C. — TRAITEMENT IlE LA DYSPEPSIE DC NOUVEAU-.NÉ
L'intestin du nouveau-né ne renferme pas de microbes, mais dès qu'il commence à s'alimenter, et même dès qu'il a dégluti de l'air, suivant les recherches d'Ebstein, son intestin contient tous les éléments capables de déterminer les autoinfections les plus variées. C'est ainsi que nous apparat! une nouvelle notion thérapeutique, celle de réaliser, le cas échéant, l'antisepsie des voies digestives. Elle est praticable directement dans une notable portion de leur trajet, la bouche el le pharynx étant accessiblesà l'action directe; le lavage de l'estomac permet d'agir sur la muqueuse gastrique, et les lavements sur le trajet du gros intestin. L'espace compris entre le pylore et la valvule iIéo-c;ecale esl donc le seul qu'on ne peut pas
2!)4 ÏIIAITË DE THt:RAPEUTIQt]E APPLIQUÉE.
alleindredireclement. C'est alors qu'intervient la nK^dicalioar dans un grand nombre de cas, il suffira de rt^gler reofanl, d( diminuer la quantité de lait, de lui donner du lait sti^rilisé,, pour faire disparaître les symptômes de gastro-entérite infco-j tieuse. D'autres fois, l'antisepsie pourra être réalisée par l'or»-' ganisme lui-même, en favorisant la sécrétion du suc ga»-: trique, dont on connaît le pouvoir antiseptique, à l'aide di préparations alcalines et de l'eau de chaux. Enfin on pourra employer les substances auxquelles on reconnaît une actioi bactéricide : de tels sont l'acide tactique, le bpnzonaphtol, IbJ salicylate bismuth, et surtout le calomel.
La pathogénie infectieuse joue un rûle prépondérant dans la pathologie gastro-intestinale du jeune enfant. Souvent les troubles digestifs appellent sur eux l'attention; mais, quand ils sont latents, le médecin en sera réduit h conjecturer una] affection dont le traitement seul lui révélera la réalité. Et, en etl'et, ces maladies peuvent se traduire par les synipt<^mes les plus disparates : tantôt, c'est un arrêt dans le développement, d'autres fois, un amaigrissement sans cause appréciable. Parfois, ce sont des convulsions ou un état nerveuï particulier, s 'accompagnant d'insomnie ou de terreurs noo-1 turnes; dans quelques cas même, de la tous; j'ai observé récemment le fait d'un enfant traité pendant huit mois pour une adénopathie tuberculeuse, et dont la toux persistante di»parut subitement après une cuillerée à café de bîcarbonal de soude, tandis que la croissance, tr^s ralentie pendant UBJ an, reprenait aussitôt son évolution normale.
Les relations des maladies gastro-intestinales et de la croi sance sont importantes, puisque, lorsque celle-ci est entravi elle peut mettre le clinicien sur la voie d'une affection latente. D'autre part, quand les troubles gastriques sont méconnue, ils deviennent permanents ; les aliments étant anormalcmenl élaborés, la nutrition déviée détermine une croissance qui fait à l'aide de matériaux modifiés dans leur constitution, conçoit la série des troubles qui peuvent en résulter, sai compter les nombreux réflexes sur les poumons, le cœur,
i^ystème nerveux, dont M. le professeur Potain a bien étudié le mécanisme, et qui ne sonl souvent que les conséquences éloignées d'une maladie qui, dépistée à temps, aurait pu être aisément guérie. Ces troubles prennent une importance plus grande aux époques où l'estomac doit pourvoir l'organisme d'un surcroît de matériaux nécessaire & l'édilicalion cellulaire de la croissance.
Tout le monde est d'accord pour reconnaître les avantages de l'alimentation au sein, ou, à son défaut, de l'usage du lait stérilisé. Le lait d'ftncsse, dans certaines circonstances, donne d'excellents résultats. A aucune période, la recberche des phénomènes de croissance n'a une importance plus grande que pendant les deux premières aimées de la vie. C'est en évaluant les étapes de l'accroisseraenl du poids et de la taille que l'on apprécie l'élat de santé du nourrisson et la valeur de sa nourrice. On peut aisément par les pesées connaître la quantité de lait qu'elle fournit, mais on ne possède aucun moyen de juger les propriétés nutritives de son lait; c'est l'enfant lui-même qui est le meilleur des réactifs. Le manque de surveillance de la part du médecin permet l'établissement de maladies graves, parmi lesquelles il faut ciler cet état dystrophique étudié par Parrot sous le nom d'athrepsie et In rachitisme, qui reconnaissent parmi leurs facteurs pathogéniques une alimentation vicieuse ou mal réglée. Ces deux affections présentent, au plus haut point, le caractère des maladies liées à la croissance, puisque l'athrepsie est caractérisée par une rétrogradation des phénomènes de croissance, tandis que le rachitisme imprime une marque indélébile sur la croissance du système osseux.
I). bAlf
UVSTROI'IIIQUE 1
Un exemple frappant permet de saisir sur le fait le rôle dystrophique d'une alimentation vicieuse, non pas dans sa quantité, mais dans sa qualité.
Un enfant de dix mois, avant tous les attributs d'une santé
florissantR, est changé de nourrice, parce que celle-ci f atteinte d'un iSrysipfcle de la face revêtant une forme grave.! Pendant les trois semaines que durent la maladie et I* convalescence, l'enfaat ne cesse de prospérer avec sa nouvelle 1 nourrice. A ce moment les parents, voulant reprendre Is I prenli^^e, demandent l'avis de plusieurs médecins. Ceux-ci, consultés isolément, donnent des conseils discordants; tal famille départage les voix et décide de rendre k l'enfant celle \ qui avait été atteinte d'érysipéle. A partir de ce moment, I l'enfant cesse de croître, il devient pâle et maigre, maie 1 on ne constate à aucun moment des troubles gastro-intt^'stinaux i apparents. Tout le développement reste presque stationnaire pendant deux ans, C'est à ce moment seulement qu'il reprend les allures d'un enfant normal.
Le lait de cette nourrice, influencé par les produits hacté riens, a produit comme une véritable intoxication, dont le dystropbique s'est aussitôt révélé. Cet exemple prouve qui lorsqu'une femme est atteinte d'une maladie infeelieusef elle ne doit pas conlinuer à allaiter; souvent les effets fune»^ tes ne sont pas immédiatement appréciables, mais on I courir au nouveau-né les risques d'une intoxication dont tel conséquences peuvent ètriî graves pour l'avenir.
Une quantité trop faible d'aliments entrave la croissance^ et leur qualité anormale pervertit les phénomènes de déve^ loppement. 11 convient de montrer que pour lutter contre c deux effets on tombe souvent dans un troisième écueïl, n'esl pas moins funeste à la croissance : je veux parler ci dangers de la suralimentation.
E. DANUEBS DE LA SU HA LIME NT ATI ON PENDjI
LA CHOISSANCE
La suralimentation est le résultat des soins exagérés ( personnes qui dirigent les enfants; mais il faut reconnallr qu'elle résulte souvent des prescriptions du médecin. Rierf ne ressemble à un enfant dont la ration alimentaire est insuF- I
fisante comme l'enfant qui mange trop. Les sj-mptômes cliniques étant semblables, on est tenté de prescrire une alimentatinn plus forte à un enfant qui parait avoir besoin d'une nourriture substantielle et qui, en réalité, est intoxiqué par les produits de sa suralimentation. J'ai étudié récemment le mécanisme de la suraiimentalion (Semaine médicale du 28 août 189i), et J'ai tenté d'établir comment elle entravait la croissance. Le plus souvent, la suralimentation provoque et entretient les troubles gastro-intestinaux. La surcharge alimentaire fatigue inutilement les organes de la digestion, car l'assimilation ne s'opère pas; et l'enfant arrive à cet état paradoxal, qu'il maigrit d'autant plus qu'il mange davantage. Et, en efl'cl, si l'on soumet le petit malade au régime lacté, auquel on ajoutera progressivement des aliments choisis avec discernement, la croissance arrêtée reprend rapidement son évolution. Dans d'autres cas, au contraire, lorsque les organes de la digestion bien conslitués ne sont pas atteints par te sunToît de travail qui leur est imposé, l'assimilation est exagérée; mais, comme on ne peut pas violenter les lois de la nutrition impunément, même par la surabondance, la suraiimentalion détermine l'obésité, les mutations, nutritives sont ralenties, les oxydations intra-cellulaires perverties, et la croissance se trouve entravée par l'excès des déchets de la vie organique. Les émonctoires ne sont plus à la hauteur de la suractivité fonctionnelle qui leur est imposée. Il en résulte 'Une perversion de la nutrition par auto-inloxication lente.
Il serait utile d'indiquer en quelques régies quels sont les aliments qui conviennent le mieux pour l'alimentation des enfants. Malheureusement, il est impossible de discipliner la nutrition des enfants, comme le font, par exemple, les physiologistes agi'icoles pour les jeunes animaux.
D'une façon générale, ii ia campagne où l'on rencontre des
conditions d'hygiène convenable, l'ali mentation est facilement
'Téglée par la tradition. Une simple surveillance, dans le but
xl'empêcher le sevrage prématuré, la suralimentation et
'usage d'aliments indigestes, suffit pour assurer une crois-
298 THAITÉ DE IHKBAPEUTIQUE APPLIQUÉE.
sance normale. Maïs, le problème est hcaucoup plus compliqui lorsqu'il s'agit d'enfants de9 grandes villes. Ils arpivciil i monde avec des tarfis héréditaires, et ce qui entrave ! tout leur croissance, c'est le manque d'air pur et l'insuflisanet d'exercice musculaire.
L'oxygène est un des facteurs prépondérants de la crt sance. Lichig, Claude Bernard, P. Bert ont démontré s rôle capital dans les phénomènes d'oxydations intra-celti£ laires. Pendant toute la période de croissance, la quantil d'oxygène absorbée par kilogramme d'enfant est très supt rieure à celle du kilogramme d'adulte. L'air peut donc étr considéré comme un véritable aliment. Lorsqu'il est modifil dans sa qualité, ou quand sa quantité n'arrive aux ot^ne que d'une manière insuffisante, la croissance se trouve e travée.
F. HÛLE DïSTHOPHrçUE
VlClft
Dans les logements dont la ventilation est mal assurée, l'ai se trouve rapidement modifié par des gaz inaptes à la nutri lion et même toxiques. Si l'on considère qu'un enfant i développe dans un pareil milieu et que cette cause d'insuffîaunce et de perversion dans la nutrition est permanente, on s'explique facilement l'iMat dystrophiquc qu'elle peut porter.
La déduction Ihérapeiilique qui se dégage de ce simpl énoncé parait banale et pourtant elle est bien souvent ta^ connue. Le système de ventilation des endroits habités [ les enfants doit être l'objet des préoccupations du médecin On a même préconisé une méthode simple qui consiste à laisser, nuit et jour, en toute saison, une fenêtre ou nn carreau ouvert, k condition d'y adapter un système empêchant les rodi'ants d'air directs, te courant d'air étant dirigé de tetlf sorte qu'il vient frapper te plafond de l'appartement. CcU» méthode esl fréquemment appliquée en Angleterre, elle met " les enfants à l'abri des intoxications qui résultent de leur res-
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piralïoR, et surtout de celles qui sont d^îterminées par certains modes de chautTage à comhustion lente, dont lani^nne et la dystrophie sont les conséquences fri^quentes.
Lorsqu'on donne à un enfant un air aussi pur que possible, on n'a résolu qu'une partie du problème. Pour être réellement profitable, cet air doit arriver au poumon en quantité assez forte. Cet eiïet se trouve réalisé par une surface pulmonaire en rapport avec cette fonction et par la fréquence des respirations. Or, ces deux résultats sont obtenus par la gymnastique, qui accroît le périmMre thoracique et augmente le nombre et la profondeur des inspirations. Cette question des exercices musculaires pendant la croissance a été souvent discutée et, «uivant les époques, diversement appréciée. Des communications récentes à l'Académie de médecine reflètent la divergence des opinions à ce sujet. Les uns les considèrent comme une panacée universelle, les autres insistent sur leurs inconvénients et leurs funestes effets. Cependant on peut dégager quelques faits permettant la mise au point.
g. importanck des exercices musculaires
vemjaxt la croissance
Les exercices favorisent le développement de la croissance, ils sont le moyen le plus eflîcace de donner à un enfant le développement que son bérédité comporte et que ées causes de dystrophie entravaient. A partir de l'âge de iroîs ans, l'enfant doit faire de l'exercice, La marche au grand air, la course, associée aux jeux ufi i'enfant est obligé de courir, constituent les bases de la gymnastique du jeune âge. Les mouvements des jambes développent les muscles des Inembres inférieurs et en même temps le tissu osseux qui, par leurs connexités vasoulaires et physiologiques, constiluent une unité physiologique. D'autre part, la course augmente le nombre e( la profondeur des respirations. La cage thoracique, ainsi actionnée d'une manière indirecte, subit à la longue une amplilicalion iiolable, <ln peut ajouter à cette
gymnastique des procédés plus méthodiques. C'est ainsi qu'ft partir de 6 ou 7 ans, on peut faire exécuter aux enfants dei mouvements à l'aide d'haltères extrêmement lég^^es, ou aveel des barres. Enfin, la gymnastique suédoise sera souvent d'uai efficacité remarquable pour obtenir un développement thora-i cique rapide.
H. — GÏ.11NA3T1
ri; !■ l* 1. M o > A I R E
A défaut de cesexercicesqui exigent un professeur spécial,-! on peut utiliser un procédé simple de gymnastique pulmt^ naire. Il consiste, lorsque les enfants sont en plein air. à leui faire exécuter des inspirations profondes, régulièrement espj cées. les mains étant sur les hanches et les coudes portés en I arriére. Toutes les demi-heures on interrompt leur promenade ou leur jeu, et on leur fait exécuter une douzaine d'inspirations lentes et profondes. Inutile d'insister pour montrer lej résultat de cette gj'mnastique pulmonaire sur le poumon for-l tement dilaté, sur l'air résidual qui se trouve plus facilement^ renouvelé et sur l'au^menlation dans lapporl de l'air aux poumons.
STS I)ÉTËHMI>ÉS ?A H LES EXKIli
\ pari les maladies organiques du cu-ur et du poumond il n'y a pas de contre-indications â ces pratiques et tous lei enfants doivent s'y livrer, aussi bien les garçons que lof tîlles. Mais les accidents que l'on a signalés impliquent un surveillance active. Les exercices doivent être modérés et surtout ils doivent être intermittents. La course est salutaire à condition qu'elle dure 2 ou 3 minutes, puis, que l'enfant s'arrête et reste calme quelques instants, pour reprendre s exercice et continuer ainsi avec des intervalles de rcpi Mais si, par suite d'une grande ardeur au jeu ou par l'e nement, ces temps d'arrêt sont supprimés, le travail musc
laire, qui se faisait aisi^ment, exige, pour se prolonger, un effort dû à la volonté, et alors apparaît le surmenage, c'està-dire l'intoxication. Les produits de d6sassimilation résultant du surcroît d'activité fonctionnelle, ne pouvant être éliminés assez rapidement par les fimoncloires, s'accumulent dans l'organisme et y réalisent, suivant le terrain et le degré d'intensité, toute la gamme des auto-intoxiealions.
Dans ces conditions, la croissance, loin d'être favorisée, est entravée, des troubles généraux surviennent, tantôt insidieux, tantôt à allures vives et dramatiques. C'est alors que les localisations osseuses apparaissent; on incrimine la croissance, en réalité, c'est du surmenage. Ces faits sont relativement rares avant la puberté, mais ils deviennent fréquents à partir de celte époque. C'est pourquoi les sports athlétiques scolaires, où l'émulalion est en jeu, doivent être proscrits.
K. — HYGlt.Mi AU MOMENT DE LA PUBERTÉ
A partir de la puberté, le médecin possède une action thérapeutique très puissante. La poussée de croissance qui survient alors est une force que l'on peut utiliser pour modifier le terrain. On ne doit pas laisser échapper cette occasion de corriger les tares héréditaires et acquises. Toutes les prescriptions formulées précédemment acquièrent une importance plus grande. Le développement des organes génitaux amorce une grande activité cellulaire, les organes croissent rapidement, mais aucun d'eux n'est mis plus à contribution que le système nerveux. Le travail scolaire exige de grands efforts; d'autre part, l'imagination s'éveille et, avec elle, les désirs dont le système nerveux fait tous les frais. C'est au milieu de ces dépenses multiples que les tares nerveuses héréditaires deviennent objectives. On incrimine le surmenage intellectuel, en réalité le travail n'est pas excessif, mais c'est le terrain qui n'est pas assez résistant. Suivant les prédispositions individuelles, apparaissent alors les différentes modalités de l'état neurasthénique, de l'iiys-
térie, ou bieo h chorée, les ci^phalées persistantes, les tics, etCu Il est impossitle de faire disparaître les causes h^rédh! tairos, et même les causes délerminantes; on ne saurait pri'd verun enfant d'inslruction, sous pri5lcxle tjue le travail ne lul'l convient pas. Mais la thérapeutique a cependant une action I puissante pour lultercontre ces dOsordrœ. Avant lout.olle doit 1 assurer l'intégrité aussi parfaite que possible des organes 1 digestifs; puis, le travail doit être mesuré et couvenablenient I réçlé; mais les deux méthodes actives visant directement iesq troubles nerveux sont la gymnastique et l'hydrothérapie.
Les exercices en plein air, qui régularisent le dévek»^ 1 penient avant la puberté, doivent être étendus, La course et 1 la gymnastique suédoise en constituent la base, mais it est fort utile d'y ajouter la gymnastique des appareils, puis ] l'aviron, l'équitation, la natation, l'escrime et la bicyclette. Tous ces exercices doivent faire partie de l'éducation physi- ] que des adolescents, et rien ne saurait mieux favoriser la I croissance qu'une Juste répartition entre le travail intellectuel , et l'exercice musculaire. Maison tombe aisément dans l'exagération. C'est ainsi que les enfants, privés d'exercice pendant | plusieurs jours, profilent d'une journée de congé pour accumuler tous ces exercices et faire une débauche de travail 1 musculaire. Ces exc&s ouvrent la porte aux refroidissements, ] à l'embarras gastrique et souvent aux accidents fébriles.
Le Wile du médecin est fort important. Il consiste k mesurer et à répartir, suivant les forces de chacun, le travail musculaire que les enfants doivent accomplir. En Angleterre et en Allemagne, les ouvrages de pédiatrie s'étendent longuement ] sur ce sujet qui est à peine effleuré dans nus livres classiques.
La gymnastique ne doit donc pas être abandonnée à \am guise et aux inspirations de l'entoLirage des enfants. Elle peuf'J rendre malades les enfants bien portants, et, pour ceux ilontl la croissance est entravée ou ralentie, c'est une méthode théra-1 peutique qui exige un tact clinique que tout médecin peut] aisément aciiuérir, pourvu qu'il se pénètre de l'importance et ' de la valeur de cet agent thérapeutique.
Dans un ^raniJ nombre de cas, la gymnastique suffira à modérer les manifestations d'un système nerveux anormalement excitable. Mais couvent cotte action Mcra d'autant plus salutaire qu'elle sera combinée à celle de l'hydrothérapie.
L'hydrothérapin doit être envisag:ée chez le uuuveau-né, chez l'enfant du sevrage à la puberté, puis chez l'adolescent.
BALNÉOTHÉKAI'IK CHEZ I. K NOtV
Chez le nouveau-né bien portant, il suffitde faire des lavages une ou deux fois par jour. Le plus souvent les bains tifedes sont sans inconvénient; mais il n'est pus rare d'observer que les bains donnés dans le but de calmer les enfants, loin de produire cet effet, les excitent au contraire ; en faisant varier la température, la durée du bain, on n'obtient aucun effet utile. Cet état d'byperoxcttabilité n'est pas rare chez le nouveau-né. Dans ces cas l'hydrothérapie est fortement contreindiquèe. Il en est de môme lorsque la peau est le siège d'un érytlitme. Souvent les bains sont la cause d'ulcérations. Il suffit en effet de les supprimer et d'appliquer des poudres inertes, pour voir disparaître tous ces sympti'imes.
Le nouveau-né ne bénéficie pas autant que l'enfant plus âgé de l'hydrothérapie dans les troubles de la croissance. Cependant, lorsqu'on a la certitude que les organes digestifs gontdans leur état normal, si la nutrition est languissante, on peut l'exciter par l'eau tempérée ou froide, par les bains saléa on par les bains auxquels on ajoute une certaine quantité de farine de moutarde. On possède ainsi une série de moyens d'agir sur le système nerveux périphérique en déterminant des phénomènes de réaction cutanée.
D'autre part, l'hydrothérapie pourra être très salutaire, lorsque les enfants présentent des signes d'excitation nerveuse : insomnies, terreurs nocturnes, convulsions. On procédera alors par tâtonnements pour la température et la durée du bain, qui renfermera des substances émollientes, tilleul, son, graine de lin, etc.
Emploi du " tub » chez les jeunes enfants. — Après sevrage, les troubles de croissanci; paraissent plus accessiblfl| à l'action de l'euu. Les deux modes d'appiieatlon les pla| faciles à employer sont le bain et la douche dans un lub. Dw une chambre dont la tempL^ralure est à 17" au moins, on mOI l'enfant dans un tub, dans lequel on a mis un |>eu d'c chaude. Puis, l'enfant i^tant debout ou assis sur un petit bai en bois, on verse sur lui deux on trois seaux d'eau prépara à une température déterminée.
Bains saîés. — On peut ajouter à l'eau une subi qui possède une action remarquable sur le dévcloppemoi des enfants, c'est le sel marin. Toutefois, il n'est pas rare quo le sel excite les enfants au point qu'ils ne dorment plus, qu'ils sont agités et dans un état de surexcitation nerveuse dïfltcile à calmer. Chez ceux-là cette médication saline < contre-indiquée, mats, avant de la rejeter, il convient tâtonnements de rechercher quel est le mode d'appliratio] qu'ils peuvent supporter. L'idéal de cette thérapeutique co* siste dans le séjour au bord de la mer, dans un climat dou^ comme celui des côtes de Dretagne; on peut ainsi donner dn bains de mer chauds ou tièdes qui sont d'autant plus eflîcacf que l'enfant est au grand air, soumis à l'action du soleil t de l'air marin. Pour être réellement efficace, ce traitement doit être prolongé pendant plusieurs mois. Les résultats obtenus à Berck-sur-Mer et au Pouliguen en sont une preuve. L'usage des bains salés et des douches permet d'appliquer le traitement aux enfants qu'on ne peut pas déplacer. Le degré de coneentralion devra être progressivement augmenté et i'eau pourra renfermer pour un bain jusqu'à t kilos de chlorure de sodium, 6 kilos de sels d'eaux mères et tO litres d'eaux mères.
La température, la durée, la fréquence doivent être établies suivant les effets observés. Lue recommandation utile C' siste à ne pas frotter les enfants au sortir de l'eau, mais A Ii sécher en les enveloppant dans un peignoir-éponge chaud. niéme bain peut servir plusieurs fois; il suffitde leréchantToi
A l'époque d<f la puberté, le syslëme nerveux est le siège d'un développemeat rapide. Avec les manifestations multiples de l'intelligence el le travail intellectuel apparaissent les tares héréditaires, se traduisant par les signes du surmenage, dont la neurasihésie est l'expression symptomatique habituelle. Contre ces troubles, l'hydrothérapie est véritablemenl la méthode la plus efficace. On peut l'appliquer suivant des modalités très diverses, mais ses appticatioas les plus pratiques sont le bain froid de rivière et la douche avec pression.
Action des baiiis froids et des douches. — Le bain froid de rivijtre (& condition que l'eau soit propre) doit être combiné à la natation, et celte gymuastique est un des stimulants les plus énergiques de la nutrition. Mais ces bains doivent être courts. Il arrive trop souvent qu'ils sont la source d'accidents graves. Lorsqu'ils sont prolongés, il se produit des réactions cutanées successives qui vimt en s'utténuant, désarmant ainsi l'organisme contre les ell'ets du refroidissement. Si l'on ajoute le surmenage résultant de la natation, on conçoit que ce mode de traitement peut devenir dangereux.
Cet inconvénient n'est pas à craindre avec la douche, il m'est impossible de formuler les règles qui doivent présider à l'application des douches; la température, la durée, les parties du corps qui doivent être douchées avec de l'eau à telle température et à telle pression, tout cela constitue un art que des connaissances théoriques sont insuffisantes à donner. Le clinicien pourra bien fournir quelques indications, mais celles-ci devront suivre pas à pas les elTets produits, sous peine de voir l'hydrothérapie échouer. On peut dire que, lorsque l'hydrothérapie ne doune pas de résultats satisfaisants, ce n'est pas parce qu'elle n'est pas indiquée, mais parce qu'elle est mal appliquée.
On voit donc que tous ces moyens qui favorisent la croissance, comme la gymnastique, l'hydrothérapie, sont des armes à deux tranchants; les recommander, c'est bien, mais tout dépend des détails d'exécution. Le médecin chargé de diriger la croissance d'un enfant ne doit donc pas attendre les acci-
30(ï TRAITÉ DE THHUAPEL'TIQUE APPLIQUÉE.
dents piiui' intervenir; son rOle consisU.' k exercer une surveïî lance C(3nslanle el à imprimer une directiuit.
MOUIFICATIONS D il TERRA
l>AR LE XILIKL'
Un fait d'observation d(5montre l'importance de ccU action mieux que toutes \c» considcralions géni^rales.
 Muntevrain, près de Lagny-Thorigny. sont ri^unis | l'Assistance publique une centaine d'enfants nuiralempoN abandonnés. Cette rubrique administrative implique suflisani ment toutes les tares physiques et morales dont ces enfant^ sont l'aboutissant. Et, eo effet, l'alcoolisme existe le plut souvent cbez les parents et un grand nombre d'entre evj portent les traces indélébiles de la syphilis héréditaire, < rachitisme, dos gastropathies datant dn premier Ago.
Je connaissais cette catégorie d'enfants, car plus < tiOOO d'entre eux avaient été soumis à «ne observation plui ou moins rapide pendant une année d'Internat passée i Enfants-Assistés, dans le service de mon maître, M. le D' ! vestre. C'est dans ce milieu que j'ui puisé les premieri matériaux de l'étude sur la croissance que je poursuis depuj plusieurs années. Or, j'avais été frappé à cette époque < anomalies dans le développement de ces jeunes sujets, i j'avais pu étudier les elTets sur la croissance de la dystrophii importée par les intoxications héréditaires, associées entri elles et combinées à t{>ut<>s les tares acquises, satellites de li raistre.
Il n'était pas sans intérêt pour moi de constater ce qu'é*1 taienl devenus ces enfants, après quelques années de séjour ifl Montevrain, Jedois dire quej'arrivais avec une idée précoD<;iiM pensant trouver des troubles dans la croissance de ces sujed qui, au point de vue pathologique, résument toutes les eau» de déchéance et de dégénérescence. Quel ne fut pas mol étonnement de trouver, à l'encontre de mes prévisions, dn garçons jouissant de la santé la plus llorissante et présentan une taille et un périmètre thoraciqne absolument normaul|
Ce fait contraste tellement avec les résultats que l'nn obtient chez les enfanis de la même catégorie, qui séjournent dauN les villes, que j'ai dû chercher la cause de cette différence.
Ces enfants sont si bien portants qu'ils sont mieux d6veluppés que les enfants des bourgeois des villes, et l'état sanitaire est tel que l'infirmerie ne eontient presque jamais de malade.
Cet exemple prouve que l'hérédité, m^nie la plus surchargée, est un faoteur pathogène ilont on peut annuler les efipts.
Les enseignements de la pathologie générale actuelle ont établi la toute-puissance tle l'hérédilé. et la clinique l'a démontrée. 11 n'est donc pas inutile de démontrer que la thérapeutique posstdc les moyens de lutter ofllcacement contre elle, et qu'un enfant condamné aux accidents pathologiques les plus graves peut, grâce au médecin, éluder cet avenir.
Les moyens mis en œuvre sont précisément ceux que j'ai étudiés précédemment. Chacun d'eux, en particulier, n'a pas une grande valeur; mais le sucW's est assuré par leur ensemble et leur concordance.
A Montevrain. les exercices sont nnidérés. se font en plein air et sont réglés par un entraînement progi'essit". Cetle gymnastique a certainement une influence très marquée sur le développement du squelette.
■ Il convient de faire intervenir, parmi les facteurs qui favorisent le développement de ces enfants, l'alimentation bien .surveillée, la ventilation convenablement aménagée, et l'action de l'hydrothérapie sous forme de bain de rivière pendant l'été. Cette observation montre la puissance du médecin pour déjouer les troubles qu'il peut prévoir; elle est un exemple dn pouvoir du milieu comme modificateur profond et rapide du terrain.
TRAITK DE TIIERAI'EUTIQLÏE APPl.lQrLE.
I\. — DES DÉCOCTIOSS IiG CÉHÉALES
Dans le chapitre, consacra au traitement des maladies I aiguës, j'ai indiqué le mode de préparation de la décoction de! céi'éales. Je me suis eiïorcé de mettre en relief son action,, qui permet de nourrir le malade pendant la période de fi^vre, j et de lutter contre la dénutrition. Danii les quelques li^e»fl qui suivent, je veux montrer que cette décoction, commel boisson habituelle aux repas, remplit une indication théra-J peutiquc chez les enfants dont la croissance est ralentie ouJ entravée par les nombreuses causes indiquées précédemment.
Tout le monde est d'accord aujourd'hui pimr rcconnattrel que le phosphate de chaux doit être administré, afin de four-l nir itu tissu osseux son élément chimique prédominant. Lai physiologie nous révèle qu'il ne suffit pas d'ingérer les Eub-1 stances chimiques constitutives des êtres vivants, pour quel chacune d'elles vienne par ses aftinités électives se porterJ h l'organe qui en a besoin. Le seul procédé qui permette ( lixer dans l'organisme les substances minérales est celui indi que par Boussingault. qui a montré pourquoi les phosphates;! pour être assimilés, doivent être incorporés dans les subsUoci vivantes des végétaux. L'inlermédiaire indispensable entre! le sol qui renferme les substances minérales et le corps det animaux qui les utilise, c'est le règne végétal. Or. le rôle des céréales dans l'alimentation a été établi par l'instinct avAnâ de lôtre par la science.
L'expérience m'a démontré que la décoction de céréales;! comme boisson aux repas, apporte à l'organisme des suIkI stancesminératesdissoutes dans l'eau, qui n'empéchenl null» ment l'alimentation que l'on juge à propos de prescrire.
D'autre part, cette décoction ne renferme pas seulcmeatl du phosphate de chaux, qui est l'élément prédominant, eU« contient en outre d'autres substances qui, détruiteiî par l'ana** lysc, se présentent sous forme de potasse, de soude, d'acidl sulfurique. de magnésie, d'oxyde de fer, de silice, def chiure, etc.
Il serait sans doute intéressant dVUudior l'action de chacune de ces matières sur la iiulrition et de rechercher si celles-ci se fixent directement dans les organes qui en sont constitués, ou bien si, suivant une idée (braise dc'-jà autrefois par Ch. Robin, leur action n'est qu'indirecte, leur présence augmentant l'intensité des mutations nutritives; cette étude mo forcerait à sortir du cadre pratique imposé.
Ce qui nie semble démontré, c'est que cette décoction favorise la croissance, car les substances qu'elle renferme agissent sur le cartilage de conjugaison, qui est l'agent actif de la croissance en longueur.
Ces faits résultent d'observations cliniques nombreuses; mais ici la démonstration n'est pas & l'abri de la critique, car on peut objecter que rieu ne prouve que la croissance se serait opérée dans des conditions moins bonnes, si les enfants n'avaient pas été alimentés avec cette décoction. Sans doute les impressions personnelles sont valables, mais elles ne sont pas démonstratives. 11 n'en est plus de même de l'expérimentation physiologique. J'ai publié [Semaine médicale, n" 49, 189i) des ré.sultats obtenus sur des chiens d'une même portée. Les animaux mis en expérience étaient d'une taille moins élevée que les témoins, la longueur et la circonférence étaient inférieures et leurs poids étaient plus faibles. Or, dans l'espace de quatre mois, ceux qui boivent de la décoction de céréales grandissent de S, 5, et ti centimètres, tandis que, chez les témoins, la taille ne s'élève que de i centimètres. Le péri-
I mètre thmacique augmente chez les premiers de (i, 7 et 3 centimètres et chez les seconds de et i centimètres ; l'allongement de la colonne vertébrale présente 8, 9 ei H centimètres contre 8 et 5 centimètres.
Je ne puis dans cette étude entrer dans le détail de ces expériences. Mais le fait qui me paraît en ressortir nettement, c'est l'action spéciale et élective des sels en solution dans la décoction des céréales sur le système osseux. Ce qui permet d'accorder quelque valeur à mes expériences, c'est qu'elles concordent en tous points avec les résultats obtenus par les
:!I0 TRAITK DE THERAPEUTIQLIK API'LIQUKE.
chimistes agricoles dans les infimes circonstances et à l'aid^ des mêmes procédés.
De ces recherches il résulte que la taille dépend de l'acU-'l vite du cartilage de conju^^aison et de l'époque de son ossîfi-' cation. Or lorsque la nutrition n'apporte pas les substances I nécessaires à l'ossilication, le cartilage de conjugaison lardivi ment ossifu' continue son œuvre d'édihcation au delà des limKj tes normales, dans ce cas la taille se trouve surélex'ée. La cli-l nique nous en fournit un exemple chez ces individus grands,) maigres, ayant tes caractères objectifs d'un mauvaise nutrition | qui les conduit souvent à la tuberculose.
Inversement, si par l'alimentation on donne au cartilagej de conjugaison une grande abondance de substances mîné-l raies, et, si celle-ci est fixée et assimilée, l'ossification étant! prématurée, la taille est plus petite que celle que l'hérédité J assignait. Ce qui prouve que l'alimentation est bien la cause I de ce fait, c'est que, par la qualité et l'abondance des substances j alimentaires, on peut donner aux animaux une taille déterminée, et, d'autre part, la constitution chimique subit une modi-J fication parallèle, puisque, au lieu de fit ,4 p. 100 de matière! minérale que renferme un os ordinaire, le tissu osseux développé dans ces conditions en contient (17,7 p. 100.
Or les substances qui permettent d'obtenir ces résultats^ sont précisément celles que renferme la décoction de cé-m réaies.
(les faits démontrent donc que par l'alimentation ou peul 1 régler la croissance, la déterminer avec quelque précision! et modifier la constitution chimique du tissu osseux.
Mais, si l'alimentation joue un rAle capital, il faut yU adjoindre un autre facteur non moins important, c'est rexer>a cice musculaire. J'ai indiqué précédemment linlluence de laf gymnastique sur ie développement du tissu osseux. Or, ces deux méthodes doivent être inséparablementliées.carune ali-d mcntation forte en sels minéraux assimilables, sans exercici musculaire, abaisse la taille et abrège la période rie croissance.1 Si l'on y adjoint la gymnastique, qui développe par elle-mème'a
TIUITEME.NT DKS TROUBLES DE I.A r.HniSSANCE. 311
le tissu osseux, à mesure qui' celui-ci se forme, ralimcntation lui apporte les inat<^riauxdp son édification, et, dans ces conditions, la croissance se trouve en tous points favorisée.
De cette étude de physiologie dëcoule celte conclusion thérape«li(]ue : que, dans la direction des phé^om^nes de croissance chez les enfants, il faut instituer parallèlement la décoction de céréales et les exercices musculaires.
J'ai envisagé un certain nombre de causes qui entravent la croissance et j'ai tenté de dégager les indicalions thérapeutiques qu'il convient de leur opposer. Dans une courte étude comme celle-ci, je nepuiseertes pas aborder le problème par ses faces multiples; je me suis borné à esquisser, chemin faisant, les points importants dont quelques-uns ont été h peine effleurés. On voudra bien excuser les nombreuses lacunes, en considérant que je ne suis guidé par aucun ouvrage précédent. Je terminerai en indiquant quelques-uns des troubles organiques qui entravent la croissance. Au lieu d'envisager les troubles généraux qui importent la dystrophie organique, comme l'alcoolisme, la syphilis, la scrofule, le rachitisme, l'obésité, l'artério-sclérose, etc., etc., il faut signaler les maladies des organes ou des appareils dont les fonctions troublées retentissent sur la croissance.
En première ligne viennent les gastropathies. Leurs causes, leur rôle, leurs conséquences ont été étudiés plus haut. Puis, viennent tes cardiopathies; les anomalies congénitales du cœur, l'arrêt de développement des vaisseaux, le rétrécissement mitral, le rétrécissement de l'artère pulmonaire, sont autant de causes qui ont une influence manifeste sur la croissance. Je ne m'étendrai pas sur ce point qui fera l'objet d'un travail que je compte publier dans quelques mois. Les troubles du système nerveux retentissent également sur la croissance, non seulement dans les afTections systématisées, comme la paralysie infantile, mais encore dans celles dont les lésions sont inconnues, comme la chorée, les tics, la neurasthénie dans ses formes infantiles spéciales, et l'hystérie.
TKAITK DE Tll Kli APEl TIQI't: API'LIOIÉE.
U. — rHFMENCE DE L Hï PEBTHOPllI F. DES AXTGDALEa
ET II ES GLANUES ADÉNOÏDES SUR LA CHOISSANCE.
INDICATIONS OPtBATOtRES
Je voudrais pouvoir m'élendre un peu sur des recherches 1 entreprises depuis quelques années, sur les rapports de l'hy- I pertrophie des amygdales et des glandes adénoïdes du pharynx 1 avec la croissance. Le travail le plus complet et le plus 1 démonstratif esl celui de Castex et Malherbe snr la croissance I post-upératoiro dans les tumeurs adénoïdes; il se termine par i cette conclusion: un sujet opéré de tumeurs adénoïdes pré>l sente un mouvement de croissance presque triplé pendant losl quelques mois qui suivent l'opération.
El, en effet, la clinique nous montre que fréquemment une I croissance très lenle coïncide avec un développement anor- 1 mal du tissu adénoïde dans les voies respirutoires pharyn- 1 giennes.
Quelle est la relation qui existe entre ces faits? L'abon-1 dance du tissu lymphatique diminue-l-el!e l'apport de lai quantité d'air, déficit que le nombre et la profondeur tlei inspirations ne compensent pas? Celui-ci est-il le siège d'éla-fl borations bactériennes qui, absorbées par les voies digestives^l sont une cause permanente d'intoxication? Ou encore cet! organe est-il le point de dépari de phénomi^nes réflexes qaifl activent ta croissance? Ce n'est pas ici le lieu de discuter lal valeur de ces pathogéntes. Le point important pour le clini->1 cien est de savoir qu'il existe une région actuellement bienJ délimitée, sur laquelle la thérapeutique de la croissance po**l sède une action réelle. Mais, pour que l'intervenliou soit légi*'B time. il faut que l'indication soil précise et que l'abondancel des glandes adénoïdes soit nettement pathologique. L'inter-fl vcntion ne sera pas toujours nécessairement chirurgicale, laj région du pharynx et les fosses nasales étant accessibles auxJ applications directes; dans nombre de cas, ces organes poup< ront être désinfectés et modifiés par des substances antisep^.1 tiques plus ou moins caustiques.
Comme pour toute méthode nouvelle, il convient, pour conserver à ce traitement toute sa valeur, de ne pas tomber dans une exagération à laquelle on se trouve malgré soi porté par la publication de brillants résultats. Pour ma part, j'ai constaté quelques insuccès.
En envisageant l'ensemble des considérations thérapeutiques présentées dans ce travail, un fait important se dégage avec netteté : en présence d'un enfant, dont le développement est anormal, le clinicien doit avant tout établir le diagnostic étiologique, il recherchera avec soin les causes inhérentes à rhérédité et au milieu. En possession de ces indications, il examinera avec soin les appareils, et il trouvera souvent un trouble fonctionnel deutéropathique dont la thérapeutique symptomatique est tributaire. A l'aide de ces données, sa thérapeutique sera efficace, car il dispose d'une force médicatrice qu'on ne retrouve avec une intensité égale à aucune autre période de révolution humaine : la dynamique de la nutrition, qui actionne la croissance.
Grâce à elle, il possède le pouvoir de lutter avec avantage contre les causes de dystrophie les plus accentuées.