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C. — MÉDICATIONS DES TROUBLES DE FERMENTATION

Dans le traitement des accidents gastriques qui nous occupent, les médications à la mode sont les alcalins, les antiseptiques, l’acide chlorhydrique et le lavage de l'estomac qui,

malgré l'éclipse sérieuse qu’il subit, est cependant encore très en honneur auprès d’un certain nombre de médecins. Passons en revue les effets que ces divers traitements peuvent produire sur les malades qui souffrent de troubles de fermentation.

4° Alcalins.

Inutile de rappeler encore que l'administration des alcalins, et particulièrement du bicarbonate de soude à hautes, à très hautes doses, est le grand cheval de bataille d’un grand nombre de médecins, non seulement en cas de fermentations vicieuses, mais aussi dans le plus grand nombre des dyspepsies.

Pour montrer d’une facon saisissante l’effet des alcalins en cas de fermentation lactique, la plus fréquente de toutes, il suffit de rappeler l’expérience bien connue de Bourget. Prenez une certaine quantité du contenu stomacal chez un malade atteint de fermentations. Faites deux parts du liquide : l’une est saturée de bicarbonate de soude, l’autre est laissée telle quelle, et les deux vases sont mis à l’étuve. Au bout de trois heures, refaites le dosage, vous constaterez que le verre qui contenait le liquide normal est à peu près au même titre, mais que le verre qui renferme le liquide saturé contient plus d'acide lactique qu'avant la saturation. Il a donc fallu que l'acide nouveau soit fabriqué dans le liquide; par conséquent, l’addition d'un alcalin à eu pour résultat d’exciter dans la masse la production de l’acide anormal. Cet effet était à prévoir, puisque les milieux alcalins sont éminemment favorables à la vie du ferment lactique.

C'est le même résultat qui sera obtenu dans l'estomac; il faut donc se garder d’administrer du bicarbonate de soude 4 hautes doses aux sujets atteints de fermentation lactique sous peine de voir celle-ci s’exaspérer secondairement.

Cependant, il est nécessaire de saturer l'acide lactique ou les autres acides de fermentation qui provoquent des symptômes locaux de pyrosis et des réflexes nombreux.

Pour obtenir la saturation, on emploiera le carbonate de

chaux, qui n'aura pas les inconvénients du bicarbonate de soude. La formule que j'ai déjà indiquée pour le traitement de l'hypersthénie pourra servir, en la modifiant de la façon sui-

vante :

HACTAEMPrÉPATÉ NN NP RP ANT AMIMTES Sous-nitrate de bismuth . . . . . . 05,20 à 0sr,60 Chlorhydrate de morphine. . . . . 05,001 à O0sr,002 Magnésie hydratée "1117 MNSTAMImMe

Ms. à. Pour un paquet à prendre en une seule fois dans un peu d’eau une à deux heures après Le repas.

2° Médication acide.

L'emploi systématique de l'acide chlorhydrique dans les fermentations est aujourd'hui une question de pratique jugée. Il suffit, pour être convaincu, de se rappeler ce que nous avons dit précédemment des fermentations chez les hypersthéniques. Pourtant, l'usage de l'acide chlorhydrique peut rendre effectivement certains services. Seulement, il faut distinguer et reconnaitre d'abord si le suc gastrique contient ou non au préalable de l’acide chlorhydrique libre en excès, car en cas d'hyperchlorhydrie, il est évident qu'il serait mauvais d’administrer cet acide.

Quoi qu'il en soit, si l’on fait deux parts d’un liquide gastrique titrant, par exemple 1,60 d'acide lactique, et si l’on ajoute dans un des verres 1 p. 1000 d'acide chlorhydrique, on constate après deux heures de séjour à l’étuve que ce dernier contient la même quantité d'acide lactique, tandis que celui qui est resté intact en contient davantage.

Il sera done utile d'administrer un verre à madère de solution chlorhydrique à 1 p. 1000 ou 2 p. 1000 au milieu du repas, et un autre à la fin, en cas d'hyposthénie accompagnée de fermentations organiques.

Au contraire, quand les fermentations se surajoutent à l'hypersthénie, l'acide chlorhydrique me paraît contre-indiqué. Mais alors, on pourra utiliser les autres acides minéraux,

comme le mélange d'acide sulfurique, d'acide azotique et d'alcool dont il a été question plus haut !, à propos du traitement de l’hypersthénie, puisque cette médication acide a le double avantage d’inhiber la sécrétion de l'acide chlorhydrique et de mettre obstacle aux fermentations organiques. Comme le cas auquel je fais allusion est Le plus fréquent, ainsi qu'il ressort de mes recherches, c'est cette médication acide à laquelle on devra avoir le plus souvent recours. On l’administrera aussitôt après le repas à la dose d’une cuillerée à soupe, renouvelable, suivant le cas, une à deux fois à un quart d'heure d'intervalle.

3° Médication antiseptique.

Sans revenir sur les considérations antérieurement développées au sujet de l’inutilité ou des inconvénients des antiseptiques classiques dans le traitement des fermentations gastro-intestinales, disons seulement que pour pratiquer une antisepsie réelle, il faudrait employer de telles doses médicamenteuses que la fonction peptique s’en trouverait aussitôt entravée. Donc, je repousse l'emploi du naphtol, du benzonaphtol, du bétol, du salicylate de bismuth, du salol, etc., aux doses auxquelles on les prescrit aujourd'hui. Ces médicaments ne conviennent nullement aux hypersthéniques dont ils irritent les voies digestives, sans compter leurs autres inconvénients, témoin la curieuse observation de M. Brossard (du Caire) qui a vu des accidents graves d’obstruction intestinale succéder à l'emploi du salol. Tout au plus, peut-on conseiller de minimes doses de naphtol-6,10 centigrammes environ, à la fin des repas; au moins, avec cette dose, est-on sûr de ne produire aucun dommage.

Ce qu'il faut rechercher, ce sont des agents médicamenteux capables d’entraver l’action des ferments figurés sans agir en même temps sur les ferments solubles, sur les zymases

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