‹ Traité de thérapeutique appliquéeChapitre 20 sur 178 · C. — INSUFFLATION ARTIFICIELLE DE L'ESTOMAC · texte numérisé non relu

C. — INSUFFLATION ARTIFICIELLE DE L'ESTOMAC

Le ballonnement artificiel de l'estomac par les gaz est connu depuis plusieurs années comme moyen de diagnostic. Poltowiez en a fait, sous l'inspiration de son maître, le professeur Roux, de Lausanne, un moven courant d’investigaton. L’unique instrument est une sonde œsophagienne de petit calibre; l’insufflation se fait à l’aide de la bouche. Le professeur Bourget se sert d’un double ballon en caoutchouc pour l’insufflation; il peut ainsi déterminer le volume d'air insufflé.

D. — IRRIGATION INTESTINALE (ENTÉROCLYSE)

L'irrigation intestinale s'applique dans les cas de stase de matières fécales, de constipation opiniâtre, dans les colites pseudo-membraneuses, dans les affections fébriles telles que la fièvre typhoïde, la dysenterie, le choléra, où il y a intérêt à débarrasser le gros intestin de déchets accumulés.

Il faut abandonner les anciens appareils tels que le clysopompe, les poires, l’énéma, et les remplacer par un injecteur. On arrive ainsi à faire pénétrer dans l'intestin, par un procédé fort simple, de grandes quantités de liquide qui sont rendues au bout d’un temps plus ou moins long. On peut même, comme pour le lavage de l'estomac, faire pénétrer et ressortir successivement le liquide en soulevant et en abaissant le réservoir, de manière à obtenir un véritable lavage intestinal. La valvule de Bauhin peut même être dépassée quand on ne se sert pas d'une pression trop forte. Il est du reste facile de régulariser la pression en soulevant progressivement le récipient.

L'appareil se compose d'un récipient, d'un tube en caoutchouc et d’une canule. Le récipient peut être en verre ou en métal; un simple injecteur vaginal peut très bien servir à cet usage; il doit pouvoir contenir 2 litres environ de liquide.

Il est bon d’avoir un appareil muni d'un manomètre; le malade peut ainsi se rendre compte de la quantité du liquide introduit.

Il faut que la canule ait au moins 15 centimètres de longueur. Pour les irrigations profondes, il faut se servir d’une canule de 40 centimètres.

La canule doit avoir près de 1 centimètre de diamètre ; elle glisse ainsi beaucoup plus facilement.

La canule sera munie d’un orifice terminal et d’orifices latéraux.

Il vaut mieux se servir de canules en gomme molle que de canules rigides. Ces canules sont munies d’un robinet que le malade peut manœuvrer à sa guise.

Le malade se couchera sur le côté gauche ou se placera dans la position genu-pectorale.

Quand les malades prennent des douches ascendantes, notamment dans des établissements de bains où l'appareil est adapté aux water-closets, ils se placent généralement debout, la partie supérieure du corps inclinée en avant; ils peuvent même prendre un point d'appui sur les genoux.

Il faut toujours avoir le soin de laisser couler un peu de liquide avant d'introduire la canule, afin de faire partir l'air.

Quand on se sert de l'injecteur, on le soulève progressivement dès que la canule esten place. Cette dernière doit être antiseptisée et enduite de vaseline. Le courant de liquide s'interrompt parfois; il vaut mieux dans ce cas retirer la canule, dont les orifices peuvent être obstrués par des matières fécales.

Le liquide employé est généralement l’eau pure, à la température du corps, ou additionnée de glycérine, d'huile de ricin, de savon, de sel.

Dans le cas de constipation opiniâtre, on emploie très utilement de grands lavements d'huile d'olive où d’œillette ; on peut injecter ainsi 400 à 500 grammes d'huile chez l'adulte et 50 à 150 grammes chez l'enfant.

L'huile met environ une demi-heure pour pénétrer dans

l'intestin. L'intestin n’est débarrassé qu'au bout de trois à quatre heures.

A titre de désinfectant ou d’astringent, on peut mélanger au liquide du naphtol({ p. 100), de l'acide salicylique (2 p.1000), du lysol (1,5 p. 100), de l'ichthyol (1 p. 1000), du /annin (5 p. 1000), du perchlorure de fer (1p. 1000), du nefrale d'argent (0%,10 à 0*,30 p. 1 000).

Comme ces différentes substances sont destinées à séjourner pendant un certain temps dans l'intestin, il faut y mélanger un peu de feinture d’opium, pour diminuer les mouvements péristaltiques.

Quand il s’agit de faire pénétrer dans le gros intestin des substances médicamenteuses {opium, quinine, chloral, etc.), destinées à y être absorbées, on se sert de l’ancien clyso ou d’une seringue ou d'un ballon en caoutchouc, munis d’une canule.

On peut également employer, dans le même but, le suppositoire ou un petit appareil composé d'une canule percée de trous latéraux multiples, d’un réservoir dans lequel on introduit de la pommade demi-liquide, et d’une vis à pression; en faisant manœuvrer cette dernière, le médicament se répand sur toute la muqueuse rectale.

Dans certains cas d’occlusion intestinale, on peut avoir recours à l’insu/fflation de l'intestin.

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