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G. — TRAITEMENT HYDROLOGIQUE
41° Hydrothérapie.
L’hydrothérapie bien conduite produit quelquefois de remarquables effets. On ne saurait mieux faire que de suivre, pour son application, les préceptes de Glatz. Commencer par la douche générale, à 24° ou 22° centigrades, puis abaisser graduellement la température, par 2° à la fois, Jusqu'à 10°, ou même 8. Pour faire tolérer cette température basse, débuter par donner quelques jets d’eau à 24°. La douche sera donnée en jet plein ou légèrement brisé.
Glatz recommande aussi la pratique suivante : douche alternativement chaude et froide, en pluie ou en Jet plein, dirigée sur l’estomac pendant vingt à trente secondes, à la température de 32°-36°, puis vingt secondes à 10°-12, et ainsi de suite, en prolongeant la douche alternativement pendant trois minutes, et finissant l'opération par la douche froide, en pluie ou en Jet brisé, dirigée sur tout le corps pendant vingt à trente secondes.
« Les effets stimulants et vivifiants de cette douche ne tardent pas à se faire sentir et se manifestent bientôt par des digestions plus faciles; le malade gagne de l’appétit, il ressent moins de pesanteur après les repas, son sommeil est meilleur et plus réparateur et, conséquence toute naturelle, il a plus d’entrain, plus de vigueur, et surtout moins d’hypocondrie (Glatz). »
Quand, pour une raison quelconque, on ne peut conseiller l’hydrothérapie, je recommande instamment d’appliquer chaque soir, au moment de se coucher, la ceinture de Priessnitz, dite en Allemagne et en Russie « compresse échauffante », que l’on gardera pendant toute la nuit,
2° Cures hydro-minérales.
Autant les indications sont difficiles quand il s’agit de tracer le traitement hydro-minéral de l'hypersthénie permanente, autant elles sont simples dans le cas actuel. Tout à l'heure, je conseillais les cures balnéaires de préférence aux cures de boisson; ici, c’est exactement le contraire; la cure de boisson est la principale, la cure balnéaire n’est qu'accessoire et adjuvanteé.
Vichy occupe le premier rang dans la série. Son acide carbonique stimule l’appétit, son bicarbonate de soude active les sécrétions chlorhydrique et pepsinique, alcalinise les urines, régularise la nutrition. On commencera par la source de l’'Hôpital, à petites doses de 60 à 100 grammes, répétées deux à trois fois, à une demi-heure d'intervalle, la dernière dose devant être prise une heure exactement avant le repas. Puis, suivant les cas, on emploiera ou non les autres sources, la Grande-Grille par exemple, quand il y aura atonie hépatique, ou acholie, ou oligocholie.
Pouques conviendra mieux que Vichy chez les hyposthéniques anémiques, irritables, vertigineux et névralgiques.
Carlsbad et, sur un second plan, Marienbad, Tarasp, Brides augmentant les sécrétions du suc gastrique et de la bile, seront conseillés aux malades qui souffrent en même temps d’atonie intestinale.
Châtel-Guyon et Kissingen reconnaissent les mêmes indications.
Hombourg réveille l'appétit, stimule l'estomac, aide l’intestin, exerce son action tonique sur l'organisme. On conseillera de prendre le matin deux verres de la source Élisabeth, à une heure de distance et, dans l’après-midi, deux verres de la source Ludwig, dans les mêmes conditions.
J'ai employé comme succédanées de Hombourg, et avec de réels succès, chez des malades qui ne pouvaient se déplacer, les eaux de Santenay et de Maizières (Côte-d'Or). Ces dernières,
chlorurées-sodiques et lithinées, prises à la dose d’une bouteille par jour, soit avant, soit pendant les repas, me semblent destinées à prendre une place importante dans le traitement des insuffisances gastriques.
Royat sera recommandé aux arthritiques anémiques et nerveux; Saint-Alban, Neyrac, aux anémiques.
Enfin, Saint-Nectaire, avec ses sources multiples de minéralisation et de température différentes, réalise un ensemble qui en fait une station de choix, à la condition de surveiller de très près les fonctions de l'intestin, et d’administrer un purgatif salin dès que les garde-robes deviennent insuflisantes. Les sources chaudes du Mont-Cornadore, de Saint-Césaire ou du Gros-Bouillon, prises le matin, avec les sources Maurange, Rouge ou du Parc dans la journée, et la source Romaine en boisson pendant les repas, constituent une médication de premier ordre qui répond à la plupart des indications à remplir.
3° Bains de mer.
Ils sont utiles dans l'hyposthénie, mais à titre accessoire. Les plages du Calvados, du Nord et de la Bretagne conviennent aux déprimés et aux atoniques, aux surmenés du travail ou du plaisir, aux dyspeptiques de la croissance, aux sédentaires, à la condition qu'ils ne soient pas rhumatisants.
4° Climatothérapie.
Toutes les cures d'altitude sont indiquées en principe. On guidera son choix sur les particularités individuelles à chaque malade.
Des troubles gastriques dus aux fermentations anormales dans l'estomac.
À. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Les fermentations anormales de l'estomac ne constituent pas une espèce morbide définie ; si je les étudie à part, c’est
que les troubles qu’elles provoquent ont un aspect particulier et nécessitent une intervention thérapeutique spéciale ; mais il faut bien savoir que les fermentations anormales se rencontrent au cours de toutes les dyspepsies, qu'il n’est pas de maladies gastriques qui ne les présentent à titre de complications, et que, par conséquent, le traitement de ces fermentations doit logiquement accompagner le régime et la médication propres à toute gastrite. C'est pour ne pas me répéter à chaque instant que j'ai trouvé préférable de consacrer un chapitre particulier aux fermentations vicieuses dans l'estomac.
Toutes les fois qu'il y a fermentation digestive anormale, les conditions chimiques de la transformation des aliments se trouvent modifiées d’une facon essentiellement variable, ce qui peut naturellement produire des effets très divers; mais, malgré cette extrême variété des aspects, les phénomènes dominants sont dus à une cause unique, les fermentations anormales.
Ces fermentations peuvent causer au malade les troubles les plus douloureux, parmi lesquels le plus apparent et en même temps le plus pénible est certainement la flatulence. En outre, la présence dans l'estomac de substances anormales et surtout d'acides organiques en excès, provoque également des accidents gastriques secondaires qui accroissent les difficultés de la digestion.
B. — CONDITIONS ÉTIOLOGIQUES
Les fermentations digestives commencent dès le début de la digestion stomacale, mais il est impossible de les séparer des fermentations vicieuses qui se produisent dans l'intestin une fois que le bol alimentaire y a pénétré, car celles-ci sont la suite régulière de celles-là. Il n'existe pas de trouble digestif gastrique qui n’ait de retentissement sur les fonctions intestinales. Les deux ordres de phénomènes s’observeront donc dans les cas de fermentations vicieuses.
Toute dyspepsie, qu'elle soit hypersthénique ou hyposthé-
nique, peut s'accompagner de fermentations anormales. On a voulu faire de celles-ci un accident particulier des dyspepsies par insuffisance; c’est une grave erreur, attendu qu'au contraire, les fermentations anormales se rencontrent peut-être plus souvent chez les hypersthéniques que chez les dyspeptiques par insuffisance. L'opinion primitive et classique se trouvait basée sur la supposition, toute théorique, que l'acide chlorhydrique jouait dans l'estomac le rôle d’un antiseptique; or, il n’en est rien, et, pour mon compte personnel, j'ai constaté des fermentations vicieuses chez la plupart des hypersthéniques, et le titre des acides de fermentation s’est élevé chez plusieurs d’entre eux jusqu'à plus de 2 grammes. La recherche de l’acide sulfurique conjugué, dans l'urine, fournit une autre preuve de la fréquence des phénomènes de fermentation chez les hypersthéniques. On saitque le soufre existe dans l'urine sous plusieurs formes : l'acide sulfurique préformé, l'acide sulfurique conjugué et le soufre incomplètement oxydé; or, toutes les fois que des fermentations vicieuses se font dans les intestins, c'est-à-dire quand l'estomac livre à l'intestin un chyme riche en acides organiques et en ferments divers, il y a fabrication de scatol, d'indol, de phénol ordinaire et de phénols divers; ces composés, une fois entraînés dans la circulation, se combinent avec l'acide sulfurique et passent dans l’urine à l’état de corps sulfo-conjugués ; la recherche etle dosage de l’acide sulfurique conjugué est donc un excellent moyen de juger de l’importance des fermentations vicieuses.
L'expérience m'a démontré que l’on trouve toujours une bien plus grande quantité de sulfo-conjugués dans les cas de dyspepsie hypersthénique que dans ceux d’hyposthénie gastrique.
On trouvera également des fermentations anormales toutes les fois où, pour une cause quelconque, les aliments séjourneront trop longtemps dans l'estomac, en dehors mème de toute dyspepsie, par exemple, dans une indigestion accidentelle. Mais c’est là un cas rare, et la sase provient ordi-
nairement de la distension par spasme pylorique, de l’atonie ou, plus rarement, de la dilatation vraie.
L'introduction dans l’estomac des aliments métazymes de Gubler (nous avons vu que ce sont les matières qui arrivent déjà en voie de fermentation ou qui portent en elles leur ferment, conserves, fromages, gibier, etc.) est aussi une cause fréquente de fermentations vicieuses chez les sujets dont le tube digestif n’est pas en bon état.
La mauvaise mastication en est une autre cause, encore plus fréquente; tout individu qui, soit à cause de ses mauvaises dents, soit en raison d’une mastication trop rapide, mâche mal ses aliments, introduit dans son estomac et dans son intestin des matériaux insuffisamment élaborés qui présentent à la digestion une masse trop compacte pour être facilement pénétrée par les sucs digestifs, de sorte que l’on obtient ainsi le même résultat que par la stase; la digestion est lente et des fermentations anormales se produisent.
Dans les gastrites chroniques, l'estomac ne représente plus qu'un vase inerte où la digestion normale ne peut plus s’accomplir, puisqu'il n’y existe plus de sucs digestifs; il se fait donc plus facilement que dans tous les autres cas des fermentations vicieuses.
Enfin, dans le cancer, qui s'accompagne toujours de gastrite chronique, les fermentations anormales sont également la règle. On a même voulu faire de la présence de l'acide lactique dans l'estomac un élément de diagnostic du cancer, mais c'est une erreur; certes, il y a presque toujours de l'acide lactique dans l'estomac d’un cancéreux, mais cela montre tout simplement que la digestion s'accomplit mal, et le même fait se retrouve dans toutes les affections que nous venons de passer en revue; on ne peut donc en faire un élément sérieux de diagnostic.