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CHAPITRE XII

PAR

A. GOUGUENHEIM

Médecin de l'hôpital Lariboisière.

Considérations générales.

Bien que le pharynx soit parcouru continuellement par les crachats qui viennent du poumon, il est rare relativement d'observer la tuberculose du pharynx et des amygdales. C’est à la langue que se rencontrent le plus souvent les ulcérations tuberculeuses, et c’est surtout sur les bords et le dos de cet organe plutôt qu’à la base que se manifestent ces ulcérations.

Quand les ulcères tuberculeux apparaissent sur la paroi postérieure du pharynx, il est extrêmement difficile de les reconnaitre des ulcères spécifiques tertiaires qui affectent avec eux la ressemblance la plus étroite. Ce n’est que d’après certains caractères très délicats qu’on peut arriver à éviter cette confusion. Les ulcères tuberculeux du pharynx peuvent revêtir deux formes cliniques : 1° la forme miliaire généralisée, dite d’'Isambert, dans laquelle on observe des points d'apparence circulaire, confluents, débutant sur le voile palatin, envahissant de là la luette, qui peut devenir énorme, et

se portant très rapidement sur les piliers antérieurs et postérieurs et sur l'épiglotte; 2 une forme circonscrite et ayant moins de tendance à l’envahissement rapide de toute la région. C’est principalement cette dernière forme clinique que l’on a beaucoup de mal à distinguer des ulcères spécifiques. et qui a fait l’objet des travaux de Constantin Paul et d'Homolle.

De ces deux variétés cliniques, la première est, sans contredit, celle que l’on rencontre le plus communément; elle précède toujours l’envahissement des poumons; toutefois, elle est susceptible de s'arrêter quelquefois dans cette marche aiguë.

Tous les ulcères tuberculeux offrent, lorsqu'ils sont bien constitués, un aspect qui seul peut permettre de les reconnaitre ; on voit à leur périphérie, et même à la surface de l’ulcération, des petits points miliaires jaunâtres, ne se montrant pas à la surface des ulcères spécifiques.

La douleur (odynphagie) est un des signes prédominants de la forme miliaire généralisée; ce symptôme, sur lequel Isambert avait attiré l'attention, est d’une gravité exceptionnelle, car il empêche le malade de s’alimenter; mais bien qu'Isambert ait fait de cette dysphagie un signe constant, il est certain qu’elle fait défaut dans nombre de cas, et J'ai vu des malades chez lesquels elle disparaissait après l’ablation de la luette hypertrophiée etinfiltrée de caséum tuberculeux.

Les ulcères tuberculeux surviennent aussi parfois à la surface du pharynx à la période ultime de la tuberculose pulmonaire et viennent encore augmenter la cachexie des malades elabréger la durée de leur existence.

Traitement.

La douleur est le symptôme contre lequel la thérapeutique doit diriger ses plus grands efforts, et il est difficile de

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réussir à l’atténuer, quels que soient les médicaments employés : insufflations de poudre de cocaïne, badigeonnages : avec l'huile mentholée, emploi à l’intérieur de l’antipyrine à la dose de 2 grammes ou de l’exalgine à la dose de 50 centigrammes.

On ne négligera point d'essayer de faire régresser ces ulcérations au moyen de badigeonnages avec le naphtol camphré.

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