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CHAPITRE VI

PAR

A. GOUGUENHEIN

Médecin de l'hôpital Lariboisière.

Étiologie et pathologie.

Les pharyngites chroniques, que l’on pourrait aussi bien appeler rhino-pharyngites chroniques en raison de la coïncidence si fréquente avec les affections du nez, de l’arrière-nez et du pharynx inférieur, coïncidence sur l'existence de laquelle je ne cesseraid'attirer l'attention, sontlesmaladiesles plus communes que puisse rencontrer le spécialiste, de même que le praticien général, sous le nom si connu d’angine granuleuse. Cette dénomination si répandue devrait comprendre seulement les inflammations chroniques de la muqueuse du pharynx postéroinférieur, mais elles évoluent si ordinairement avec les affections du voile du palais (piliers postérieurs surtout), des amygdales, du tissu adénoïde rhino-pharyngien, qu'il est vraimentdifficile de localiser sur cette petite bande de pharynx que l’on voit au fond de la bouche une maladie dont les ramifications sont si étendues.

Dans le langage médical proprement dit, il est d'usage de ne désigner sous l'appellation de granulations de la gorge que ces petites papules disséminées sur la face postéro-inférieure

du pharynx, entourées ou non de petites arborisations vasculaires pouvant envahir et épaissir les piliers postérieurs du voile du palais, et recouvertes le plus souvent d'une couche de mucus ou muco-pus plus ou moins desséché, mucus et muco-pus descendant du pharynx supérieur et y remontant et adhérant à la muqueuse comme une véritable colle. Ce mucus, qui vient bien plus des parties supérieures qu’il ne se forme sur place, difficile à expulser, se dessèche au contact de l’air, durcit, et la muqueuse, recouverte par cet enduit, finit bientôt par s’amincir et revêtir une apparence lisse et transparente.

Il est bien certain que les altérations du pharynx inférieur sont surtout le reflet des affections du pharynx supérieur et des cavités nasales; du reste, il est rare que chez les malades atteints de rhino-pharyngite, les troubles de l’ouie, si communs dans les affections nasales et naso-pharyngiennes, ne soient pas simultanés.

Les différents aspects de cette muqueuse pharyngienne de l’angine granuleuse, gonflée chez les uns, atrophiée chez les autres, ont exercé l’acuité descriptive des médecins les plus renommés, et c'est d’après cet état que sontécloses les dénominations les plus variées et les plus fantaisistes d’angine herpétique, arthritique, lymphatique, strumeuse ; toutes ces controverses plus ou moins brillantes n’ont guère serviqu'à enrichir le domaine thérapeutique, celui qui nous intéresse le plus ici. Cette étiologie naso-pharyngienne de l’angine granuleuse a passé longtemps presque inapercue, et l'imagination des thérapeutistes s’est épuisée en vain à modifier ces lésions du pharynx inférieur qui, malgré leur prétendue origine diathésique, refusaient de s’amender par les traitements issus de ces théories, car elles n'étaient autre chose que des inflammations secondaires. |

C'est l'expulsion des crachats et mucosités qui constitue toute la symptomatologie de cette affection. Les efforts que font les malades pour atteindre ce but, les troubles phonatoires qui en sont si fréquemment la conséquence, les quintes de toux continuelles, l’'énervement qui est la suite de tous ces

efforts, et qui engendre un état final neurasthénique si commun chez un grand nombre de ces malades, tel est, en peu de mots, le bilan clinique de l’angine granuleuse.

IT

Traitement.

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