‹ Traité de thérapeutique appliquéeChapitre 94 sur 178 · Voyez page 252 la formule de cette liqueur acide · texte numérisé non relu

Voyez page 252 la formule de cette liqueur acide

qui sont les agents indispensables de la digestion normale. Dans cet ordre d'idées, j'ai proposé d'utiliser le uorure d'ammontium, très employé dans les industries des bières et dans celles de la distillerie pour arrêter la fermentation lactique. A la dose de 1 p. 1000, ce sel jouit de la propriété d’arrêter le développement du ferment lactique. J'ordonne donc au malade de prendre, après chacun de ses repas, une cuillerée à soupe de la solution suivante :

MBaUNdS CIE EEE PS 00 rames Eluorure d'ammOonItnNe RS il —

Dissolvez.

Si le malade ne prend, comme je l'ai indiqué, que de petits repas souvent répétés, on lui ordonnera seulement une cuillerée à café de cette solution après chaque repas.

Dans le même ordre de faits, le soufre 1oduré n° 2 préparé par M. le professeur Prunier, administré à la fin de chaque repas, en cachets de 08,10 à 05,30, m'a aussi rendu de grands services, surtout quand les fermentations s’accompagnent de grands développements gazeux.

Enfin, je conseille aussi l’iodure double de bismuth et de cinchonidine que j'ai introduit dans la thérapeutique sous le nom d’érythrol. Ce sel, qui se présente sous l'aspect d'une poudre rouge vif, insoluble dans l’eau et inodore, convient particulièrement dans les fermentations butyriques. On le prescrit ainsi qu'il suit :

AD SANTO STEAM RES ES D 10 Fluorure de calcium. . . . . . . . . 08r,02 à O08r,10 Magnésielcalcinée "mm un 08 10

Mêlez exactement. Pour un cachet. Donnez un cachet à la fin de chaque repas.

Le naphtol-p, à la condition d’être employé à très petite dose (0%°,05 à 0:',10) à la fin du repas, peut rendre des services :

YANAPhTOLE BE SPEED STE NO EI ID) Charbon de peuplier CC CAUSE OÙ

Mêlez exactement. Pour un cachet. Un cachet à la fin des repas.

Ces divers médicaments seront conseillés contre les flatulences et contre la fétidité de l’haleine. Dans ce dernier cas, veiller rigoureusement aux garde-robes.

4° Lavage de l'estomac.

Le lavage de l'estomac a été très employé systématiquement dans les fermentations anormales et n’a fourni que de très médiocres résultats, ce qui était à prévoir. En effet, ce procédé ne peut rendre des services que comme évacuant, dans les cas de stase avec impossibilité réelle pour le bol alimentaire de quitter normalement l'estomac. Mais le lavage préalable ne peut donner aucune amélioration, puisque c’est après l'ingestion des aliments que se produisent les phénomènes qu’il s’agit d'arrêter.

Nous réserverons donc le lavage de lestomac pour les cas accidentels où nous nous trouverons en présence de malades à estomac très distendu, atteints de crises violentes, et chez lesquels l'évacuation pylorique de l'estomac est très difficile ou très retardée. Il vaudra mieux alors, pour arrêter la crise et remédier à la stase, vider l’organe avec la sonde et pratiquer ensuite un nettoyage que l’on terminera par l’administration de calmants. Mais il va sans dire que ce n’est pas là un procédé véritable de traitement des fermentations diverses qui peuvent se passer dans l’estomac d’un dyspeptique.

On a employé, pour faire ce lavage, les liquides les plus variés : eau de Vichy, solution de bicarbonate de soude, de sulfate de soude à 6 p. 100, ‘ymol (0,50 p. 100), acide borique (3 p. 1000), sahicylate de soude (2 p. 1000), résorcine (2 à 3 p. 1000), acide phénique, permanganate de potasse, eau naphtolée, eau chloroformée, lait de bismuth (20 p. 500), acide chlorhydrique à 2 p. 1000, ete.

On pratique le lavage à jeun. — Il reconnait deux indicatons : vider l’estomac quand il ne se vide pas spontanément, et calmer les douleurs qui ne sont pas atténuées par d'autres procédés, Il favorise les garde-robes, mais il diminue l'appétit et

n'améliore pas la digestion gastrique. Il est encore indiqué dans les énormes distensions qui tiennent à une contracture du pylore ou à une dégénérescence des fibres musculaires lisses de l'estomac (dilatation vraie de l’estomac), alors que l'organe est dans l'impossibilité de se vider, et que les produits de fermentations vicieuses qui y stagnent engendrent des accidents d'intoxication.

5° Traitement des phénomènes de flatulence.

Contre la flatulence ordinaire des dyspeptiques, c’est-àdire celle qui est réellement causée par la production des gaz de fermentation, flatulence relativement peu abondante et encore à peu près supportable, il est évident qu'il n’y a pas autre chose à faire qu'à modérer la fermentation ellemême à l’aide des moyens précédents, en y associant le charbon, dont l'utilité n’est pas à démontrer.

Mais quand on a devant soi des malades qui sont atteints de cette flatulence réflexe explosive qui met le sujet à la torture, il est nécessaire d'intervenir d’une manière spéciale et plus décisive.

Dans ces cas, l’irritation gastrique amène une sorte de parésie motrice des couches musculaires de l'estomac, d’où diminution de la pression de celles-ci sur les capillaires et exosmose des gaz du sang.

L’estomac se trouve alors rempli de gaz, distendu d'une manière atrocement pénible pour le malade, et aussitôt que. des éructations ont vidé l'organe, celui-ci se remplit de nouveau, et la scène dure ainsi des heures, le plus souvent jusqu'à ce qu'une indigestion avec vomissement ait enfin débarrassé l'estomac des aliments qui l’encombrent.

Pour obvier à cet inconvénient, il faut que le malade prenne l'habitude de vider l'estomac des gaz qui l'emplissent, chose parfois difficile et qui ne s'obtient que par une véritable gymnastique. Il faut ouvrir l’æsophage en ingurgitant un peu d’air et en abaissant et relevant successivement

la tête. Une fois l'ouverture obtenue, les gaz s’échappent avec bruit, mais sans douleur. L'opération doit être pratiquée avant que la tension gastrique ne soit trop forte, car dans ce cas elle devient plus difficile à réaliser. Une fois habitués à cet exercice, les malades peuvent même arriver à rejeter volontairement leur bol alimentaire, et mieux vaut qu'ils le fassent dès qu'il est rendu évident par l'abondance des éructations que la digestion ne se fera pas normalement, car au bout de trois ou quatre heures après le repas, le rejet devient nauséeux et par conséquent pénible. Au contraire, quand la régurgitation se fait au début, elle est à peine désagréable.

Une fois l’estomac délivré, le malade prendra un des cachets composés à la craie préparée indiqués plus haut et se reposera. Au bout d’une à deux heures, il est rare que le besoin d'aliments ne se fasse pas sentir; il prendra alors un peu de ait additionné d’eau de chaux. On remarquera qu'ici J'indique le lait, après l'avoir défendu dans le régime; c’est que nous nous trouvons en présence d'une crise aiguë au cours de laquelle une autre alimentation serait difficilement tolérée.

Si la crise est particulièrement douloureuse et accompagnée de migraine, ce qui est le cas dans les grandes fermentations des hypersthéniques, il est préférable de juger la situation en administrant un hypnotique, mais il est alors utile, comme l’a jadis conseillé Bardet, d’ordonner l’hypnal, qui est une combinaison définie de chloral et d’antipyrine non irritante, plutôt que le chloral, qui irrite toujours l’estomac, au grand détriment de la muqueuse. Le malade s’endort alors et cesse de souffrir, et quand il se réveille, la crise est terminée.

Page 1