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E. — MÉDICATIONS DIVERSES

À côté du traitement fondamental dont la technique vient d'être exposée, l’insuffisance gastrique revendique la plupart desmédicationsstimulantesque nous avons repoussées du traitement de l’hypersthénie. En particulier, l'électricité et le massage sont tout a fait indiqués.

1° Électricité. — Les recherches de A. Jones, de Max Einhorn, entre autres, sont tout à fait caractéristiques. Max Einhorn, faradisant pendant dix minutes la surface interne de l’estomac, voit l’acidité du contenu gastrique s'élever de 25 à 50 p. 100. Cliniquement, il a vu l'HCI apparaître après la faradisation, chez un individu atteint de catarrhe chronique avec anachlorhydrie ; en outre, la faradisation fait diminuer, puisdisparaître les douleurs gastralgiques. Avec un courant d’une intensité de 15 à 20 milliampères et d’une durée de dix minutes, sans interruption du courant, la galvanisation directe de la muqueuse gastrique, avec le pôle négatif, semble plutôt diminuer l’acidité; avec le pôle positif, il ne parait pas y avoir de changement bien marqué.

Dans l'application clinique de l'électricité, on emploie communément la méthode de von Ziemssen. Avec de larges plaques de 12 centimètres sur 10, on pratique la galvanisation de l’estomac, l’anode étant placée sur le dos et la cathode au creux épigastrique. Pendant deux à trois minutes, on promène l’électrode négative sur l'estomac, et on termine par quelques inversions du courant, de façon à provoquer des secousses musculaires. On finit la séance par le faradisation cutanée au pinceau métallique, l’électrode positive étant maintenue sur l'estomac pendant qu'on effleure légèrement la peau au pinceau.

M. Glatz conseille d’alterner la galvanisation locale de l’estomac et la faradisation générale avec la galvanisation du grand sympathique : on applique la grande électrode à l'estomac, la petite au niveau du ganglion cervical supérieur; on utilise

un courant de 3 à # milliampères; la durée de la séance est de deux minutes. Quand il y a des douleurs, on galvanise l'estomac en appliquant l’anode à l’épigastre et la cathode au point dorsal où s’irradient les douleurs épigastriques. On termine la séance par quelques inversions du courant et par le faradisation du corps au pinceau. L’electrisation sera suivie d'une douche très chaude dirigée pendant trois à quatre minutes sur l'estomac ‘. Les recherches que j'ai faites à la Pitié avec leconcours de R. Régnier confirment l'opinion de Glatzau sujet de la valeur de l’électrisation du nerf pneumogastrique.

La séance d’électrisation sera pratiquée avant le repas; à ce moment, elle a l'avantage de stimuler l'appétit. — On a conseillé aussi de faire agir le courant pendant la digestion.

2° Massage. — Le massage de l’estomac a été bien étudié par Cautru” dans la thèse duquel on trouvera les renseignements les plus circonstanciés. Sans admettre avec lui que le massage est indiqué dans tous les types chimiques de la dyspepsie, J'accepte ses autres conclusions. Le massage détermine un meilleur brassage des aliments, une évacuation plus rapide de l'estomac, calme les douleurs, et améliore sensiblement le chimisme stomacal.

3° Moyens divers. — Le lavage de l'estomac n'est d'aucune utilité. — La douche intra-stomacale, àlaquelle Malibran attribue la propriété de stimuler la sécrétion du suc gastrique et la contractilité des tuniques musculaires, ne m'a pas donné, dans les trois cas où je l’ai essayée, les résultats annoncés par son promoteur.— Le nitrate d'argent me semble plus nuisible que favorable. — La créosote, à qui Klemperer reconnait le pouvoir de stimuler la contractilité, l’orexine ou phénydihydroquinazoline proposé par Penzoldt comme apéritif et stomachique, etc., sont inutiles ou nuisibles.

1. GLarz. — Des dyspepsies avec suppression de la sécrétion du sue gastrique et plus particulièrement de la dyspepsie neurasthénique. Genève, 1889.

2. F, Caurru. — De l'emploi des agents physiques et en particulier du massage dans le traitement des dyspepsies (Thèse de Paris, 1894).

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