CHAPITRE IV
TRAITEMENT DU LYMPhATISME ET DE LA SCROFULE
ALBERT JasiAS Iklt>dei:ia lia l'HApluI Trou^eai
Indications générales du Traitement.
Nous ri^unissons dans un mt^me chapiire le lymphalisniL' et la scrofule, car ces deux termes répondent à la même maladie constitutionnelle. On peut objecter avec raison que le lympbatisme n'est pas une maladie, mais une manière d'être de la constitution, une dii^position hi^n^ditaire; il n'en est pas moins avéré que le lymphatisme a sa physionomie propre, son individualité, et engendre des accidents cutanés et muqueux, qui définissent la scrofule. On nait lymphatique et on devient facilement serofuleux. Cet état lymphatique et ces manifestations de la scrofule ne sauraient être séparés, car ils se corap!^tent mutuellement. Et cependant, il est impossible de préciser où finit le lymphatisme et ofi commence la scrofule; nous avons d'un cdté la disposition hért^ditaire, la constitution lymphatique, et d'un autre côté les accidents, les lésions de la scrofule- Nous ne sommes arrêtés par aucune démarcation. Nous conservons ces dénominations, parce qu'elles sont con-
m TRAITE DE THÉRAPEUTIQVE APPLIQUEE.
sacri^es par l'usagp. Lorsque nous envisageons 1b scrofule d«J Bazin, nous aboutissons à cette conclusion que le cadre du^ cette maladie constitutionnelle a H6 trop élargi. Les remai qualiles travaux île Grancher et la di^couvertc du bacille de Koch ont modilié entièrement nos idt^es sur la scrofule de Bazin et démontrent jusqu'à l'évidence que l'ensemble des alTections attribuées k la scrofule relève de la tuberculose. Ainsi élaguée^ la scrofule se trouve réduile à de simples proportions et com prend, non en totalité, les deux premières périodes de lascrc fuie de Bazin. Nous avons donc h n<ius occuper du tempi raraenl lymphatique et des affections du système tégumeD' taire, qui lui restent subordonnées.
Le lymphatisme était regardé par Vidal comme un vica^ originel, imprimant son cachet spécial à toutes les afTectioi qui se greffaient sur lui. Ce vice originel, c'est le développa ment anormal du système lymphatique, c'est l'extrême imprM sionnabilité de ce système, se révélant par des l^-mphangitesl et des adénites; c'est la disposition an.v processus ulcéreux, c'était la tendance aux suppurations abondantes el de longue 1 durée. Le lymphatique a sa note caractéristique, avec dit S nuances variées; il s'impose à tout examen médical par Ifll gonflement de sa lèvre supérieure et par la conformation de son crâne, dont la partie postérieure est singulièrement développée, le front abaissé, les mâchoires larges et fortement «ceusées. Le visage est tantiH coloré, animé (beauté scrofulêuse). tantAt, et le plus souvent, pâle, terne et mat; l'œil est vif ou morne, languissant. Les chairs, molles et flasques, accompagnent une véritable polysarcic. ou bien la peau, blanche et rosée, terne ou brune, coïncide avec une maigreur exagérée. La chevelure elle-même peut être épaisse et luxuriante, ou rart* et clairsemée. La température du corps est souvent et notablement abaissée, ainsi qu'en témoignent les mains et tes [lieds froids, humides et violacés, des lymphatiques. En un mol la physionomie du lymphatique varie à l'inPini, d'aulanl plus que sa croissance est entravée dans son évolution et qu'il existe un défaut d'harmonie entre les différentes parties du
TRAITEMENT DU L^MPHATISME. 'M
eorits. Dans Imit c'pst un contraste fi'n|)|)uiit aussi bien au physique qii'avi moral. Nous n'insistpi'ons pas davantage.
En semblable occurrence, le mt-dccin doit s'efforcer di- nindifier la constitution lymphatique, ce terrain si favorable au bacille liibercuieux et si fertile en affeclions se localisanl sur la peau et sur les muqueuses. Ces affections, que Bazin a décrites avec un rare talent, peuvent f'tre précoces et se montrer entre la première et la seconde dt-ntilion ou k une époque plus tardive.
L'eczéma et l'impétigo du cuir chevt-lu sont en général les premiers accidents de ta scrofule primitive de Bazin et coexistent avec des engorgements ganglionnaires du cou. toujours sympathiques. A côté de cesalfections cutanées superficielles ou scrofulides humides, se trouvent les scrofulides s&ches. telles quei'érythéme induré, le prurigo, le lichen polymorphe, etc., etc. Les membranes muqueuses sont également susceptibles de subir un pracessus irritatif, inllammatoire, plus ou moins long et tenace et appelant une médication spéciale. Nous signalerons le coryza, l'otorrhée, les blépharites. les ophtalmies, la stomatite, l'amygdalile liyperlrophique, les bronchites répétées, la vulvite, la bahinite, efc, etc.
Ainsi donc, le médecin doit se soucier de modifier, de l'ortilier une cmistitution lymphatique aussitfit qu'il la reconnaît. Ce lymphatisme peut être soup<;onné dés la naissance par la santé antérieure des parents ou par ses premières manifestations. L'allaitement constitue alors la première préoccupation du médecin. Il faut insister sur l'allaitement au sein et choisir une nourrice parfaitement saine, exemple de toute lare; il importe de surveiller l'igoureusement un semblable allaitement. A défaut do l'allaitement par le sein, il convient d'exiger l'allaitement avec un lait provenant d'une vache préalablement soumise à l'action de la tuherculine ou avec le lait stérilisé, afin de ne pas exposer un semblable enfant à contracter une tuberculose. Ji' n'insiste pas, car cette pratique est aujourd'hui admise par tout le monde. — En outre, il importe de supprimer toutes les causes qui sont sus-
tm rHAlTK DE THÉRAPEUTIQUE APPLIQUEE,
ci'iitiblfs de favoriser lu production de la sci'ofulc pI d'appliqiioravec intelligence los lois de ^hJ■gi^^elapl^lsfI^mpntai^e: ii faudra s'efforcer d'installer les enfants dans une chambre vaste, exposée au midi et suffisamment afrfe; 11 faudra veiller à ce que l'air soit pur et renouvela* souvent; il faudra surveiller leur sevrage et ultérieurement exiger que leur nourriture soit toujours de bonne qualité. Ce trailenienf préservatif, lorsqu'il pourra être appliqué de bonne heure, est sans conteste la meilleure thérapeutique à opposer au lymphatisme et à ses manifestations. Au fur et à mesure que l'enfant lymphatiqm croit et se développe, les mêmes préoccupations s'imposent au médecin traitant : rien n'est à négliger chez un lymphatique, ni son alimentation, ni son hygiène individuelle. Ne nous dissimulons pas que le lymphatisme peut se révéler A. la suite d'une alimentation insuffisante, défectueuse, comme ta conséquence d'une hygiène déplorable.
En thèse générale, presque absolue, il faut attendre que les enfants aient deux ans pour leur permettre de manger de la viande. Plus tard, loi-squ'ils s'accusent lymphatiques, il faut leur donner du pain, plutôt cuit, des œufs, du poisson, ilc ta viande, du beurre, des graisses de volailles, de la charcuterie, du fromage, des pommes de terre, des haricots, des pois, dos lentilles, des confitures, etc.. etc. Comme on le voit, les amylacés, les aliments riches en albumine, les graisses et le sel doivent entrer dans l'alimentation journalière desenfant.s Ijinphatiqucs : leurs repas seront réglés et répétés, car les ropa» trop copieux engendreraient des accidents de rachitisme. Il ne faut prescrire l'huile de foie de morue, les sirops amer». iodés, ferrugineux, et les préparations phosphatées, notamment le phosphate de chatix. que lorsque la croissance devient exagérée.
L'hygiène individuelle des lymphatiques implique le choix des vêtements de laine et de coton, et, ainsi que nous le disions plus haut, commande de les faire séjourner dans des chambres vastes, aérées et où pénètrent la lumière et le soleil. Autant que possible, il faul rocbenhei- l'air marin (Pré-
TiUlTEMENT UU LVMPHATISME. 101
sailies, Sablps-d'Ûloniio. Royan, Arcachon, BiariUz, Saînl- Jpan-de-Liiz. Menton, etc.) ou l'aii" de la montagne; mais tous les tempéramenls lymphatiqnt^s ne sont pas «'■gaiement aptes à subir l'influence de l'air marin : les nerveux notamment prêtèrent l'air vif des montagnes on l'air marin sur une plage du Midi.
Les tempôramenis lymphatiques à allure torpide, au contraire, seront avantageusement influenct^s par un si^jour prolonge au bord de la nier, de préférence surune plage du Nord, Les bains de racr froids ou chauds leur conviennent également, tout en tenant compte du ta susceptibilité individuelle. Cette action salutaire de la mer est universellement admise. Au récent Congrus de Boulogne, M. Calot la proclame souveraine pour assurer le traitement prophylactique de la tuberculose chez un sujet prédisposé. Néanmoins le traitement du lymphatisme et de la scrofule par un séjour prolongé au bord de la mer comporte une surveillance médicale et reste subordonné à un ensemble de considérations individuelles. Les frictions stimulantes, l'hydrothérapie, ne sauraient être délaissées, car ces pratiques appartiennent à l'hygiène générale de toutes 1^8 constitutions débilitées. Nous avons exposé succinctement la conduite qu'il importe d'adopter lorsque nous nous trouvons en présence d'une conatitutinn lymphatique, indemne de toutes ces affections cutanées et muqueuses qui révMent la scrofule. En présence de ces accidents, notre thérapeutique doit être palliative ou curative et comporter une double médication externe et interne, que nous associerons le plus souvent à un traitement hydrominéral.
Avant d'aborder le traitement des aiïeclions scrofulenses, nous devons nous demander, avec Bazin, si la thérapeutique dispose d'une médication spécifique. Or le lymphatisme et la scrofule n'ont pas de remède spécifique. Les considérations générales dans lesquelles nous sommes entré le démontrent suralioudanmient. Et cependant un f;rand nombre d'agents ont été pn!inés comme spécifiques île la scrofule. Nous signalerons l'iode, si vanté par LuguI, les plantes antiscor-
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Iiuliqucs, Ip souiri'. si rpcommaiid*^ par Bordcu [eaiis sulfti- | iTiisps iii> Uar&gps), li' mcrt-ure, à une i^poqtie où on confotiilaif la scrofule avoc la syphilis, l'or, que pr(''cunisaiL>nt les mf'decins do Montpellier, le carbonate de potasse, les préparations alcalines, le muriate de baryte, snrtout employ<^ en Allemagne, rhnile de foie de iiiorue, le fer, Ja cigul^ l'eau de mer, etc., etc.
(jnol qu'il en soil, nnns insisterons sur la valeur de ces agents, de ces ni<^dicatiiins divei-ses, en passnnl en revue les scrofiilides cutanées et mnipu'uses i]ue nous reurnnlrons aux divers âges de la vie.
Traitement des scrofuUdes cutanées.
Les scrofulides cutani^es unt ^16 divisi''es par Ga/in en j i-crofiilides superficielles, primitives ou biînigues.el en scrofulides profondes, spcundaires ou malignes. Nous ne nous occuperons que des premières, car les scrofulides malignes ^Inpiis) appartiennent aux tuberculoses locales.
Les scrofulides cutan^'es superficielles sont le plus souvent bénignes; elles persistent plus ou moins longtemps, sont i sujettes" à se répéter, peuvent aussi guérir rapidement, mais sont susceptibles de laisser des traces indélébiles do leur exis- | tence. Ces scrofulides cutanées sont érythémateuses (engelure '^ permanente, érythi'me induré, couperose scrofnleuse), bou> i (onneiMcs (prurigo, strophulus, lichen, érythème papuleux, différentes formes de l'acné), exsndatives (eczémas impétigineux ou gourmes, scrofulide sébacée ou acné sebacea des auleni-s). Toutes ces scrofulides compoi'tenl un traitement interne ' et un traitement externe. Si l'attention du médecin est pap- j liculif-rement appelée sur ces diverses affections de la pCBU, t si sa thérapeutique est surtout locale, il ne doit jamais néglt- { ger le terrain spécial sur lequel elles évoluenl.
D^s les premiers temps, l'or, le mercure, le aoufrp. Vanti~
TUAITEMEM DL' LYMPHATISHE.
io:t
moine, le ffi-, furniit Irt-s omployi^s dans le traitomenl gt-iii^ral do la scrofule. Biiniii ()ri5conisaitlo fer r>t Viode, qu'il rogardail comme les meilleurs agents capables do put^rir ces an'octioas et de prévenir leui's complications, (les nii^dicanieiits doivent être dissous dans des sirops, pour pouvoir ?lre administrés aux petits enfants. Le sii-op antiscorbntiqne, dont les propriétt^s anti-scrofulouses puruissenl lenic à l'iode que renferment les végétaux avec lesquels on la compose, le sirop de raifort iodi^ et le sirop d'iodurc de fer, coustituent les meilleures préparations sirupeuses dont nous disposions; elles se prescrivent 6 ia dose do 13 à liO [grammes par jour, suivant l'âge des malades. Les prf^paralions phosphatées, simples ou associées ii l'iode, sont également excellentes. La solution minérale iodophosphatée et les sirops de lacto-phosphate de chaux du Codex sont très avantageusement prescrits dans les mêmes conditions. Tous ces sirops, notamment le sirop d'iodure de fer, constituent la médication interne de choix.
Quant à l'huile de foie de morue, elle convient moins au tempérament lymphatique ot à ses manifestations dites scrofuleuses, qu'aux accidents graves, décrits autrefois sous les dénominations de scrofulides malignes, de scrofulomes tuberculeux. descrofulo-tulierenlose: néanmoins elle ne saurai! être délaissée.
On prescririi.'commi' Imissuns, les tisanes lunéres de houblon, de gentiane, de fumeterre.de pensée sauvage; les infusions avec ia feuille de niiyer, la garance, la scrofulaire aquatique, le gland de chêne, ou bien les eaux sulfureuses d'Enghien ou de Bonnes, etc. Tous les cinq ou six jours, il est utile d'administrer un léger laxatif, l'huile de ricin, la jnanne, l'eau de Scdlitz, parexemple.
Ce traitement général marchera de pairavecun traitement loeai rationnel, car les craintes d'une répercussion centrale se sont singulièrement mnditiées avec le temps. Nous n'ignorons pas, en outre, que les scrofulides sont quelquefois d'une ténacité désespérante. Le traitement local ou ex.terne se trouve décrit dans tous les traités de dermatologie, chaque
lot THAITÉ DE THÉRAPEUTIQUE APPLIQUÉE. 1
utToi-lioii uyaiil se» indicaliotis propres. Ces applications lo- ] piqtio!) varient, en oITet, suivant que nous sommes aux prises ] avec une affection sécrétante ou sèche, aiguë ou chronique. I Si l'irritation locale est vive, nous devrons prescrire les émoi- 1 lients, les résolutifs, et plus spécialement les lotions douces l avec des décoctions éniollienles ou légèrement styptiqucs uu I antiseptiques : telles sont les décoctions de graines de lîu, de ] pavot, de guimauve, d'orge et de miel, seules ou additioD- I nées de lait. Si l'inflammation locale est muins vive, nous J préférerons une solution peu astringente et nous emploierons.! les mêmes décoctions, mais additionnées de miel rosat obI d'une infusion de cerfeuil, d'aigremoine, de racine de bislortc. I Aujourd'hui nous employons communément les solutions alcar-l lines de bicarbonate de soude, les solutions faible^ d'acidttj borique à 2 et iJ p. lOti, el nous pratiquons les lotions aveofl de l'ouate hydrophile stérilisée. Tous les jours, tous les detu» jours, on donnera un bain de son, un bain d'amidon ou d^fl gélatine, à la condition qu'ils soient bien supportés. EuM outre, les parties affectées seront essuyées avec douceur otfl saupoudrées avec de la fécule de pomme déterre, avec de l»"! poudre d'amidon, avec de la farine de riz ou avec de la poudra I de talc. Si l'éruption, quelle qu'elle soit, s'accompagne duM croates, de placards croiHcux, on doit s'efforcer de les dét»^l cher au préalableà l'aide de cataplasmes de fécule de pommas de terre, de fécule d'amidon, ou en adoptant l'application dttm la toile de caoutchouc vulcanisé. I
Lorsque l'inflammation est calmée. Bazin recommandai l'emploi de l'huile de cade, qu'il regardait comme le modifiai cateur par excellence de toutes les éruptions scrofuleu 6b»J L'huile de cade pure et vraie [oleum à Jtmipero), est d'uual couleur brun rougefttre, d'une odeur pénétrante ; elle doit étrft 1 employée absolument pure contre les scrofuiides, à l'aida d'un pinceau. Les scrofuiides boutonneuses, les gourmes chroniques, nécessilenl même des frictions avec l'iuiile de cadc. Si t'éruption sitge sur une région velue, il ne faut pas hésiter à fiiire couper les eiieveux avant d'appliquer le topique, sur-
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tout si le sujet est âgé ilo moins tio (juinzo ans. Bien plus, dans celte variété de scrot'ulide oxsudativo, l'acné sébacée du cuir chevelu, il est plus prudent de raser la tête. — Loi-sque toute sécrétion, toute trace de rougeur ont disparu, on devra cesser les applications d'huile de cade, et les remplacer, dans les cas d'ec/éma ou d'eczéma inipétigincux du cuir chevelu, par les onctions avec les pommades de calomel,de calamine, d'oxyde de zinc, d'acide borique, d'acide salicylique, de dermatol. d'alumnol. de résorcinc, et, dans les cas d'acné sébacée, par les lotions de glycérine ou les glycérolés d'ammoniaque, de carbonate ou de chlorate de soude. On peut remplacer les bains d'amidon, de gélatine, par les bains gélatino-sulfureux, les bains d'eaux sulfureuses ou artihcielles mitigées d'abord, pures ensuite. Les scrofuUdes exsudatives siégeant sur le tronc et les membres seront traitées de I» même manière. Les affections papuieusos aiguës sont raodiliées avantageusement avec les bains émoUients et gélatineux, et ultérieurement avec les frictions cadiques, les bains sulfureux, alcalins, les bains de sel et les bains de mer. Tous ces moyens thérapeutiques conviennent également aux diverses formes de l'acné, aux scrofulides érythéraateuses. En somme, les scrofulides cutanées seront traitées au début par les moyens doux, émoUients (lotions, cataplasmes, toile de caoutchouc vulcanisé, poudres simples de talc, d'amidon, bains répétés ou rares); ce n'est que plu» tard qu'on devra recourir aux agents antiseptiques, astringents im irritants.
Le traitement hydro-minéral ' joue un grand rôle dans le lyraphatisme et dans les afTecfions scrofuleuses. Contre les alfections cutanées dont nous venons de parler, on devra conseiller les eaux chlorurées sodiques, chloro-carbonatées, notamment les eaux de Bex. de Loutche (bains), de Saliesde-Béam (bains et lotions), de Salins (bains), de Bourbonne, de Bourbon-Lancy. de Laniotte, de la Bonrhoule, et enfin la mer. A propos du séjour au bord de la mer, Bazin exclut
I. — Traiti^menl hydrolhârspique, climnlique ot ihermal du lymiihaii^m? ei de Utcrofule, par MM. C, P.ii;l el IIodet iRucIf, iSSi:
lOfi TRAITE DE THÉRAPEUTIQUE APPLIQUEE.
loiitt's les dcroiatoses s^^crétarilps; Van Merris proscriL I bains, mai» est partisan dn bain d'air marin; Thibtorge' (nÛ observer que l'impi^tigo peut ^u<''rir, mais recommande d le traiter au pii^alable à l'aide de moyens locaux apprc \n-iH. Pour Thibierge t!'galfment, les e-czémas secs se trc vent bien du traitement marin, que contre-iudiquent ' ecz6mîts suintants, irritants: le lichen, l'acn»^ rosée, les afTefrlions érythi^mateuaes, peuvent i^tre aggravi^s par le séjour à l mer, où la ventilation détermine des congestions faciales p ou moins int<>nses. — Certaines eaux sulfureuses sont t utiles dansces diverses affections cutanées: toiles sont leseai de Barèges (traitement gf>néral et local), de Challeiî (doucha pulvéri9(5es, lotions, fomentations), d'Uriage (bains gi^nén fumcntations, boisson), de Saint-Gcrvais (boisson), de Luchoi (bains), de (^auterots, d'Ax, d'Amélie, de Vernet. d'OletfQ d'Aile vard, deSaint-Honoré.d'Euzet.de (ilambo, d'Eng:hicn,il Greoulx, etc. Dans cette i^numération des affections cutanée-S lymphatiques et scrofuleuses, je n'ai fait que mentionner les adénites sympathiques, car le plus souvent elles disparais^ sent avec l'affection cutanée elle-môme: quelquefois cependant elles peuvent s'entlammer et suppurer sous l'influcnoi d'une infection locale due à des streptocoques un à des sla phylocoqucs. Ces abcès ganglionnaires peuvent coïncider sv( des abc&s lymphatiques dus aux mêmes microbes : tous c abc^s doivent être incisés et traitas avec des pansements t septiques.
Traitement des scrofailâes muqaenses.
Les scrofulidcs muqueuses qui doivent nous occuper oui été étudiées par Bazin sous la dénomination de scrofulides priiibranes muqueuses, et ont reçu taalosri, imr TFiiBii!itDB(Can-
mitives ou bénignes de:
. — InHuenca du traitcmeat marin s \iealion faite au Congrit de Uologne
TRA1TEME^T DU lAMPHATISME. 107
di's appi'llaUons (iilTi'TeriteB siiivaiil <jue l'éléim-iil éniiilil' 'uxisle ou fait di^faut. Cet ('*li>niciil est la piistulp. Ainsi iluuc. les scrofiiliilos miiqiipuscs scrtiiil ou ratarrhak's ou i^ruplivc's, suivant que riullanimation s'accompaguora d'un catarrhe ou d'une irruption pustuleuse. Les scrofulides catarrhales, comme les si-rofulides cutan(?es, sont tenaces, tendent â la suppuration, amènent l'engorgcmeiit et l'induration des tissus aous-jacents, favorisent la production de granulations, nie végétations ven'uqueuses ou polypcuses et déterminent «n processus irritatif, inQammatoire. sur les ganglions les plus voisins. Le catarrhe scrofulcux peut être aigu ou chronique; le catarrhe peut être également chronique d'emhlée; il se termine d'ordinaire par la résolution plus ou moins tardive, et laisse souvent des traces de son existence : telles sont les taches cicatricielles sur les muqueuses, tels sont les éiiaississements du tissu sous-niuqueux, qui peuvent occasionner le rétrécissement des cavités tapissées par la membrane elle-même et engendrer ainsi des troubles fonctionnels graves.
Les muqueuses ne sont pas également sujettes à ces affections. Nous mentionnerons notamment la conjonctive avec toutes ses inllani ma lions et ses complications : les conjonctivites, les kérato-conjoncti vîtes plilycténulaires, la blépharite ciliaire, etc. ; nous mentionnerons également la piluitaire avec ses coryzas; les membranes auriculaires avec leur catarrhe pharyiigo-auriculaîre. l'otorrhéc; la muqueuse de l'arriêre- . bouche, avec l'hypertrophie dos tissus adénoïdes du pharynx (angines glanduleuses, granuleuses, hypertrophie des amygdales), les tumeurs adénoïdes du pharynx (hypertrophie de la glande de Luschka) . les catarrhes naso-pharyngien et pharyngn- , auriculaire; la muqueuse bronchique; la muqueuse de l'in- !testîn... Quelle thérapeutique générale et quels topiques locaux pouvons-nous opposer à ces diverses scrofulides ■luqueuses, car nous ne devons jamais perdre de vue le terrain lymphatique sur lequel ces affections évoluent exclusivemenl?
i08 TBAllE DE TIIERAI'EUTIQLE APPLIQUEE.
La Ihérapeuliquc géiii^rale reste celle qiu- nuus uvoiis déjà exposée, mais la thérapeutique locale commande une pratique prudente et habile, car nous allons opérer sur des régions délicates, sur des organes importants.
Les préparations de fer et d'iode, l'huile de fuie de morue paraissent moins efficaces dans les scrofulide» muqueuses que dans les scrufulides cutanées. Bazin leur préférait la cigui et le chlorhydrate de soude. Cette solution contenait 4 grammes de ce sel de chaux pour un demi-litre d'eau distillée ; elle était prescrite, aux enfants Âgés de dix à quinze ans. à la dose ] d'une cuillerée à soupe d'abord, puis de plusieurs, jusqu'à concurrence de huit cuillerées par jour. D'une façon générale, les eaux chlorurées-sodiques, salines et surtout les eaux sulfureuses sont très utiles pour modifier les scrofulides muqueuses et la constitution scrofuleuse. Nous aurons l'occasion de pré- 1 ciser, chemin faisant. Il ne faut pas négliger de combattre f l'élément intlammatoire pur les antiphlogistiques, les dérî-i vatifs et les révulsifs, tels que les applications de sangsues,; les frictions avec l'onguent napolitain, les applications de*^ vésicatoires volants, les pui^tifs, parmi lesquels nous choisirons de préférence le calomel, l'huile de ricin, l'eau de Sedlitz, enfin les bains simples ou composés. On combattra la douleur et les spasmes qui accompagnent l'inflammation avec les préparations narcotiques.
Les modificateurs locaux diflèrent essentiellement de ceux qui sont communément employés dans les scrofulides cutanées. Les bains généraux et les pommades, par exemple, sont moins indiqués. Ici, les agents thérapeutiques s'emploient sous la forme liquide et consistent en lotions, en injections, en irrigations, en gargarisnies, en pulvérisations, en douches. Notre conduite variera suivant que nous anrons à lutter contre une scrofulide catarrhale un contre une scrofulidc éruptive. En présence des scrofulides catarrhales. il faut s'ellbrcer de modifier la sécrétion morbide, de la tarir, en recourant aux injections froides, aux astringents, aux caunlîqucs, et enfin à la compression. L'irrigation froide n'a pas