Voyez TRAITEMENT DES HÉMORRHOÏDES, fascicule XI, p
que j'ai entreprises avec Küss tendent à prouver que leur présence est exceptionnelle dans l'estomac. Il est beaucoup plus probable que l’hypertrophie fonctionnelle du foie, si fréquente qu'elle fait partie habituelle de Ia symptomatologie de l'hypersthénie, est due à l'excitation du foie par le passage incessant sur l’ampoule de Vater d’un chyme hyperacide. Ce contact amène une hypersécrétion biliaire répétée et par suite une hypertrophie fonctionnelle du foie. La fréquence de l'hypertrophie hépatique dans l’hypersthénie pure, sa variabilité, sa dispariüon quand la maladie s'améliore, sa rareté dans les dyspepsies de fermentations liées aux insuffisances, sont autant de preuves à l'appui de cette mamière de voir.
Cette pathogénie admise, la meilleure manière de traiter ces accidents hépatiques est de combattre l'hypersthénie causale etde saturer les acides qui viennent exciter réflexement le foie à leur passage dans le duodénum. On administrera donc systématiquement, trois heures après les repas, un cachet de la poudre composée à la magnésie; on remédiera aux fermentations lactiques par l'emploi du naphtol à toutes petites doses, du soufre ioduré où du fluorure d'ammontum, aux fermentations butyriques par l'éythrol. Si l'état hépatique est de date déjà un peu ancienne, employer l'acide arsénieuxr, qui à la faible dose de 1 à 2 milligrammes par jour, agit comme modérateur du foie. Les cures de Vicky, Carlsbad, Brides, Hombourg complètent le traitement.
Je considère la glycosurie comme une complication assez commune de lhypersthénie gastrique. Cette glycosurie, minime d'abord et seulement appréciable dans l'urine de la digestion, a pris, dans quelques-unes de nos observations, les allures du diabète vrai.
On la reconnaît aux signes suivants : symptômes d'hypersthénie, gros foie sensible à la percussion, 2 à 10 grammes de glucose par litre dans l'urine de la digestion, pas de glucose dans l'urine du jeùne. Je l’attribue à une suractivité hépatique provoquée, comme lhypercholie et l'hypertrophie de l'organe par l’excitation acide du duodénum et de l’am-
poule de Vater. Elle diffère donc de la glycosurie alimentaire qui est un signe d'insuffisance hépatique.
Cette pathogénie explique la transformation possible de cette glycosurie en diabète, quand le foie continue pour son propre compte l'excitation d'abord réflexe. Elle sous-entend aussi la thérapeutique : régime lacté absolu, emploi judicieux des modérateurs de l’activité hépatique (acide arsénieux, antipyrine, carbonate de lithine, valériane, codéine, optun, belladone, etc). On commencera par le régime lacté et le traitement strict de l'hypersthénie qui suffiront à faire disparaître la glycosurie. On n'emploiera la méthode anti-diabétique qu’en cas d’insuccès.