en présence d’une hématémèse rouge, presque abondante, à plus forte raison foudroyante, on pensera à l'ulcère simple. On diagnostiquera plutôt un cancer, si le sang vomi est noir, épais, comme digéré. Naturellement la recherche et la critique des autres documents cliniques, l'examen des antécédents et des commémoratifs fourniront des arguments qui permettront de résoudre le problème presque à coup sûr.
Albert Robin a insisté sur deux causes d’hématémèse qu'il faut avoir présentes à l'esprit, en raison de l'importance qu'il pourrait y avoir à les méconnaitre : l’urémie et l’étranglement herniaire. La première peut, dans certaines conditions, en imposer pour une affection stomacale et, un traitement intempestif aidant, donner naissance à de petites hématémèses. Quant à l’étranglement herniaire, Albert Robin pense qu'il peut produire une irritation stomacale réflexe suffisante pour déterminer des hémorragies. Si cette vue est exacte, il y aura lieu, quand on constatera des hématémèses de sang noirâtre chez un vieillard de santé précaire, de vérifier l’état des anneaux qui donnent habituellement passage aux hernies. On ne devra songer au cancer de l'estomac qu'après cette recherche préalable.
Les limites imposées à cet article ne nous permettant pas d'insister sur ces considérations générales concernant l'étiologie ou la valeur séméiologique de l’hématémèse, nous devons seulement rappeler, à titre de préliminaire indispensable, que cet accident est lui-même d’une gravité très relative suivant les cas. Brusque et abondant, le vomissement de sang peut tuer par épuisement ou même parasphyxie (Jaccoud), ce dernier mécanisme étant réalisé lorsque le sang pénètre dans les voies aériennes à travers l'orifice supérieur du larynx. Dans ce dernier cas, le diagnostic peut offrir quelque incertitude, on peut hésiter un instant entre l’hématémèse et l'hémoptysie. À un degré moindre, on observe encore souvent des phénomènes assez marqués : l’affaiblissement et l’accélé-
ration du pouls, la päleur des téguments, la prostration, etc., symptômes parfois inquiétants qui sont dus pour une part à l'impression morale, au sentiment de terreur qui envahit le malade. Toutes ces particularités sont autant d'indications dont le médecin doit savoir tirer parti dans le choix des moyens propres à faire cesser un accident qui, de même que l’'hémoptysie, comporte presque toujours une signification sérieuse.
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Traitement.
Les indications thérapeutiques sont de deux ordres, comme dans toutes les hémorragies viscérales. Il y a les indications d'urgence, celles qui sont dictées par la nécessité de mettre fin à un accident auquel se rattache un danger immédiat, puisqu'il menace l’existence même des malades : puis les indications tardives, celles qui ont pour objet de remédier aux effets généraux de l’hémorragie stomacale, et surtout d'en empêcher le retour.