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CHAPITRE XI

PAR

A. GOUGUENHEIM

Médecin de l'hôpital Lariboisiere.

Elle est rare à la période primitive où elle siège surtout sur l’'amygdale (chancre de l’amygdale), commune à la période secondaire où elle envahit toutes les parties du pharynx, s'étend à la base de la langue, au larynx, et rarement à la face postérieure du pharynx (papules érosives ou plaques muqueuses); moins commune à la période tertiaire, où elle envahit surtout le voile du palais et la paroi postérieure du pharynx.

Chancre de l’'amygdale.

À. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Il est caractérisé par des érosions sanguinolentes et croûteuses, développées sur un fond hypertrophié; l'hypertrophie de l'organe est quelquefois tellement considérable et la dureté des tissus si prononcée qu'il est arrivé à des observateurs, même très expérimentés, de confondre cette altération amygdalienne avec une tumeur épithéliomateuse, surtout en raison

de la concomitance constante avec une adénopathie sousmaxillaire très dure et très volumineuse.

La durée de l’accident primitif de l’amygdale est fort prolongée, et quelquefois la guérison se fait attendre durant plusieurs semaines; l’adénopathie qui l’accompagne persiste encore davantage.

B. — TRAITEMENT

Jamais il ne faudra irriter la surface du chancre amygdalien par l'application de médicaments violents tels que ie nitrate d'argent ou la teinture d’iode. Il suffira de conseiller l'emploi de gargarismes ou bains locaux prolongés d’eau boriquée et de recouvrir le ganglion cervical avec un emplätre de Vigo. Le traitement interne consistera en

% Proto-iodure d'hydrargyre. 2 centigrammes et demi. Extrait thébaique. , , . . {1 centigramme.

2 pilules par jour.

ou bien la liqueur de van Swieten, 2 cuillerées à soupe par jour.

Il sera prudent de recommander en même temps l'usage de toniques (/er, vin de quinquina).

Ce traitement sera surveillé avec vigilance chez les malades qui ont une mauvaise dentition.

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Accidents secondaires.

À. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Sous la forme de papules exulcérées, ils envahiront le voile du palais sur toute son étendue et les amygdales. Ces plaques peuvent aussi apparaître à la base de la langue et gagner par là la face antérieure de l’épiglotte. A la base de la

langue, les plaques seront horriblement douloureuses et résisteront longtemps aux traitements les plus énergiques.

Quand l’amygdale est affectée, il peut arriver qu'elle s’hypertrophie énormément: à sa surface se voient des ulcérations qui peuvent être tellement conflucntes qu’elles donnent à la glande l'apparence d’une tumeur ulcérée de mauvaise nature.

Lorsque l’hypertrophie tonsillaire atteint ce degré, elle peut persister et ne pas diminuer; les amygdales prennent souvent alors un aspect rouge et vernissé n'ayant plus rien de caractéristique : elles entraînent alors une dysphagie continuelle qui a été bien décrite par Garel.

B. — TRAITEMENT

Ces plaques nécessitent une cautérisation très vigoureuse au nitrate d'argent solide. Quand elles résistent à l’action du nitrate d'argent, on sera autorisé à les badigeonner avec beaucoup de précaution avec le nitrale acide de mercure: mais l'emploi de ce médicament est dangereux et on ne devra s’en servir qu'à dose minime, le pinceau d’application devra en ètre à peine imprégné.

Le malade fera des lotions buccales et se gargarisera avec une solution de chlorate de potasse.

2% Chlorate de potasse. . . . 20 à 40 grammes. EAU ER tee L'Unilire.

Dissolvez.

Quand la douleur sera trop vive, ainsi que cela se produit dans le traitement des plaques de la base de la langue, on adjoindra aux cautérisations l’usage des anesthésiques tels que les insufflations de poudre de cocaïne ou les badigeonnages à l'huile mentholée.

Lorsque l’hypertrophie amygdalienne sera définitive, on pourra être obligé de recourir à l’amygdalotomie.

Le traitement interne sera identique à celui que j'ai décrit plus haut, et je n’y reviendrai pas.

Accidents tertiaires du pharynx.

À. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

1° Voile du palais. — Ces accidents, surtout fréquents sur le voile du palais, présentent à cette place deux aspects différents : ou l'infiltration du voile est disséminée et ne tend pas à l’ulcération, ou cette infiltration restreinte et localisée à ce point peut aboutir à la suppuration et à la perforation, Dans le premier cas, la guérison est lente et la résolution malaisée, c'est le syphilome en nappe du voile du palais; dans le second cas, la perforation est rapide, unique ou multiple et les mulilations du voile peuvent être fort étendues. La luette peut être emportée, et le voile palatin, déchiré sur une surface plus ou moins grande, ne présente plus à droite et à gauche que deux lambeaux ayant parfois tendance à adhérer à la paroi postérieure du pharynx.

D'autres fois, ces adhérences se produisent sans que le voile du palais soit déformé, par suite de la formation d’ulcérations sur sa paroi postérieure ou supérieure, et sur le pharynx postérieur. On comprend aisément que de semblables altérations troublent profondément la voix, la respiration et la déglutition.

20 Pharynx. — Parot postérieure du pharynr. — Elle est le siège de petites tumeurs s’ulcérant rapidement et offrant une apparence très caractéristique. D’autres fois, le malade présente sur la plus grande partie de la face postérieure du pharynx de vastes ulcérations excavées pouvant envahir les tissus profonds et les os du rachis, d’où la possibilité d’hémorragies et d'accidents de cause intra-rachidienne.

Quand ces ulcérations et tumeurs gommeuses guérissent sous l'influence du traitement, elles laissent à leur suite des cicatrices blanchâtres tout à fait pathognomoniques et qui rayonnent sur le fond du pharynx. Ces traces sont tout à fait caractéristiques.

Si la perte de substance est trop grande, la cicatrisation ne se produit alors qu'au prix de rétrécissements inférieurs du pharynx, entravant simultanément la respiration et la déglutition.

3° Amygdales. — L'amygdale est un siège bien moins fréquent du tertiarisme pharyngien que les autres parties du pharynx ; des gommes peuvent s’y montrer et simuler facilement un abcès; on à pu voir à mainte occasion des abcès chroniques de l’amygdale qui n'étaient autre chose que des gommes suppurées.

B. — TRAITEMENT

Pour éviter les désordres aussi graves que ceux que j'ai signalés, le traitement des accidents pharyngés tertiaires réussira d'autant mieux qu'il sera plus prématuré. Ce traitement consiste en traitement mixte, sirop de Gibert à la dose de 2 ou 3 cuillerées à soupe par jour, associé à l'emploi de ferrugineux el du guinquina, ou bien, si le malade, pour des raisons quelconques, ne supporte pas le mercure, on administrera l’iodure de potassium à la dose de 4 à 8 grammes en prenant une dose de 2 grammes à la fois ; ce traitement sera longtemps continué, mais on l’interrompra de temps à autre en recommandant au malade, durant cet intervalle, l’'emploi des préparations arsenicales (/iqueur de Fowler A à X gouttes par jour, ou arséniate de soude, 3 à & milligrammes par jour).

Il sera avantageux d'associer à ce traitement interne l'usage de topiques variés tels que le nitrate d'argent sur les perforations du voile, le salol camphré à la surface des plaies pharyngées, et quelquefois il sera nécessaire de débrider des gommes amygdaliennes suppurées dont les parois ne peuvent pas se recoller. On ajoutera à cela l'emploi, toujours bienfaisant en thérapeutique pharyngienne, des #rrigalions naso-pharyngiennes, en raison de l’altération concomitante et fréquente des fosses nasales et du rhino-pharynx.

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