‹ Traite de therapeutique appliquee v. 13, 1904Chapitre 37 sur 69 · TRAITEMENT DE L'OTITE AIGUË PHLEGMONEUSE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE L'OTITE AIGUË PHLEGMONEUSE

laisser se former des croûtes, des concrétions qui fermeraient la perforation. On observera prudemment aussi les suites du bain d'alcool borique, très utile en pareilles circonstances, mais qui peut causer le même dommage, la rétention, en fermant trop vite la perforation déjà étroite.

On doit entretenir la liberté de cette voie tympanique, qui se cicatrise spontanément dès que la suppuration cesse (P.olitzer répétés, attouchements, lavages). On sait que les perforations spontanées ont une grande tendance à persister, si la suppuration ne tarit point. (Voir Otorrhée.)

Traitement de l'otite suppurative chez les enfants.

90 p. 100 des sourds, otorrhéiques ou non, qui nous viennent consulter à l'âge adulte pour une surdité trop souvent liée à une sclérose incurable, n'en seraient pas là si on avait soigné dans leur enfance la lésion à son début.

Pour éviter la surdité, c'est dans l'enfance qu'il faut soigner les oreilles.

Mais le diagnostic est délicat à cet âge ; l'otite a l'allure méningitique ; elle prend le masque du méningisme ; et, trqp souvent aussi, la méningite la complique (convulsions, délire, faiblesse des jambes, etc.). Comment au milieu des symptômes d'une rougeole, d'une scarlatine, d'une pneumonie, d'une angine grave, ne pas oublier cet organe caché, l'oreille?

Le délire a bien une forme terrifiante, paroxystique, vertigineuse; il y a manifestement de la douleur, que les cris indiquent, qui redouble dans les déplacements imprimés à la tête (signe très sérieux); l'enfant agite continuellement sa tête sur les oreillers, il appréhende les mouvements ; on note du strabisme, des grincements de dents. La nuit est agitée de crises; en délire, Fenfant se cramponne, comme s'il craignait de tomber, comme s'il avait peur, avec la face terrifiée, et poussant des cris de terreur autant que de douleur. Souvent

il y a de la raideur du cou (muscles de la nuque), ou du torticolis, et les ganglions du cou (cordon vasculaire) sont gonflés et douloureux à la pression. Parfois, au déclin de la fièvre, dans la convalescence, apparaît une parotidite sup purée, ou un écoulement d'oreille. Quand le calme se rétablit, la fièvre tombée, on croit tout fini ; grave erreur, c'est à ce moment qu'il faut soigner l'oreille et l'audition de l'enfant. Plus tard, la famille s'inquiète de le trouver distrait, arriéré , lent à parler; il est sourd, et en passe de devenir sourd-muet.

Avec de Trœltsch, Hartmann, etc., dès le début, je réclame une intervention active et l'exploration répétée des oreilles. Avec Constantin Paul, nous avons assisté à la disparition magique du tableau symptomatique de la méningite aiguë, après la paracentèse ; c'est une opération indispensable en ces circonstances ; c'est à la fois le résolutif et le calmant par excellence; s'il y a du pus, le mieux se produit aussi vite, et le soulagement est rapide.

Cependant, dans le cas de résolution, comme après suppuration, il ne faut point négliger l'examen des organes auditifs, que la maladie a laissés engorgés, ramollis, tympans épais, enfoncés, trompes peu libres; les fongosités se développent en effet très facilement chez l'enfant, et entretiennent la suppuration.

On n'ignore pas combien il est délicat de mesurer Tome des enfants. Pendant longtemps donc, on surveillera les progrès de l'audition; on aérera la caisse; on aseptisera le conduit, siège fréquent d'infections secondaires. Les irrigations de liquides antiseptiques, cicatrisants, astringents, les applications légèrement caustiques au pinceau, les pansements doivent Mre exécutés quotidiennement, suivant l'évolution de l'affection et d'après les principes adoptés pour l'adulte {gaze iodoformée, solution de phéno-salyl, bains et injections de nitrate d'argent au 300 e , etc.).

Une otorrhée intarissable doit faire penser, les fongosités de la caisse ayant disparu, à la suppuration de l'antre, grande cellule mststoïde, qui forme un foyer d'infection difficile à

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atteindre par le conduit auditif, et, suivant l'âge, à l'abcès intramastoïdien. En terminant, je ne saurais trop conseiller de porter les petits enfants à bras, et d'expulser par des Politzer les exsudats formés dans la caisse dont le trop-plein seul s'écoule par le méat; le décubitus aura lieu sur l'organe malade pour aider à l'issue du pus. Chez les enfants, les irrigations doivent être faites au moyen de tubes à drainage fins qu'on introduit jusqu'au tympan^ on est sûr ainsi de porter sans pression le jet au contact des parties malades. Le nettoyage à sec et les pansements avec l'ouate hydrophile trempée de la solution de phéno-salyl au 100 e , comme chez l'adulte, seront répétés en proportion de l'abondance de la suppuration pour éviter les infections secondaires delà peau du voisinage et du conduit.

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