‹ Traite de therapeutique appliquee v. 13, 1904 (volume 2)Chapitre 16 sur 46 · C. — Complications cardiaques · texte numérisé non relu

C. — Complications cardiaques

Sans aller jusqu'à admettre avec Schmitz que, sur cent diabétiques, il y en a plus de 8U qui présentent des signes d'insuffisance cardiaque, on ne peut nier que le cœur ne soit fréquemment touché. Endocardite avec insuffisance mitrale Av,V.Kcovc\ié, surcharge graisseuse dumyotar<le,myocardite chronique, ou simplement troubles fonctionnels , telles sont les complications les plus communes. L'arséniate de soude associé k de faibles doses d'iodure de potassium fera la base du traitement :

'^ ArséiiinLe de lodurt- lie potassi Eau iJistilléi<. .

do.

0, gr. 05 6 grammes.

• K^ikiide utiillerëc à soupr- le matin, is. jeun, et

Dissolvez. Prendre Bvaiit le premier df'jei

Si le cœur fléchit, instituez aussitôt le régime lacté absolu et donnez de petites doses de caféine. Si la dépression cardiaque est assez marquée pour que l'on ait lieu do craindre ces lirusques collapsus. décrits jadis comme une des varii3lés du c(»ma diabétique, donnez la caféine en injections sous-cuta-

1j6 TRAITK de TflÉRAPEUTIQUE APPLIQUÉE.

nOes, et, à l'inléricur, l'aciHate d'ammoniaque, la liqueur ammoniacale anisée, les préparations strychnjquos.

Contre les troubles fonctionnels, tels que palpitations, le bromure de potassium sera associé dans une potion à l'éther et à l'eau de laurier-cerist'. Enfin, si Varythmie domine cl ' qu'elle ne soit pas explicable par une lésion du curur, cherchez du côté de l'estomac, et, le cas échéant, appliquez le traitement de la dyspepsie hyperslhénique, cette cause fréquente ] des intermittences cardiaques.

Comme règle générale, on sera très réservé sur l'emploi ] des alcalins chez les diabétiques cardiaques, mémo si la lésion '' n'est pas évidente, et on leur interdira expressément toute cure hydro-miuérale.

D. — CompUcatlani pulmonaires.

\. P/itisii' pulmonaire. — Tout diabétique qui tousse réclame une surveillance particulière. Si la toux prend une allure chronique, la recherche du bacille de Koch s'impose, car ! la phtisie pulmonaire est une des complications les plus ' communes et les plus graves du diabHe, et l'on peut dire I que tout diabétique qui s'affaiblit est sur le chemin de la ' phtisie.

Alors, si la recherche ost positive, on fera de l'arséniate de soude, de l'huile de foie de morue, des toniques et de» opiacés à petite dose, la base d'un traitement commun au diabète et à la phtisie. On proscrira le bromure de potassium, les alcalins, qu'on remplacera par les sels de chaux et de magnésie. L'antipyrine ne sera plus qu'un médicament occasionnel, uniquement destiné à modérer une poussée fébrile. En somme, ce qu'on doit chercher à réaliser, c'est une sorte de médication mixte, ayant pour but de diminuer ta glycosurie qui prépare le terrain au bacille de Koch. et d'accroître la résistance organique du malade à l'agression microbienne. Pas plus ici que dans la phtisie ordinaire, il ne faut s'attarder à la poursuite du bacille, car c'est un mode d'intervention dont les insuccès ne se comptent plus.

TRAITEMENT DU DIABÈTE. tS7

La marche de la phtisie tliabélique est ordinairement rapide. RUe est précédée d'une période d'amaigrissement, pendant laquelle un traitement tonique, réparateur, et la suralimentation auront encore quelque chance de succès. M. Lecorché préconise la créosote, qui remplirait la double indication d'agir à la fois contre la phtisie et contre la glycosurie. Pour ma part, je n'ai pas eu à m'en louer, et je lui reproche surtout les troubles digestifs qu'elle cause. Toutefois, on peut la conseiller en injections sous-culanées ou en lavements :

y Décoclion de bois de Panama' . . . 90 grammes.

Créosote de hêtre 10 —

F. t. a. ËmulMon. Doniiei cliaq^ue matin un petit lavement de 90 grammes d'eau tiéiie additionnée d'une à deux cuillerées à café de cette émulsion.

Les préparations tanniques (acides gallique ou tannique, extrait de feuilles de noyer), associées au camphre et à une petite quantité d'iodoforme, m'ont paru, sinon d'une plus grande efficacité, du moinscertainemenl mieux tolérées. J'eraploio la formule suivante :

¥ Arséniate de soude 0,001

lodoforme 0,01

Baume de soufre anisé 0,OS

Thériaque 0,10

Elirait de feuilles de noyer 0,10

Poudre de ralanhia Q. a.

Pour une pilule. Faites 50. Prendre de S à 5 pilules par jour.

On a cité aussi des améliorations avec les extraits de feuilles de noyer à haute dose {10 à 15 grammes par jour). Mais il faut bien avouer que, sauf quelques cas exceptionnels, la phtisie diabétique est au-dessus des ressources actuelles Je la médecine.

2. Bronchites. — Pneiuitontp. — Leur gravité est considérable. Le traitement des hronchiten n'offre rien de spécial aux diabétiques.

1. Il lufllt d'employer uno décoction Ae bois do Pïiiuiiiï à 2 p. IIIO. Celle décoction ômulsionne parraïlemenl la créosote.

138 TRAITÉ UE THÉtlAP E UTIQL'E APPLIQUÉE.

Quant à la pneumonie, commencer par donner (H^40 di' cftlomcl en quatre doses de ^>î^lO à une heure tl'inlervaHe ; puis, insister sur les stimulants difTusibles et sur l'alcool h haute dose; ne pas craindre d'appliquer un large vt^sicatoire, quel que soit l'injuste discrMit dans lequel est tomb<^ cet excellent moyen d'action; enfin, maigri'' le diabète, donner le rf-fjime lncti^.

E. — Complications rënalei. — Albuminuries.

Les diverses albuminuries diabétiques, ne relevantpas de la même cause, réclament des traitements différents. On les divise en deux groupes : 1° les albuminuries simples, parmi i lesquelles on constitue tout d'abord la classe des a/6umintiries^ I d'origine p/ioxp/mlurique ' ; 2" les albuminuries hrightiques.

Les premières sont purement fonctionnelles, dépendent d'un trouble de la nutrition et sont curables quand on les \ traite en temps opportun.

Les secondes sonl d'origine lésionale, liées à une néphrite ] parliculiÈre, et le plus souvent au-dessus îles ressources de ta | thérapeutique.

Quand le trouble fonctionnel qui conditionne les premières est traité trop tard ou imparfaitement, il finit par engendrer < peu à peu une néphrite chronique; aussi peut-on dire que lout diabétique, dont les urines contiennent de l'albumine, en si minime quantité que ce soit, est sur le chemin du mal de i Bright. Toutefois, les diabétiques simplement albnminuriques et les brightiqucs ne sont pas justiciables du même traitement.

Dans les cas du premier groupe, on s'inspirera, pour ta j direction générale du traitement, des principes qui seront ' exposés plus loin, aux articles Tkaitemknt de la phosphati et Thaitkmknt dbs ALBUMiriURiEa PHosPUATLiRiQiJEs'. On surveillera J exactement le régime, en modérant la quantité des matières ]

iiinurifs phoipbaturiqucs, BaUettni de |

i. Vojci Albert Robin. — 1 FAeadÙHie de médecine. 1893.

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