F. — TRAITEMENT ÉLECTRIQUE
L'électricité, peu employée jusqu'à ce jour dans le traitement des maladies de l'estomac et de l'intestin, rend cependant de réels services.
Liemssen a prouvé, par des expériences sur le chien, que l'électricité augmente, dans de notables proportions la sécrétion du sue gastrique.
Regnard et Loye ont constaté le même phénomène en électrisant les nerfs vagues sur un supplicié.
Enfin Einhorn et Ewald ont signalé une suractivité des fonctions motrices de l'estomac et une influence manifeste du courant électrique sur les sécrétions et la résorption.
L'électricité agit aussi sur la motilité. L'excitation des nerfs vagues diminue le volume de l'estomac, active les contractions péristaltiques ; dans Ja recherche de la réaction par le salol (Ewald), on voit apparaître plus rapidement l'acide salicylique dans l'urine. Le courant faradique semble être le plus actif.
Enfin l'électricité parait agir sur les phénomènes d’absorption (réaction de l’iodure de potassium) et sur la sensibilité (action favorable sur certaines gastralgies).
MÉTHODES D'ÉLECTRISATION. — On peut électriser le tube digestif en appliquant les électrodes sur la surface cutanée ou dansles cavités mêmes (électrisation intra-ventriculaire ou intra-rectale). On peut se servir de courants continus ou de courants induits.
À.— Application extérieure. —On se sert, à cet effet, d'électrodes légèrement concaves, de grande dimension. Quand il s’agit d'électriser l'estomac, on applique une de ces électrodes sur la paroi abdominale du pylore, vers la grande courbure: l'autre est fixée en arrière, entre la grande courbure et la colonne vertébrale. Quand on veut électriser l'intestin, on applique de la même facon les deux électrodes ou bien on les
fixe de chaque côté de l'abdomen. Il faut employer des courants assez puissants.
B.—Applicationinterne. — On commence par remplir l’estomac à moitié ou aux deux tiers avec du liquide. On introduit ensuite dans la cavité gastrique une sonde munie d’un fil métallique terminé par une olive métallique qui dépasse l'extrémité de la sonde d'environ 1 centimètre. Einhorn recommande un appareil composé d'une capsule de caoutchouc durei munie d’orifices multiples et qui renferme un bouton métallique communiquant avec des fils très fins contenus dans une gaine en caoutchouc. Le malade avale ce petit appareil.
Quelques médecins introduisent l’autre électrode dans le gros intestin; d’autres l’appliquent au dos, à gauche de la septième vertèbre cervicale, au creux épigastrique, ou même dans la main.
Pour électriser le rectum, on peut se servir d’une électrode en métal, de forme conique, d’une bougie dont l'extrémité conique est métallique, ou bien d'une sonde dans laquelle se trouve un mandrin métallique. Il faut, quand on applique le courant continu, injecter prélablement un peu d'eau salée dans le rectum. Cette précaution est inutile quand on applique le courant faradique.
On peut également employer les courants à haute fréquence, préconisés par d'Arsonval,
Rappelons enfin que l'électricité statique a été recommandée comme moyen général de traitement, surtout chez les neurasthéniques atteints d’atonie gastro-intestinale.
Pendant que les malades sont dans le bain électro-statique, on tire des élincelles au niveau de l'estomac et de l'intestin.