CHAPITRE XII
PAR
A. GOUGUENHEIM
Médecin de l'hôpital Lariboisière.
Considérations générales.
Le pharynx, indépendamment dés causes ordinaires de traumatisme par les instruments contondants et tranchants, peut aussi, par suite de sa destination de passage vers les voies respiratoires et surtout digestives, être blessé par les liquides que les malades avaient ingérés volontairement (tentatives de suicide) ou involontairement et par erreur.
Les blessures par instruments tranchants faites du dehors au dedans n'intéressent pas d'habitude le pharynx; c’est toujours plus bas que l'instrument est dirigé.
Les instruments contondants peuvent blesser les parois du pharynx; mais il est rare, quand les instruments contondants ont une action très étendue, que des accidents simultanés ne présentent pas une gravité telle que les troubles pharyngiens ne jouent dans ces cas qu’un rôle très effacé.
Nous en dirons autant des contusions causées par les armes à feu; car si dans ces cas les divisions du pharynx présentent une véritabie gravité, les désordres causés dans le voisinage
sont si sérieux que le malade succombe parfois avant que l’on ait pu remédier aux contusions pharyngiennes.
En général, le traumatisme du pharynx auquel les médecins auront le plus souvent à obvier est celui que cause l’ingestion volontaire ou involontaire de liquides caustiques.
La gravité de ces cas est subordonnée non seulement à la quantité ingérée de ces liquides, mais au pouvoir caustique des solutions avalées par les malades.
Ces liquides sont des acides, des alcalis: l’acide sulfurique, qui a la propriété d’escarrifier tous les tissus avec lesquels il est en contact, l'acide nitrique qui a la même propriété moins prononcée, l’acide chlorhydrique qui agit de même, mais moins énergiquement que les deux premiers, la potasse, l’oxalate de potasse, l'ammoniaque, etc.; la liste du reste serait longue de toutes les substances employées par les malades.
Dans tous ces cas, le pharynx est, de même que la bouche, le siège de brülures plus ou moins étendues accompagnées d’une tuméfaction compromettant gravement les fonclions respiratoires et digestives, le tout suivi de fièvre et de signes infectieux rapidement mortels.
Traitement.