‹ Traite de therapeutique appliquee v. 13, 1904Chapitre 35 sur 69 · B. — APRÈS LA SUPPURATION · texte numérisé non relu

B. — APRÈS LA SUPPURATION

1° Mais si le huitième ou le dixième jour sont passés, l'aspect du tympan n'est plus le même, la suppuration existe; l'épidémie infiltré est tombé par places, à la surface du tympan gris sale, et légèrement humide, et plaqué de rouge sombre par endroits ; plus tard encore, il est méconnaissable ; il ressemble à du papier mâché, humide et suintant; la suppuration s'infiltre et détruit; il faut inciser vite ce tissu mou, où le couteau ne sent aucune résistance.

2"Siffnes de rétention. — D'autres fois, quand on est appelé, la perforation s'est faite ; spontanément, une détente passagère s'est produite ; puis bientôt une crise, suivie de crises de douleurs nouvelles, de battements dans l'oreille, de fièvre, d'insomnie, de chaleur péri-otique, annonce qu'il y a rétention du pus ou propagation aux environs (antre et cellules mastoïdes).

3° Tympan saillant en cul-de-poule. — L'exploration montre la perforation étroite, au sommet d'un cône mollasse, d'où bave un peu de pus, qui sort plus abondant par la douche d'air ; l'indication est claire; il faut réparer le temps perdu, et inciser largement, d'autant plus qu'il y a souvent déjà des fongosités formées dans la caisse et qu'il faudra tâcher de détruire avec soin, sans quoi la suppuration s'éternisera.

4° Cicatrisation de l'incision.

pan épaissi et dense comme u

ques jours, et s'oppose à la sortie du pus, malgré les insufflations d'air.

On est parfois forcé de revenir à cette incision, et on comprend qu'il y a intérêt à la faire multiple, large et à lambeaux; la douche d'air est indispensable dans les pansements quotidiens pour balayer au dehors les grumeaux de pus et maintenir la plaie béante.

5° Fausse résolution. — Reprise. — » Après un semblant de détente (deuxième et troisième semaine), un mieux trompeur dans l'état local aussi bien que dans l'état général du patient, il n'est pas rare dans ces formes infectieuses, d'assister à un retour agressif de tous les symptômes inflammatoires ; cela s'explique soit par la formation de foyers plus éloignés ou isolés, et surtout par la suppuration successive et plus tardive des cavités annexes. L'issue n'est possible que par la caisse et le conduit, voies insuffisantes dès que les cavités mastoïdes suppurent ; et cette issue peut être fermée au niveau de la caisse ou de l'adilus (Politzer).

6° Invasion des cellules mastoïdes. — Dans ces poussées fébriles avec céphalalgie, frissons, douleurs locales croissantes, etc., si l'on s'aperçoit que la région mastoïdienne devient tendue, rouge, chaude, douloureuse spontanément, soit à la pression, si le pus s'écoule à flot ou au contraire cesse de couler par le conduit, on peut être certain non pas de la suppuration intra-mastoïde, qui existe toujours à cette date, mais de la rétention du pus dans l'apophyse et de la formation d'un foyer infectieux, d'où se propagent les invasions microbiennes nouvelles.

C'est un moment grave ; le patient et les siens doivent être avertis du danger. Quand l'aspect de l'apophyse n'est pas changé (cas fréquent), il est difficile de faire admettre l'urgence d'une intervention. Cependant, en quelques heures, il peut devenir dangereux de tarder à ouvrir les cellules mastoïdes jusqu'à l'antre.

Quand le malade n'est amené qu'après plusieurs semaines à propos d'une crise nouvelle, il faut savoir que celles-ci ne

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