‹ Traite de therapeutique appliquee v. 13, 1904Chapitre 36 sur 69 · TRAITEMENT DE L'OTITE AIGUË PHLEGMONEUSE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE L'OTITE AIGUË PHLEGMONEUSE

cèdent qu'incomplètement alors aux incisions tympaniques, et temporairement. Les retours de ces poussées infectieuses démontrent aux yeux les moins clairvoyants que les cellules mastoïdes sont pleines de fongosités et de pus, qu'il s'est creusé là une cavité malheureusement enclose d'une muraille osseuse, qu'il ne faut point tarder à mettre au jour, à vider et à aseptiser (opération de l'ouverture des cellules mastoïdes et de l'antre) sous peine d'infection générale.

1° Indications et contre-indications de l'ouverture des cellules mastoïdes.

Et si l'on reste sans ouvrir les cellules mastoïdes en pareil cas? Le malade qui refuse l'opération, se place alors, sans s'en douter, au bord du fossé, tout près de la chute; car derrière la région mastoïde peu ou point modifiée dans sa forme, son aspect, il y a un abcès plus ou moins vaste, qui ne peut plus se vider par la caisse ou par regorgement, et que les topiques ne peuvent atteindre; or, c'est une menace constante et la source fatale des plus graves infections, soit vasculaires (sinus), soit méningées, soit générales (pyoémie), soit cérébrale et à courte échéance, si cette grave situation est ignorée ou prolongée imprudemment.

Dans les otites aiguës à marche envahissante offrant l'allure du phlegmon diffus, avec frissons, températures élevées, de 40° à 41°, engorgement du cou, céphalalgie, sub-délire ou phénomènes de collapsus (prostration ou excitation), il faut agir dès l'apparition des symptômes, et en même temps que l'on ouvrira largement le tympan ou qu'on renouvellera les incisions, on pratiquera, même dès le huitième jour, l'ouverture des cellules et de l'antre mastoïde, qui seule peut enrayer encore la marche terrible des accidents.

C'est la conduite recommandée par Politzer, Zaufal, Lœvenberg, Duplay, Schwartze, Gellé, etc., etc., suivie par tous les auristes; l'épidémie de grippe récente a montré combien cette pratique est recommandable.

En réalité, il s'agit de soigner une ostéomyélite mppurée r. c. 7

infectieuse ; il est urgent d'ouvrir le foyer, de le euretter, de le drainer, de l'aseptiser, seuls moyens d'arrêter l'invasion microbienne exDansive.

2° Injections par la trompe

Il serait sans doute imprudent de faire les premiers jours des irrigations par la trompe dans la caisse béante ; mais plus tard, l'éréthisme disparu, les voies rendues plus accessibles, il y a surtout à s'occuper de la suppuration, qu'il faut balayer constamment au dehors ; et les injections par la trompe sont un excellent moyen d'enlever Texsudat, d'assainir les cavités inondées et de chasser le pus à travers la perforation.

On peut injecter par la trompe, une ou deux fois le jour, les solutions tièdes de résorcine à 2 ou 3 p. 100; de lysol à un demi p. 100 ; dephe'no-salylk 1 à 2p. 100 ; A' alcool borique étendu d'eau bouillie ; d'eau bouillie additionnée à'acide borique à 40 p. 1000. Politzer se sert d'une sonde de forte courbure, qu'il fait pénétrer dans le pavillon de la trompe avec une certaine force; avec une seringue (de 25 grammes), vissée au pavillon du cathéter, il projette la solution dans l'oreille (de même façon que pour la vaseline) .

Dans le même temps il sera bon de faire par le conduit, au moyen de canules fines, des injections détersives des mêmes liquides, à travers la perforation tympanique béante, en s'aidant du spéculum auris et du miroir.

3° Fongosités. — Décollement du tympan auprès dn cadre. — Orifice étroit.

Assez rapidement, chez certains sujets, les surfaces suppurantes végètent, deviennent fongueuses; les fongosités peuvent obstruer la perforation et empêcher l'issue du pus. On peut réprimer ce bourgeonnement par le nitrate et argent ou la poudre à?alun y le chlorure de zinc au 1/12; soit par des attouchements au pinceau imbibé de perchlorure de fer. On en surveillera l'effet les jours suivants; il ne faut pas

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