ESA
4 Troisième étape du régime.
Cette deuxième étape franchie, on établira le régime normal que devra suivre le malade jusqu’à sa guérison.
À. Poissons. — Le premier aliment permis est le poisson cuit au court-bouillon. Les meilleurs poissons sont le merlan, la sole, la barbue, le turbot, la perche, le brochet. — Les poissons gras, saumon, maquereau, anguille, hareng, sardine, carpe, sont interdits. — Les huîtres sont permises; les autres coquillages et les crustacés sont défendus.
B. Viandes. — Le bœuf, le veau, le mouton, l'agneau, la volaille, à l'exception de l’oie, le perdreau, le faisan frais, les ris de veau, la cervelle, les œufs à la coque ou brouillés, le maigre de jambon cuit et chaud sont autorisés. Mais on interdira toute sauce, même le jus de la viande, toujours chargé de graisse, cttoutassaisonnement, en dehors d’une petite pincée de sel. Les viandes seront cuites à la broche ou bouillies. — On mangera lentement, en mâächant bien. À défaut de bonnes dents, on usera du masticateur, ou l’on hachera la viande.
C. Légumes. — Tous les légumes seront réduits en purée, cuits à l’eau ou au lait, et liés avec des jaunes d'œufs. — On recommandera les pois, les lentilles, les haricots rouges et blancs, les fèves, le gruau, les pommes de terre, les épinards, les artichauts, le riz, les carottes, la chicorée. — Quand les malades sont amaigris, on additionnera ces légumes, à table même, d'un morceau de beurre très frais, car si les hypersthéniques ne supportent pas le beurre cuit, ils tolèrent souvent très bien le beurre cru et très frais.
D. Pain. — Le pain sera réduit au minimum et pris grillé. E. Desserts. — Comme desserts, fruits très mûrs, cuits en
marmelade. Accessoirement, le raisin, ia pêche, les poires de beurré, que l’on prendra sans les faire cuire.
Le sucre, le sucre candi, le sucre d'orge sont les seules sucreries permises, avec les confitures de prunes.
MNT: 16
F. Aliments interdits. — Sont interdits, en plus des interdictions faites plus haut, les aliments suivants : charcuterie, gibier avancé, viandes piquées et marinées, pâtés, salaisons, hors-d’œuvre, beurre cuit, toutes les graisses; chocolat, cacao, condiments (poivre, moutarde, cornichons), vinaigre, crudités, salades, truffes, champignons, entremets, pâtisseries. — Les aliments interdits sont tous ceux qui sont capables d’exciter la fonction gastrique ou de favoriser les fermentations acides.
G. Boissons. — Le régime sec est bien déchu aujourd'hui de sa passagère faveur. Le malade boira à sa soif, pourvu qu'il ne dépasse pas une certaine limite et ne tombe pas dans l’exagération contraire. — Les boissons permises sont le lait écrémé et non bouilli, Peau pure et les eaux minérales inermes, à prédominance calcique, non gazeuses (Évian, Alet, Condillac ‘). Le lait sera pris chaud, autant que possible. Il est souvent très avantageux de faire prendre pendant les repas du bouillon frais et chaud, ou des infusions chaudes et légères de thé, de camomille, de tilleul, de feuilles d'oranger, sucrées avec un peu de sucre candi pulvérisé. Beaucoup de sujets qui ne peuvent tolérer aucun médicament seront améliorés par cet usage des boissons chaudes, qui devient ainsi un véritable moyen de traitement, comme l’a parfaitement établi Germain Sée.
Dans certaines variétés d’hypersthénie, et en particulier dans la variété dite retardée, on fera prendre, pendant les repas, une solution de bicarbonate de soude ainsi préparée : faire dissoudre à chaud 5 grammes de ce sel dans 1 litre d’eau; laisser déposer pendant deux à trois heures, décanter le liquide elair pour le séparer du dépôt calcique qui se dépose au fond de la bouteille.
Chez les malades très affaiblis ou chez ceux qui sont fatigués du lait et ne peuvent supporter l’eau pure, on conseillera la bière. La meilleure et la plus facile à digérer est encore l’ancienne bière, préparée par le procédé dit de la fermen-
1. L'eau de Condillac étant légèrement gazeuse, déboucher la bouteille une
heure avant de l'employer.
tation haute. On la remontera avec un tiers où un quart de bonne bière de malt. Et quand les malades la supportent, il n'y a aucun inconvénient à donner la bière de malt comme unique boisson.
Il est absolument défendu de prendre une boisson quelconque en dehors des repas. | On interdira le vin, surtout le vin rouge et les vins Jeunes, qui sont acides, tous les liquides alcooliques, les vins et les élixirs dits digestifs, le vin de Champagne sec où demi-sec, l’eau de seltz, les boissons gazeuses.
Le café fort et le thé concentré sont également interdits. H. Des potages. — Les médecins ne s'entendent guère sur la question du potage. Les uns considèrent l'antique bouillon comme une dissolution de poisons et le défendent avec la dernière énergie; il est vrai que ceux-là voient aussi dans les actes réflexes de l'hypersthénie autant de symptômes dus à l'auto-intoxication. Les autres, et je suis de ce nombre, le tiennent pour aliment à la foistonique et digestif qui convient merveilleusement à nos malades. Mais il faut que le bouillon soit frais; tout bouillon de la veille sera rigoureusement proserit. En outre, le bouillon sera fait lentement, en six heures au moins; il contiendra beaucoup de légumes, pas d'os, peu de sel, eton le dégraissera scrupuleusement avant de le servir. Le bouillon possède deux grands avantages : il est peptogène, et il obvie, par les sels minéraux qu'il renferme, à la déminéralisation organique si fréquente chez les hypersthéniques.
On permettra aussi la soupe au lait, sans pain, avec du tapioca ou des pâtes alimentaires.
5° Sommaires de l'organisation des repas.
Au premier déjeuner, un ou deux œufs à la coque peu cuits, deuxàtroislanguettes de paingrilléavecune toute petite quantité debeurrefrais, un peu deconfitures peu sucrées ou de marmelade
de fruits, de pommes, par exemple. Si ie malade à un gros
appétit, on ajoutera à ce premier repas un peu de viande froide ou de poisson frais. — Tout liquide est interdit.
Au second déjeuner, œufs à la coque ou œufs brouillés, un poisson au court-bouillon, sans sauce, avec un peu de sel et quelques gouttes de jus de citron, une viande rôtie sans sauce, une purée de légumes cuits à l’eau, additionnés à table mème d'un peu de beurre très frais, fruits cuits, 100 grammes environ de pain grillé. — Comme boisson, lait écrémé, bière, bière de malt, eau pure ou eau minérale d’Alet, d'Évian ou de Condillac.
Au diner, une tasse de bouillon frais sans pain ni pâtes, ou tapioca, semoule, vermicelle au lait; un poisson, une volaille rôtie, une purée de légumes, macaroni ou nouilles, fruits cuits. — Boisson comme au déjeuner.
On ne prendra aucun aliment liquide ou solide entre ces trois repas qui auront lieu à 8 heures du matin, à midi et à 7 héures et demie du soir.
6° Cas particuliers.
Chez quelques malades, on éprouve une grande difficulté à passer de la seconde à la troisième étape du régime, c'est-à-dire au régime définitif. Il semble, dans ces cas, que l'estomac se refuse à digérer les aliments animaux et que ceux-ci exercent sur ses fonctions une action excitante. Je reconnais ces cas exceptionnels aux cinq caractères suivants :
1° L'introduction de la viande dans l'alimentation, si modérée et si prudente qu’elle soit, provoque aussitôt des crises gastriques.
20 L'analyse chimique des matières fécales dénote la perte d'une quantité considérable d'azote qui passe inutilisée. Cette quantité qui, chez les hypersthéniques permanents, est habituellement de 10 à 12 p. 100 de l'azote ingéré, atteint 15, 20 et 25 p. 100.
3e La quantité urinaire de l'azote incomplètement oxydé croit sensiblement, ce qui abaisse vivement le coefficient d'oxydation azotée.
4° Le chimisme respiratoire indique que les féculents sont bien brülés, ce qui prouve que leur digestion et leur assimilation sont normales.
5° Le chimisme stomacal montre une très mauvaise digestion des albuminoïdes et une bonne digestion des féculents.
Dans la pratique, l'existence du premier et du cinquième de ces caractères suffira pour déterminer ce cas d'exception. Les malades qui les présenteront, après la première et la deuxième étape du régime, seront mis au régime végétarien et aux œufs. On permettra tous les légumes que l’on peut réduire en purée, le riz, les salades cuites, les artichauts, les épinards, les asperges, les carottes, lesnavets, les pommesdeterre, les haricots rouges et blancs, les lentilles, les pois, les pâtes alimentaires, les nouilles, le macaroni, les fruits cuits. Le lait, les laitages, les crèmes, le beurre font partie de ce régime, à l'exception des fromages fermentés. Le pain sera (oujours pris grillé et en petite quantité.
L'hygiène et le régime précédent répondent à l'indication dominante posée tout à l'heure, de diminuer, dans la mesure du possible, les excitations extérieures et les excitations alimentairesquientretiennent l’étathypersthénique de l'estomac.
F. — TRAITEMENT MÉDICAMENTEUX 1° Traitement médicamenteux physiologique ou sédatif.
Si nous sommes bien fixés sur les règles d'hygiène et de diététique qu'il est nécessaire d'appliquer aux hypersthéniques, il n’en est pas de même pour ce qui touche le sraitement médicamenteux. Quand on entre dans la voie des médicamentations, les réactions individuelles des malades sont si différentes, la posologie si variable, et par suite les insuccès si nombreux, que bien des médecins qui se sont spécialisés dans le traitement des maladies de l'estomac en arrivent àformuler uniquement des règles d'alimentation et d'hygiène, en s'abstenant de toute intervention médicamenteuse.
Nous avons fait plus haut le procès d’un certain nombre de médications, en particulier des amers et des strychniques. Ces agents excitent la fonction gastrique; ils conviennent aux dyspeptiques par insuffisance fonctionnelle, et l’on conçoit, d’après notre pathogénie, qu'en matière d’hypersthénie, il faut s'adresser essentiellement aux sédatifs.
En effet, ce qu'il s’agit de combattre, c’est l’hypersécrétion glandulaire, le spasme pylorique, la déperdition ou l’inactivité de la pepsine.
L'hypersécrétion sous-entend une excitation nerveuse directe ou réflexe qui dépasse les nécessités physiologiques et une suractivité circulatoire. Comment peut-on modérer ces deux éléments morbides? On y arrivera par deux procédés : l’un consiste à impressionner l’innervation et la circulation stomacales en frappant les centres nerveux, ce qui correspond à l'emploi de doses médicamenteuses massives qui provoqueront une dépression générale dont l'estomac prendra sa part; l’autre a pour but d'impressionner directement l'estomac en influençant les centres périphériques par une action médicamenteuse essentiellement locale, ce qui comporte l'emploi de doses très faibles, qui épuisent losalement leur activité, avec un minimum de réaction sur les centres nerveux et circulatoires et sur l'organisme en général.
Cette méthode thérapeutique nouvelle n'ira pas sans soulever de nombreuses objections. Ce n’est point ici le lieu de la commenter, puisque nous n'avons à nous préoccuper que des résultats, et je puis assurer que ceux-ci souvent sont satisfaisants et jamais nocifs. Qu'il me soit permis, cependant, de fournir trois arguments à l’appui de ma thérapeutique. C'est d’abord la contraction des veines variqueuses quand on injecte à leur voisinage deux ou trois gouttes d’une solution d’ergotine; puis c’est l’hypersécrétion de l'HCI stomacal après l'ingestion d'une dose insignifiante de bicarbonate de soude de 30 centigrammes ; enfin, c’est la diminution ou le retard de la sécrétion chlorhydrique, et, dans certains cas, l’arrèt des vomissements hyperacides après l’ingestion d’une ou deux gouttes
de laudanum ou d'une solution de chlorhydrate de morphine au cinquantième.
Pour modifier l’afflux circulatoire qui est l’une des conditions de l'hypersécrétion, l’ergotine est l’agentle plus recommandable. On se servira de l’ergotine Bonjean ou de l'ergotine Yvon, mais à toutes petites doses, ear je me suis assuré qu'avec des doses même moyennes, la sécrétion chlorhydrique tend plutôt à augmenter.
Les modérateurs réflexes que j'ai étudiés sont la morphine, la cocaïne, le menispermum cocculus où coque de Levant et son alcaloïde la pacrotoxine, le veratrum viride et la vératrine, la belladone et l'atropine, le cannabis indica, et enfin la so/anine.
On associera ces médicaments cireulatoires etmodérateurs nerveux suivant l’une des formules ci-dessous :
% Ergotine Bonjean. . . . . . . . . . . . ? grammes. FAUTEUIÉR ER OX =
Dissoudre, filtrer et mêler lentement avec :
— de veratrum viride.
— thébaïque.. . . . . . ) à. 5 grammes.
— de belladone, . . . . .., \ — debadiane . . . : . . . |
Teinture de menispermum cocculus. |
Filtrer. Donner de IV à VI gouttes dans un peu d’eau avant chaque repas.
Cette formule convient dans la majorité des eas ordinaires, sans prédominance spéciale. On peut y associer une des pilules suivantes au milieu des repas :
% Extrait gras de Cannabis indica . , . , . . . O#r,01 Poudre de feuilles de coca
ad , Osr,0:
Carbonate de potasse. jun cs Le
Chlorhydrate de morphine, . . . . . . . . . Oër,001 Extrait de douce-amère , . . . . . . . . . . Q.s.
Pour une pilule.
Dans les formes particulièrement douloureuses, quand
l'estomac est sensible à la pression ou spontanément, sans cependant qu'il y ait de l'intolérance gastrique :
224 SOLANINEN EUR CE RS Re ER NE It) Acide sulfurique dilué pour dissoudre. . Q.s. Chlorhydrate de cocaïne. . . . ),, re
Ë APM 0EL 0) — de morphine .
Ri'CROLONINe Re PU ë se Et dd Pr M0 0?
Sulfate neutre d’atropine . ni ; Ergotine von MER PE Er EEE animes Eau chloroformée ee PCR 0 OC ranmmes
M.s. a. et filtrez. Donner de V à VI gouttes avant chacun des deux principaux repas.
Pendant la première étape du régime, quand le malade est au régime lacté absolu, on administrera de I à III gouttes de cette mixture cinq minutes avant chaque prise de lait, soit de VI à XVIII gouttes par Jour.
Enfin, quand l'estomac est intolérant, que chaque prise de lait ou d’aliment quelconque provoque un vomissement, “ . supprimera la solanine et on augmentera la picrotoxine, suivant la formule ei-dessous :
PAPICLOLOXINE: M ME NT EE LD ET 0 DA U E AIT) Alcool pour dissoudre 0e "PEN PAONOS" Chlorhydrate de morphine . . . . . O05r,05 à 08r,10 Sulfate neutre d’atropine . . . . . . Osr,01 Ergotine Bonjean, MER OAI Same Eau distillée de laurier-cerise . . . . 10 grammes.
M. 8. a. et filtrer. Donner V gouttes de cette mixture cinq minutes avant chaque repas ou chaque prise de lait, sans dépasser XX goutles par jour comme maximum.
Enfin, il est loisible, suivant les susceptibilités individuelles, de laisser de côté les formules compliquées qui précèdent et d'utiliser seulement tel ou tel des médicaments qui entrent dans leur composition.
A l’aide de la médication précédente, on diminue l'irritabilité de l'estomac qui s'accroît toujours au moment de l'ingestion des aliments. Il s’agit alors de favoriser la digestion gastrique du repas ingéré, en administrant de la pepsine.
Nous verrons tout à l’heure, dans un paragraphe spécial, quelles sont les règles qui doivent présider à l'emploi de la pepsine, si injustement décriée aujourd’hui. Disons seulement que nombre d'hypersthéniques présentent de la pepsinurie digestive, c'est-à-dire qu'ils perdent une partie de leur pepsine au moment où celle-ci est appelée à jouer son rôle digestif, et que chez certains autres, il paraît y avoir insuffisance ou retard dans la formation de la pepsine. Et puis, nous savons par l'observation et par l'expérience que l'extrême richesse du suc gastrique en HCI inhibe dans une certaine mesure l’activité du ferment. Voilà plus de raisons qu'il n’en faut pour justifier l’usage de la pepsine.
On ordonnera donc un peu avant la fin du repas un des cachets suivants :
DAMPICDSINE AUTO DE, 50 MOINS RTS A à ie nos nom OBE TO
Mèlez exactement en un cachet.
On remarquera que j'indique la pepsine au titre 50, ce qui veut dire qu’elle doit être capable de digérer cinquante fois son poids de fibrine.
Puisque la digestion intestinale compense souvent l’insuffisance de la digestion gastrique, il est utile de lui porter aide, et pour cela on se servira de la pancréatine, formulée en pilules kératinisées, par conséquent insolubles dans l'estomac, car la pancréatine est annihilée par son séjour en milieu acide. On formulera :
% Pancréatine, . . . . . . . . . . . . . . . . Osr,10
Pour une pilule kératinisée. Donnez une ou deux pilules à la fin de chaque repas.
Deux à trois heures environ après le repas, quand paraissent les premiers symptômes de la crise gastrique, ou bien encore, au moment du réveil nocturne, on saturera l'HCI en excès et les acides de fermentation avee un des paquets composés à la magnésie, dont la composition à été
donnée plus haut. Quand il s’agit de crises minimes, caractérisées par une crampe d'estomac, une sensation de frisson, on pourra dédoubler la formule dont il s'agit et ordonner :
% Magnésie hydratée. Ne 75r,50 Sous-nitrate de bismuth . . . . . . . . 28r50 Craie préparée, . . . DM EN Me ame Chlorhydrate nn he SRE En te O0 PO Bicarbonateidelsoude AP ES 5 Cr aINeS:
LA Mêlez exactement et divisez en dix cachets. Prendre un cachet dès la première sensation stomacale ou dès les premiers indices de pyrosis; au bout d’un quart d'heure, si la sensation pénible persiste encore, prendre un second cachet.
Cette formule a l'avantage de pouvoir être mise en cachets, et quoique ceux-ci soient encore assez gros, ils sont toujours plus faciles à prendre que la poudre en nature qu'il faut délayer dans l’eau, et dont la saveur fade est insupportable pour quelques malades.
2° Traitements sédatifs complémentaires.
Tous les malades ne sont pas justiciables du même traitement, et si le précédent convient dans la majorité des cas, il importe néanmoins d’avoir d’autres armes à sa disposition, en cas d’intolérance ou de susceptibilité individuelles, comme aussi en cas d’insuccès du traitement de choix.
Les médicaments sédatifs complémentaires sont le phosphate tribasique de chaux, les bromures, l’arsenic, le sousnitrate de bismuth, l'acide cyanhydrique, la liqueur de Fowler.
Je ne connais aucune règle précise qui puisse servir d’indication pour le choix à faire entre ces agents. En cas d’insuccès du traitement de choix, le mieux est de procéder par tâtonnements, en suspendant l'essai à la moindre réaction.
Le phosphate tribasique de chaux, recommandé par Leven et par Coutaret, à la dose de ! à 4 grammes pendant le repas, agit comme sédatif de la sécrétion et comme topique
local.
Les bromures sont des sédatifs généraux et locaux, à prendre avant les repas. On ordonnera :
% Bromure de potassium . . . . . . . . 10 grammes.
Divisez en dix paquets. Donner un paquet dissous dans un peu d’eau, cinq minutes avant les repas.
On peut associer les divers bromures, la liqueur de Forwler, sédatif gastrique à petites doses, et la feënture de jusquiame, comme dans la formule ci-dessous :
% Bromure de potassium. . . . . . . . 10 grammes. — de sodium ss 5 = — d’ammonium . . . . . . . . 4 — Liqueur de Fowler . : 2 — Teinture de jusquiame . . . . . . . . 6 — Sirop d’écorces d’oranges amères . . . 100 —
Eau distillée. . «+ 200 —
F.s. a. Sirop, dont on prendra une cuillerée à soupe dans un peu d’eau, au commencement des repas.
Le sous-nitrate de bismuth à hautes doses a de nombreux partisans. On a préconisé le lavage, ou mieux le pansement de l'estomac avec de l’eau tenant en suspension une plus ou moins grande quantité de ce médicament. Je suis loin d'en contester l’avantage, puisqu'il figure dans plusieurs de mes formules, mais je repousse son introduction par la sonde, el je n'ai retiré aucun bénéfice des larges doses prescrites par ses promoteurs. En outre, il m'a paru provoquer de la constipation. Cependant, chez quelques malades, il agit manifestement comme sédatif, principalement dans les formes diarrhéiques. On le donnera alors de la façon suivante :
% Sous-nitrate de bismuth . . 41 à 3 grammes. Poudre d’opium brut. . . . . . . . 05,02 à 05,05 Mèlez exactement, pour un paquet.
Prendre au commencement des repas un de ces paquets délayé dans une cuillerée à dessert de la mixture ci-dessous.
% Acide cyanhydrique médicinal , . . . V gouttes. Eau distillée. oc. . . . . lo0 grammes.
3° Médication acide.
Cette médication, déjà vantée par Lazare Rivière et par Sylvius de le Boë, et fort en honneur en Angleterre, a été bien réglée puis vulgarisée en France par les travaux de Coutaret (de Roanne). J'ai eu souvent à m'en louer, et on en obtiendra quelquefois de remarquables effets quand on saura bien saisir ses indications qui sont assez précises.
À. — Ses indications. — La médication acide convient à un groupe d’hypersthéniques et est contre-indiquée chez les autres. Elle ne s'adresse donc pas à l'hypersthénie considérée en elle-même, mais à certaines particularités de celle-ci. On reconnaitra les hypersthéniques justiciables de la médication acide aux caractères suivants : à
1° La langue, au lieu d’être rouge comme il arrive dans la plupart des cas, est blanche, pâteuse, saburrale.
2° L’haleine présente une odeur de fermentation.
3° Les urines sont päles, abondantes, alcalines; elles fermentent facilement et laissent déposer un sédiment phosphatique.
4° Le régime lacté est plus ou moins mal toléré.
5° Les symptômes précédents s’accompagnent de diarrhée chronique.
6° Il y a des régurgitations ou des vomissements de matières ayant subi des fermentations anormales où putrides avec odeur d'hydrogène sulfuré ou de beurre rance.
1° Les symptômes précédents existent dans un cas d’hypersthénie avec chlorose.
B. — Agents et technique de la médication acide. — Au premier abord, il semblerait que l'acide chlorhydrique devrait être l'agent essentiel de cette médication, puisqu'il est l'acide normal de l'estomac. Mais c’est ce fait même qui est l'obstacle principal à son emploi, puisque, comme je l'ai dit plus haut, on ne concoit pas, d'une part, comment l'HCI peut être employé dans une affection où sa présence en excès constitue Jus-
tement l’un des éléments morbides prédominants, et, d'autre part, l'expérience a démontré son inutilité ou sa nocuité. c'était d’ailleurs l'opinion des médecins anciens qui considéaient l'HCIcommeun médicament médiocre et lui préféraient l'élicir de vitriol et l'esprit de nitre dulcifié".
Pour ma part, j'ai adopté l'acide sulfurique et azotique; les formules de Coutaret, bien étudiées, m'ont paru aussi Les meilleures que l’on pût employer, et je n’en saurais recommander de préférables.
% Acide sulfurique chimiquement pur. . 28r,40 Acide nitrique — — Osr,80 Alcool à 80° Cartier . . . . . . . ‘. . 18 grammes.
Laissez en contact pendant quarante-huit heures, puis ajoutez :
SITOpUe MONS 7100 rames.
Eau de fontaine. . . . . . . . . . . 150 —-
F.s. a. Solution sucrée, dont on donnera une cuillerée à soupe après le repas dans un demi-verre d’eau ou d’eau rougie.
On peut, suivantles malades, augmenter sensiblement cette dose et donner jusqu'à quatre et même six cuillerées de cette solution par jour, soit, par exemple, une première cuillerée aussitôt après le repas, une deuxième un quart d'heure plus tard.
Coutaret employait aussi une autre préparation, à laquelle